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La doctrine atharite, la méthodologie de l'Imâm Ahmad et de ses partisans en matière de théologie

22 Août 2016, 13:33pm

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Définition

La doctrine atharite provient du terme arabe athar, qui signifie " textes ". Ainsi, un atharite est quelqu'un qui s'accroche aux Textes sacrés de l'Islâm, à savoir le Coran et la Sunnah, et ne fait que s'y conformer et les citer pour légitimer ses avis. En matière de théologie, l'atharisme désigne une doctrine bien spécifique et ce terme s'applique donc sur un groupe de personnes précis : il s'agit des gens qui s'attachent aux enseignements et à l'état d'esprit de l'Imâm Ahmad Ibn Hanbal (d.241 - qu'Allâh lui fasse miséricorde) en matière de théologie, et généralement cela fait référence à la branche des hanbalites qui n'a pas philosophé en sombrant dans l'anthropomorphisme (tashbîh) ou le corporéisme (tajsîm). Ainsi, cette appellation est utlisée par les sunnites pour définir les hanbalites bien-guidés, en opposition aux égarés qui sombrèrent dans l'hérésie tout en se réclamant de l'Imâm Ahmad, que l'on nomment " anthropmorphistes " (mushabbihah), " corperéistes " (mujassimah), ou plus globalement " hashwhites " (hashawiyyah).

Les points fondamentaux de l'atharisme sont de suivre la méthodologie de l'Imâm Ahmad en matière de croyance, à savoir notamment :

- s'attacher rigoureusement aux Textes,

- exalter Allâh au-dessus de toute imperfection en utilisant les Textes,

- et s'écarter des spéculations sur les passages ambigus du Coran et des ahâdîth en se taisant sur ces sujets (tafwîd), sauf si cela s'avère nécessaire - notamment pour réfuter une hérésie séduisant les foules afin de ramener la masse populaire dans la bonne croyance - d'où aussi l'autre appellation qu'est " mufawwid " (pratiquant du tafwîd) pour désigner un atharite. Comme le disait l'Imâm Zayn Ud Dîn Ibn Rajab Al Hanbalî (d.795 - qu'Allâh lui fasse miséricorde) dans son Fadlu 'Ilm Is Salaf 'Alâ 'Ilm Il Khalaf :

" Et la position correcte concernant le sujet est celle sur laquelle étaient les salaf us sâlih , qui était de laisser les versets et les ahâdîth relatifs aux Attributs [Divins] tels qu’ils sont parvenus, sans explication, sans attribuer de comment et sans sombrer dans l'anthropomorphisme. Rien de contraire à cela ne fut rapporté de leur part de manière authentique, particulièrement de l'Imâm Ahmad. Et ils ne cherchaient pas à interpréter [les Atributs Divins], ni ne proposaient d'analogies ou n'attribuaient de similitude [avec la création]. " ;

ou encore l'Imâm 'Abd Ul Hayy Ibn Al 'Imâd Al Hanbalî (d.804 - qu'Allâh lui fasse miséricorde) dans son Shadharat Udh Dhahâb :

" Laisse [la signification] des ahâdîth sur les Attributs [à Allâh]. Sache qu'il ne faut pas les assimiler à Sa création, ni les nier. Et si toutes les autres tentatives ont échouées pour résoudre le problème, utilise alors l'interprétation en dernier recours. Cependant, celui qui laisse [la signification à Allâh] est sauvé du fardeau que porte celui qui interprète de manière figurée. "

Y a-t-il une différence entre la croyance hanbalite et atharite ?

Originellement non, car l'atharisme est le suivi de l'Imâm Ahmad dans l'abord de la théologie. Ceci dit, à travers l'Histoire, il y eut bel et bien des différences qui apparurent lors de la désignation de ces deux termes car des hanbalites spéculèrent et s'éloignèrent de la méthodologie de l'Imâm Ahmad en matière de croyance, notamment concernant les Noms et Attributs d'Allâh. A un moment, ces derniers devinrent si nombreux que dans l'imaginaire collectif, hanbalites ne rimait plus forcément avec atharite, mais était plutôt devenu synonyme d'anthropomorphisme.

