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Muhammad Ibn Al Hanafiyyah - محمد بن الحنفية (m.81)

5 Mai 2015, 22:03pm

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Al Qâdî Shams Ud Dîn Ibn Khallikân (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit sur ce noble Imâm :

 

« Abu-l-Qâsim Muhammad Ibn 'Alî Ibn Abî Tâlib, connu généralement sous le surnom de Ibn Al Hanafiyyah, suite au fait que sa mère Khawlah était la fille de Ja'far Ibn Qays Ibn Salamah Ibn Tha'labah Ibn Yarbû Ibn Tha'labah Ibn Ad Du°al Ibn Hanîfah Ibn Lujaym. Certains disent cependant qu'il s'agit d'une captive prise à Yamâmah [1] et qu'elle devint la possession de 'Alî. D'autres disent aussi qu'elle était de teint mâte et originaire de Sind, qu'elle était une esclave de la tribu de Hanîfah et qu'elle n'en faisait donc pas partie de naissance. Ils ajoutent que Khâlid Ibn Walîd conclu une paix avec eux à condition qu'ils lui remettent leurs esclaves plutôt que leurs propres personnes [deviennent captives]. Concernant la kunyah « Abu-l-Qâsim » que porte Ibn Al Hanafiyyah, il fut dit que cela était dut à la tendresse du Bien-Aimé Messager d'Allâh (ﷺ) qui dit à 'Alî : « Après ma mort, un enfant naîtra de toi, et je lui donnerais mon nom et ma kunyah à ce moment-là, mais ne laisse personne d'autre parmi ceux de ma famille porter les deux à la fois. » Pourtant, parmi les personnes portant le prénom de Muhammad joint à la kunyah Abu-l-Qâsim figure Muhammad le fils de Abû Bakr As Siddîq, Muhammad le fils de Talhah Ibn 'Ubaydi Llâh, Muhammad le fils de Sa'd Ibn Abî Waqqâs, Muhammad le fils de 'Abd Ur Rahmân Ibn 'Awf, Muhammad le fils de Ja'far Ibn Abî Tâlib, Muhammad le fils de Hâtib Ibn Abî Balta'ah, et Muhammad le fils de Al Ash'ath Ibn Qays. [2]

 

Ibn Al Hanafiyyah était un homme possédant un grand savoir et d'une grande piété. Le Shaykh Abû Ishâq Ash Shayrâzî lui consacra un chapitre dans son Tabaqât Ul Fuqahâ.

 

Quelques anecdotes extraordinaires furent rapportées à propos de sa force surnaturelle, et l'une d'entre elles est rapportée par Ibn Al Mubarrad dans son Al Kâmil : « 'Alî, le père de Ibn Al Hanafiyyah, possédait une cotte de maille qu'il trouvait top longue, il ordonna donc à ce qu'une certaine quantité des anneaux de fer soient enlevés. Sur cela, son fils Muhammad s'empara d'une partie de la cotte avec une main, puis attrapa une partie du corps [de son père qui en était vêtit] avec l'autre, et arracha la partie désignée par son père. Lorsque ce fait fut rapporté à 'Abdu Llâh Ibn Az Zubayr, il fut saisit d'un état qui montrait combien il désirait ardemment la force que détenait Ibn Al Hanafiyyah. »

 

'Abdu Llâh Ibn Az Zubayr possédait également une force remarquable, et Ibn Al Mubarrad rapporta l'anecdote suivante sur le sujet dans son livre : « Celui qui était le roi des Romains du temps de Mu'âwiyah envoya un message express à ce Calife en ces termes : « Les rois parmi tes prédécesseurs avaient l'habitude d'envoyer des représentants à nos rois, et chaque parti s'efforçait de produire quelque chose par lequel il surpasserait l'autre, permet-moi donc d'agir comme eux. » Mu'âwiyah lui donna la permission, et le roi lui envoya deux hommes, l'un très grand et corpulent, l'autre possédant une très grande force. Mu'âwiyah dit alors 'Amr Ibn Al 'Âs : « Pour l'individu très grand et corpulent, nous pouvons trouvé son égal en la personne de Qays Ibn Sa'd Ibn 'Ubâdah, mais concernant celui qui est très fort, nous avons besoin de tes conseils. » 'Amr répondit : « Il y a deux hommes, mais tu les détestes tous les deux. J'entends par là Muhammad Ibn Al Hanafiyyah et 'Abdu Llâh Ibn Az Zubayr. » Mu'âwiyah dit alors : « Advienne que pourra. Fais venir celui qui est le plus proche de nous. » Lorsque les deux hommes [Romains] arrivèrent, un message fut envoyé pour en informé Qays Ibn Sa'd, et il arriva donc peu de temps après. Après avoir salué Mu'âwiyah, il enleva son pantalon et le tendit à l'étranger [qui essaya de le mettre], et il se trouva qu'il lui arrivait au niveau de la poitrine, suite à quoi il baissa la tête, tel un vaincu. Il est rapporté que [les gens présents dans l'assistance] blâmèrent Qays pour avoir agit de la sorte, lui disant : « Pourquoi as-tu pris une telle liberté en la présence de Mu'âwiyah ?! Pourquoi n'as-tu pas demandé à ton adversaire un autre vêtement ? » Ce à quoi il répondit : « Je souhaitais que tout le monde sache, et en présence des messagers, que ce pantalon appartenait bien à Qays, craignant qu'il soit dit : « Qays l'a pris quelque part, ce pantalon appartient à un homme descendant des 'Âd et apparenté aux Thamûd » Mais je suis le chef de 80 hommes, et l'humanité consiste à être dirigeant ou être dirigé. A travers mes origines et mon statut, je ressemble à n'importe quel homme, mais par la carrure de mon corps je surpasse tout le monde. » Mu'âwiyah demanda ensuite à ce que Ibn Al Hanafiyyah vienne, et lorsqu'il arriva, il l'informa de ce pour quoi sa présence était demandée. Ibn Al Hanafiyyah dit alors [au Romain] : « Dites-lui de faire son choix : soit de s'asseoir et me donner la main, suite à quoi je peux essayer de le tirer, ou bien de se tenir debout et j'essaierais de le faire asseoir. Le Romain préféra s'asseoir, et Muhammad Ibn Al Hanafiyyah le leva sur ses pieds, tandis que ce dernier fut incapable de faire asseoir Ibn Al Hanafiyyah. » Demandant alors à Ibn Al Hanafiyyah de s'asseoir, il le tira vers lui, mais c'est lui qui fut finalement une nouvelle fois battu. Les deux Romains partirent alors vaincus. »