Comprenons bien que le hanbalisme est avant tout une école de jurisprudence composée de juristes, basée sur la méthodologie juridique de l'Imâm Ahmad, et non pas une école théologique. Ainsi, il est tout à fait possible d'être hanbalite dans la jurisprudence et d'adopter une autre méthodologie en matière de croyance, et donc d'être hanbalite sans être atharite.

Il n'existe donc pas une différence entre l'atharisme et le hanbalisme à l'origine, mais de par le fait qu'il peut exister une différence entre un hanbalite et un atharite et qu'à travers l'Histoire de nombreux hanbalites se vautrèrent dans l'anthropomorphisme, hanbalisme et atharisme ne furent et ne sont pas toujours synonymes, bien que ces deux termes soient tout de même, bon gré malgré, étroitement liés de par le fait que atharites et hanbalites se réclament chacuns de la méthodologie de l'Imâm Ahmad dans l'abord de la théologie.

Mentionnons également que l'on peut être de théologie atharite tout en adhérant à une école de jurisprudence autre que l'école hanbalite.

La croyance des juristes hanbalites à travers l'Histoire

L'école hanbalite est l'école comptant le plus d'éclectisme parmi ses juristes. Il y eut des sunnites de toutes tendances, des anthropomorphistes de toutes sortes, des mu'tazilites et mêmes des chiites (al khattâbiyyah). La majorité des hanbalites est sunnite et adhère fidèlement à la méthodologie de l'Imâm Ahmad et des salaf en général. Ces hanbalites atharites ont ainsi une croyance identique à celle des ash'arites et des maturidites, mais ils ne partagent pas leur pratique parfois excessive du kalâm et n'hésitent pas à les critiquer pour cela, parfois avec virulence.

Ceci étant dit, la problématique de l'anthropomorphisme au sein du hanbalisme se posa dès les premières générations. Certains comprirent mal la définition exacte de ce qu'est l'anthropomorphisme et le principe du tafwîd (jusqu'à même le désavouer pour certains), au point où au cinquième siècle de l'Hégire la majorité, ou presque, des juristes hanbalites sombra dans cette hérésie. Parmi eux figurent les célèbres Al Barbahârî (d.329), Ibn Hamîd (d.403) Abû Ya'lâ (d.458), Ibn Abî Ya'lâ (d.526), ou encore Az Zaghûnî (d.527). Cette tendance fut cependant mise à mal suite à l'émergence de l'Imâm Abu-l-Faraj Ibn Al Jawzî (d.597) qui passa leurs hérésies en revue et les réfuta point par point, notamment dans son ouvrage intitulé Daf'u Shubah It Tashbîh, qui fut une véritable épreuve pour les anthropomorphistes, ainsi que son exégèse du Coran intitulée Zâd Ul Masîr Fî 'Ilm It Tafsîr. L'Imâm Ibn Al Jawzî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit notamment :

" Ce que ces anthropomorphistes présupposent se fonde apparemment sur de l'analogie sensorielle. Leur incapacité à concevoir une réalité allant au-delà de l'expérience physique les a conduits à la confusion et à une assimilation des Attributs d'Allâh, Le Transcendant, aux attributs des choses créées (commettre du tashbîh). La confusion de certains les a amenés à un niveau tel qu'ils ont déclaré que « la raison pour laquelle Allâh a mentionné Son istiwâ sur le Trône est que ce Trône représente la chose la plus proche de Lui. » Ceci est une absurdité bien sûr puisque la proximité en termes de distance ne peut être conçue qu'en relation aux corps [or s'agissant d'Allâh Le Transcendant qui n'est pas un corps, cela est inconcevable]. D'autres ont dit que le Trône fait face à la partie de L'Essence orientée vers lui, mais ne fait pas face à L'Essence toute entière. Il est clair que ceci exprime de façon explicite l'idée qu'Allâh est semblable à un corps (tajsîm)et qu'Il est enclin à la division. Je reste dubitatif et ne réussis pas à comprendre comment une personne [qui croit en ces inepties hérétiques] a l'audace d'imputer cela à notre madh-hab [hanbalite] ! " (Ibn Al Jawzî - Daf'u Shubah It Tashbîh, p.22, ed. kulliyyat al azhariyyah)

Un bon nombre de hanbalites adhérèrent à ses enseignements et l'école hanbalite commença petit à petit à se débarrasser des hérésies devenues courantes en son sein.

Et l'Imâm Muhammad Uz Zâhid Al Kawtharî Al Hanafî (d.1371) dit ainsi dans son introduction de l'ouvrage Tabyînu Kadhîb Il Muftarî du Hâfiz Abu-l-Qâsim Ibn 'Asâkir :

" Et certains hanbalites sont sur la voie des salaf concernant le tafwîd, abandonnant toute investigation (dans les sujets ambigus), tandis que d'autres ont tendu vers le mu'tazilisme. Mais la plupart d'entre eux, à travers la succession des siècles, ont été des hashwites (honteux, autre nom donné aux anthropomorphistes) selon les approches salimites et karramites jusqu'à ce que [le sultan] Az Zâhir ait placé pour la première fois l'office de la juridiction suprême (qadâ° ul qudât) à Yabris pour chacune des 4 écoles. [...] "

Ce coup très dur porté aux anthropomorphistes hanbalites eut lieu au 7ème siècle de l'Hégire. La très large majorité des hanbalites vivant au Shâm, et cette région étant administrée par des shafi'ites, il n'y avait aucun imam officiel représentant l'école hanbalite, ni auprès de l'Etat, ni auprès du peuple, il n'y avait qu'un shafi'ite. Le sultan Az Zâhir Rukn Ud Dîn Baybars mit fin à cela en plaçant un imam officiel pour chaque école juridique, ce qui permis aux hanbalites traditionnels de porter plainte contre les anthropomorphistes, de les juger et de stopper la diffusion de leurs hérésies.

L'Imâm Al Kawtharî continua ses propos précédents en disant :

" [Les hanbalites] prirent alors contact avec les savants faisant partie des Ahl Us Sunnah en conversant avec eux au sujet du savoir. En conséquence, leurs calamités hérétiques ont commencé à disparaître, et quasiment pas un seul hashwite n'aurait survécu si ce n'était le fait que la colonie de Harrân ait pris résidence dans le Shâm après le malheur de Baghdad [suite aux invasions mongoles].

Un homme (Ibn Taymiyyah Al Harrânî) est apparu parmi eux qui avait une formation équilibrée dans son apprentissage, en plus de son intelligence, de sa mémoire, de son caractère, et de sa capacité d'attirer des shuyûkh érudits et dignes de confiance vers lui et à les amener à faire son éloge. Il était un orateur avec une langue fluide, tandis que pendant tout ce temps il mettait en pratique un plan visant à placer le madh-hab hashwite sous le camouflage du madh-hab des salaf afin qu'il remplace celui de Ahl Us Sunnah.

Il ne se rendait pas compte que le madh-hab des Ahl Us Sunnah - les ash'arites et les maturidites - avait atteint un fort niveau dans l'examen scientifique à travers la succession des siècles grâce à des personnalités prodigues de la théologie et de la jurisprudence de la religion, en comparaison desquels ce hashwite ne serait pas même compté comme faisant partie des moindres de leurs élèves, tandis que si quelqu'un tel que lui essayait de se heurter à eux, tout ce qu'il lui arriverait serait qu'il tomberait la tête la première, heurterait le sol et serait ruiné. Et comme il n'avait pas de shaykh pour le diriger dans les sciences théoriques, en conséquence, sa science ne se reposait pas sur quelque chose de fiable, et elle est devenue confuse et très contradictoire. Ses dons [intellectuels] se sont dispersés vers des tendances hérétiques problématiques. Cela a mené à ce qu'il a fait, puis ses tribulations ont disparu en raison de la réfutation des savants. "

Appuyé par une poignée de disciples, dont Ibn Al Qayyîm Al Jawziyyah (d.751), Taqîy Ud Dîn Ibn Taymiyyah tenta donc de remettre l'anthropomorphisme au goût du jour. Mais par la grâce d'Allâh, ses arguments ridicules déjà réfutés maintes fois par le passé ne séduisirent presque personne, ceci jusqu'à ce que la corne du diable annoncée par le Messager d'Allâh (ﷺ) émergea depuis le désert du Najd au 12ème siècle de l'Hégire (18ème siècle grégorien) : Mohammed Ibn 'Abd Il Wahhâb (d.1206), qui basa son hérésie sur une interprétation parfois controversée des enseignements de Ibn Taymiyyah. Le Shaykh Nûh Keller (qu'Allâh le préserve) dit à ce propos :