 

Ibn Al Hanafiyyah porta l'étendard de son père lors de la Bataille du Chameau. Il est dit qu'au tout début de la journée, il hésitait à le prendre à cause du fait qu'il s'agissait d'une bataille entre musulmans, ce qui était une chose que l'on n'avaient jamais vu auparavant, mais son père 'Alî lui dit : « Se peut-il que tu ais des doutes concernant une armée dirigée par ton père ? » Ces mots le confortèrent et il prit alors la charge de l'étendard. On lui demanda une fois comment se faisait-il que son père l'exposait au danger et l'impliquait dans les difficultés, tandis qu'il ne prit jamais de risque pour ses autres fils Al Hasan et Al Husayn, ce à quoi il répondit : « Ils étaient comme ses deux yeux et j'étais ses mains, et il protégeait ses yeux avec ses mains. » Et parmi l'un de ses propos il y a : « Il n'y a pas d'homme averti qui, lorsqu'il se trouve en compagnie d'une personne dont il ne peut se départir, ne se comporte pas autrement qu'en la traitant avec convenance jusqu'à ce qu'Allâh lui permette de la quitter. »

 

Lorsque 'Abdu Llâh Ibn Az Zubayr se proclama Calife et qu'il reçut l'allégeance des gens du Hijâz, il demanda à 'Abdu Llâh Ibn 'Abbâs et Muhammad Ibn Al Hanafiyyah de lui prêter également allégeance, mais ils refusèrent et dirent : « Nous ne prendrons pas un tel engagement avec toi tant que tu n'auras pas tout le pays sous tes ordres et que les gens soient unanimes à ton sujet » [3] Suite à cela, il contraignit leur habitation dans leur quartier et employa tous les moyens pour les user ; il menaça même de les brûler vifs jusqu'à ce qu'ils lui prêtent allégeance, mais mentionner toute cette histoire nous entraînerait trop loin.

 

Ibn Al Hanafiyyah vint au monde deux ans avant la mort du Calife 'Umar [4] et mourût à Médine le 1er Muharram 81 H. D'autres disent 83, 82 ou 73. La prière mortuaire fut célébrée par Abbân, le fils de 'Uthmân Ibn 'Affân, qui était gouverneur de la ville. Son corps fut enterré au cimetière Al Baqî', mais certains ont dit qu'il s'était déplacé jusqu'à Tâ°if afin d'échapper à Ibn Az Zubayr, et que c'est là-bas qu'il mourût. D'autres encore disent qu'il mourût à Aylah.

 