" Des écrits ont été signés par Abû Hayyân An Nahwî (d.745), Taqîy Ud Dîn As Subkî (d.756), Badr Ud Dîn Ibn Jama'ah (d.733), Al Amîr As San'ânî l'auteur de " Subul Us Salâm " (d.1182), Taqîy Ud Dîn Al Hisnî l'auteur de " Kifâyat Ul Akhyâr " (d.829) et Ibn Hajar Al Haytamî (d.974) afin de réfuter sa croyance, et elle est restée non acceptée par les musulmans pendant encore 400 ans jusqu'à l'apparition du mouvement wahhabite au 18ème siècle, lequel suivait Ibn Taymiyyah sur certains points de croyance et l'a déclaré son " Shaykh de l'Islâm ". Mais ce ne sera pas avant l'arrivée de l'imprimerie dans le monde Arabe que les livres d'Ibn Taymiyyah (et les dogmes de ce groupe) ont vraiment vu la lumière du jour, quand un riche marchand de Jedda (Arabie saoudite) commissionna l'impression de son [livre] " Minhâj Us Sunnah " et d'autres de ses ouvrages sur la croyance, en Egypte, à la fin du siècle dernier, ressuscité cette fois sous le nom de " salafisme " ou " retour à l'Islâm des premiers temps ". A partir de là, ils ont été exportés aux quatre coins du monde islamique, propulsés par le financement généreux d'un ou deux pays musulmans modernes dont les efforts ont rempli les mosquées de livres, de pamphlets, et de jeunes gens qui répandent ces idées et même les attribuent (grâce aux chaînes de transmission douteuses d'Ibn Taymiyyah) aux Imâms des premiers temps de l'Islâm [...] " [Masud.co.uk].

Et le Shaykh 'Abd Ul Hakîm Murâd (qu'Allâh le bénisse) précisa :

" Dans tous les cas, bien que ces auteurs [Ibn Taymiyyah et Ibn Al Qayyim] furent récemment ressuscités et rendus proéminents, leur influence sur la tradition scientifique orthodoxe fut négligeable, comme le suggère le nombre réduit de manuscrits de leurs ouvrages qui furent préservés dans les grandes bibliothèques du monde islamique. Beaucoup des ouvrages d'Ibn Taymiyyah n'existe qu'en tant que manuscrits uniques ; et même les autres, lorsqu'on les compare aux ouvrages des grands savants tels que As Suyûtî et An Nawawî, ils semblent n'avoir été recopiés que très rarement. Voir à cet effet la liste d'anciens manuscrits de ses ouvrages donnée par C. Brockelmann, Geschichte der Arabischen Litteratur (2nd. Ed. Leiden, 1943-9), II, 126-7, Supplément, II, 119-126. " [Masud.co.uk].

Les wahhabites assurent ainsi la pérennité actuelle de l'hérésie anthropomorphiste héritée d'égarés se réclamant de l'Imâm Ahmad, mais de par leur ajout du kharijisme à leur doctrine ainsi que de leur désaveu des écoles sunnites, ils permirent à l'école hanbalite d'être aujourd'hui distinguée toujours plus de cette mauvaise croyance et de retrouver ainsi sa réalité d'antan.

Est-ce que la croyance de l'Imâm Ahmad était donc la même que celle des anthropomorphistes qui se réclament de lui ? Y-a-t-il quelques accointances ?

Lorsqu'on demanda au Grand Muftî de La Mecque de son temps, le Shaykh Ul Islâm Ahmad Ibn Hajar Al Haytamî (d.974 - qu'Allâh lui fasse miséricorde), si la croyance de l'Imâm Ahmad Ibn Hanbal était la même que celle dont se réclament certains hanbalites de nos jours, c'est-à-dire les anthropomorphistes hanbalites, ce dernier répondit :

" Elle (la croyance de l'Imâm Ahmad) incluait la croyance qu'Allâh (qu'Il soit glorifié et exalté) est exalté au-delà de ces choses (l'anthropomorphisme) que les oppresseurs et les dissidents lui attribuent. En l'occurrence, qu'Allâh (qu'Il soit glorifié et exalté) est trop exalté pour posséder une direction, des parties, une corporéité, et autres parmi les nombreux attributs de l'imperfection.