La secte appelée " kaysâniyyah " croit au fait qu'il est un des Imâms [shi'ites infaillibles] et qu'il vie toujours sur le Mont Radwa. Kuthayyir, l'amoureux de 'Azzah, qui était lui-même un kaysânite, fit une allusion à cette croyance dans l'un de ses poèmes en disant : « Un petit-fils [du Prophète] qui ne goûtera pas à la mort tant qu'il ne mènera pas une cavalerie précédée par des étendards. Il demeure caché et invisible aux gens, à Radwa, ayant du miel et de l'eau à sa disposition. » Al Mukhtâr Ibn 'Ubayd Ath Thaqafî fut celui qui appela les gens à reconnaître Muhammad Ibn Al Hanafiyyah comme Imâm, prétendant qu'il était le Mahdî. Al Jawharî a dit dans son Sahâh que Kaysân était le surnom de ce Mukhtâr. D'autres ont dit que Kaysân était un affranchi de 'Alî Ibn Abî Tâlib. Les kaysânites prétendent que Ibn Al Hanafiyyah habite encore dans une vallée du Mont Radwa et qu'il n'est pas mort. Selon eux, il y alla avec cinquante compagnons et on n'entendit plus jamais parlé d'eux. Ils sont toutefois toujours en vie et reçoivent leur subsistance [de la part d'Allâh]. Ils disent aussi qu'il réside sur cette montagne avec un lion qui se tient à côté de lui, et une panthère qui se tient sur l'autre côté, qu'une fontaine se trouve à sa disposition, composée d'eau et de miel, et qu'il réapparaîtra au monde et le rempliera de justice.

 

Muhammad [Ibn Al Hanafiyyah] est mort alors qu'il avait les cheveux teints avec du henné et du katam, et qu'il portait une bague à sa main gauche [...] » [Wafayât Ul A'yân].

 

Et Al Imâm Abû Hâtim Ibn Hibbân (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit de lui : « Il était parmi les meilleurs des Ahl Ul Bayt. » [Ath Thiqât]. Et Al Imâm Ahmad Ibn Hajar Al 'Asqalânî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit : « Il était un érudit digne de confiance. » [Tahdhîb Ut Tahdhîb]. Il rapporta des ahâdîth du Messager d'Allâh (ﷺ) d'après son père 'Alî Ibn Abî Tâlib, 'Uthmân, 'Ammâr Ibn Yâsir, Mu'âwiyah, Abû Hurayrah et 'Abdu Llâh Ibn 'Abbâs (que l'agrément d'Allâh soit sur l'ensemble des Compagnons). Ses fils Ibrâhîm, Hasan, 'Abdu Llâh, 'Umar et 'Awn rapportèrent de lui, ainsi que le fils de son frère 'Umar Ibn 'Alî, qui s'appelait Muhammad, ainsi que le fils de sa soeur qui s'appelait 'Abdu Llâh Ibn Muhammad Ibn 'Aqîl, mais aussi Muhammad Al Bâqir Ibn 'Alî Ibn Al Husayn Ibn 'Alî Ibn Abî Tâlib, 'Atâ° Ibn Abî Rabâh, Al Manhâl Ibn 'Amr, Al Mundhir Ibn Ya'lâ° Ath Thawrî, Muhammad Ibn Qays ou encore Muhammad Ibn Bishr Al Hamadânî (qu'Allâh leur fasse miséricorde). Et Al Imâm Muhammad Al Bukhârî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) rapporta dans son Jâmi' Us Sahîh qu'il a dit : « J'ai demandé à mon père : « Qui est la meilleure des personnes après le Messager d'Allâh (ﷺ) », il répondit : « Abû Bakr. », puis je demandais : « Et après ? », il répondit : « 'Umar. ». Je craignais alors qu'il ne dise ensuite qu'il s'agissait de 'Uthmân, je lui demandais alors : « Et toi ? » Il me répondit : « Je ne suis qu'une personne ordinaire. ». »

 

Que La Paix d'Allâh soit sur lui ainsi que sur l'ensemble des Ahl Ul Bayt.

 

Notes :

 

[1] Il s'agit de la bataille de Yamâmah contre les apostats ayant suivis Musaylimah Al Kadhdhâb après la mort du Messager d'Allâh (ﷺ). Les Banû Hanîfah lui avaient prêté allégeance en masse et furent anéantis par l'armée de Sayyidunâ Abû Bakr (qu'Allâh l'agrée).

 

[2] On peut concilier la parole rapportée du Prophète (ﷺ) avec ce que rapporte Ibn Khallikân par le fait que, dans la liste mentionnée, seul Muhammad Ibn Ja'far Ibn Abî Tâlib fait partie des Ahl Ul Bayt et ce dernier est né avant Muhammad Ibn Al Hanafiyyah, et donc potentiellement bien avant que le Prophète ait formulée cette parole. Et Allâh sait mieux ce qu'il en est.

 

[3] Rappelons qu'à ce même moment, les Syriens ne reconnurent pas 'Abdu Llâh Ibn Az Zubayr (qu'Allâh l'agrée ainsi que son père) comme Calife et prêtèrent allégeance à Mu'âwiyah Ath Thânî (qu'Allâh lui fasse miséricorde), qui était connu pour son dédain du pouvoir et sa grande piété, ayant une personnalité aux antipodes de ce qui pouvait se voir chez bon nombre d'Umayyades et permettant ainsi un regain d'espoir pour le Califat que de nombreux musulmans reconnaissaient comme étant de lignée légitime malgré le fiasco de Yazîd.

 

[4] Certains disent qu'il s'agit plutôt deux ans après le début du Califat de Sayyidunâ 'Umar (qu'Allâh l'agrée). Et Allâh sait mieux ce qu'il en est.

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