La vérité à ce sujet est que Allâh est exempt de tous les Attributs qui ne sont pas caractérisés par la perfection absolue ; et toutes ces choses qui circulent et sont promues parmi les ignares comme ayant été dites par ce grand Imâm mujtahîd sont des calomnies. C'est un mensonge éhonté de dire que cet Imâm ai jamais parlé d'une direction ou de quelque chose de semblable en décrivant les Attributs d'Allâh (qu'Il soit glorifié et exalté). Qu'Allâh mène vers la perdition ceux qui attribuent de telles positions à l'Imâm qui est entièrement innocent d'avoir dit de telles choses ! Tous ces sujets ont été depuis longtemps expliqués par le maître du hadîth, l'Imâm Abu-l-Faraj Ibn Al Jawzî, qui appartient à son école (celle de l'Imâm Ahmad). Il a lavé le nom de l'Imâm de telles viles calomnies et a fourni des preuves explicites exposant les mensonges des calomniateurs.

Et prenez garde à ce que Ibn Taymiyyah, son étudiant Ibn Qayyim Al Jawziyyah et d'autres ont écrit ; il (Ibn Taymiyyah) est un homme qui a pris sa passion pour Seigneur, chose pour laquelle Allâh l'a égaré en dépit de son éducation, Il a scellé son ouïe et son cœur, et a mit un voile sur sa vue ; et qui peut le diriger après qu'Allâh l'ai égaré ? Pourquoi l'aurait-Il fait alors que ces hérétiques sont passé outre les limites établies par la sharî'ah et les ont piétinées ? Et pourtant, ils s'imaginent être les seuls guidés, qu'ils sont guidés par leur Seigneur Tout-Puissant, alors qu'en vérité ils ne le sont pas. Plutôt, ils sont sur le mauvais chemin, la plus odieuse des voies, source d'égarement et des traits de caractères les plus abominables. Ils sont affligés par des vices et ont encouru une grande perte. Qu'Allâh humilie ceux qui les suivent et nettoie la face de la terre de leurs semblables. " [Ibn Hajar Al Haytamî - Fatâwâ° Ul Hadîthiyyah].

Et comme l'a si bien dit l'Imâm Ibn Al Jawzî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) :

" Ne faites pas entrer dans le Madh-hab de cet homme pieux du salaf (Al Imâm Ahmad) ce qui n'en fait pas partie. Vous avez apporté la honte et le déshonneur sur cette école au point que la seule chose que l'on dit au sujet des hanbalites c'est qu'ils sont anthropomorphistes. [...] Abû Muhammad At Tamîmî avait l'habitude de dire de l'un de vos chefs qu'il a tellement fait honte à cette école que ceci ne sera pas lavé avant le jour du jugement dernier ! " [Daf'u Shubah It Tashbîh].

Est-ce que l'atharisme est une école théologique comme l'ash'arisme et le maturidisme ?

Non. L'atharisme relève plus de l'état d'esprit que d'une institution méthodique et structurée. D'ailleurs, on le résume souvent à la simple pratique du tafwîd dans l'abord des passages ambigus présents dans le Coran et de la Sunnah. Bien que ne comportant aucune divergence à l'égard des points fondamentaux enseignés par les écoles ash'arites et maturidites, l'atharisme ne possède aucun fondements (usûl) précis le définissant. Il s'agit plutôt d'agir comme la majorité des salaf agissait la majeure partie du temps, à savoir s'attacher aux Textes sans rien renier, exalter Allâh de toute imperfection, se taire par rapport aux textes ambigus et ne pas débattre et argumenter avec les armes des innovateurs (al kalâm), sauf nécessité absolue. Tout cela fut bien définit par l'Imâm Muhammad As Sa'dî Al Hanbalî (d.900) qui a dit :

" Il (l'Imâm Ahmad) suivait en cela la méthodlogie des salaf en affirmant l'exemption d'Allâh [de toute ressemblance vis-à-vis de Ses créatures] tout en reniant tout anthropomorphisme, et il est même arrivé qu'il interprète dans certaines situations. " (Muhammad As Sa'dî - Jawhar Ul Muhassal Fî Manâqib Al Imâm Ahmad Ibn Hanbal, p.48, ed. al gharib)

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