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'Abdu Llâh Ibn Wahb Ibn Muslim Al Qurashî - عبد الله ابن وهب ابن مسلم القرشي (m.197)

5 Novembre 2013, 15:47pm

Publié par at-tawhid.net

 

Al Qâdî 'Iyâd Ibn Mûsâ Al Yahsubî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) fit sa biographie en ces termes :

« 'Abdu Llâh Ibn Wahb Ibn Muslim Al Qurashî était qurayshite par clientélisme, étant client de Yazîd Ibn Rayhanah. Il est dit aussi qu'il était client des Banî Fihr.

Abû At Tâhir a dit : « Muslim, son grand-père, était un berbère. »

Il raporta des ahâdîth de Mâlik, Al Layth, Ibn Abî Dhi°b, Yûnus Ibn Yazîd, Ath Thawrî, Ibn ' Uyaynah, Ibn Jurayj, Ibn An'am, 'Abd Ul 'Azîz Ibn Al Mâjîshûn, Yahyâ Ibn Ayyûb, ainsi que de 400 autres shuyûkh d'Egypte, du Hijâz et d'Irak. Il en récita de vive voix auprès de Nâfi' et Al Layth rapporta de lui et citait clairement son nom.

Parmi les gens qui rapportèrent des ahâdîth de lui se trouve Asbagh Ibn Al Faraj, Sahnûn, Ahmad Ibn Sâlih, Ibn Bukayr, Yûnus, Abû At Tâhir, Qutaybah, Ibn 'Ufayr, Al Waqqar, Al Qarâtisî, Al Hârith Ibn Miskîn, les fils de 'Abd Ul Hakam, Harmalah, Abû Mus'âb Az Zuhrî et bien d'autres.

Harmalah a dit : « J'ai entendu Ibn Wahb dire : « J'ai rencontré 360 shuyûkh. Mais franchement, si je n'avais pas connu Mâlik, je me serai complètement perdu en matière de science. »»

Abû At Tâhir a dit : « Ibn Wahb apprit auprès de Mâlik à peu près 10 ans avant Ibn Al Qâsim. Il resta auprès de lui jusqu'en en 148, jusqu'à ce qu'il mourut. Ibn Wahb n'était cependant pas présent lors de son décès car il accomplissait le Hajj. »

Ibn Waddâh a dit : « Ibn Wahb fit le Hajj en 144. Il partit voir Mâlik en premier lieu et il assista à la délivrance d'une fatwâ de sa part. Ensuite, il partit écouter Al Muthannah Ibn As Sabbâh à La Mecque. Le sujet qu'il écouta de Mâlik traitait du fait de réunir les deux prières de la soirée lorsqu'il pleut, car le gouverneur l'avait interrogé sur cela. Il y avait une légère pluie et il ordonna à ce qu'elles soient réunies. »

Ash Shayrâzî a dit : « Ibn Wahb resta auprès de Mâlik pendant 20 ans. »

Et Ibn Waddâh a dit : « Il partit quérir la science jeune, âgé de 16 ans. »

Concernant sa position dans le domaine du fiqh et du hadîth, ainsi que les éloges dont il fut couvert, mentionnons ce que Abû 'Umar [Ibn 'Abd Il Barr] a dit : « [Les savants] ont dit que Mâlik n'a jamais écrit à qui que ce soit en tant que faqîh si ce n'est pour Ibn Wahb. » Et Ibn Waddâh a dit : « Il avait coutume de lui écrire [en inscrivant] : « Pour 'Abdu Llâh Ibn Wahb, le faqîh d'Egypte. ». » Et Ash Shayrâzî a dit aussi : « Mâlik avait l'habitude de lui écrire [en disant] : « Pour Abû 'Abdi Llâh, le Muftî. » Il ne faisait cela avec personne d'autre. »

Mâlik disait : « Ibn Wahb est un Imâm. » Il disait aussi : « Ibn Wahb est un véritable savant. »

Et Ahmad Ibn Hanbal a dit : « Ibn Wahb fut un célèbre savant, un faqîh possédant un vaste savoir. » Il a dit aussi : « Ibn Wahb était prolifique concernant les ahâdîth qu'il rapportait. Il faisait la distinction entre celui qui était entendu et celui qui était lu, et ceci d'un hadîth à l'autre. Combien ses ahâdîth sont nombreux ! Combien sa connaissance des noms [des rapporteurs] était bonne ! Par contre, ceux qui rapportèrent de lui n'étaient pas très précis, excepté Hârûn Ibn Ma'rûf. »

Yûsuf Ibn 'Adî a dit : « Parmi les gens, j'ai rencontré des juristes qui n'étaient pas muhaddith, et des muhaddithîn qui n'étaient pas juristes, si ce n'est Ibn Wahb. J'ai vu qu'il était un muhaddith, un juriste et un ascète (zâhid). »

Abû Mus'âb a dit : « Quand nous n'étions pas sûrs d'un avis de Mâlik après sa mort, Ibn Dînâr, Al Mughîrah et les grands compagnons [de Mâlik] écrivait alors à Ibn Wahb et sa réponse nous parvenait ensuite. »

Hârûn Az Zuhrî Al Qâdî a dit aussi : « Après sa mort, les compagnons de Mâlik à Médine divergeaient à propos des paroles de Mâlik. Alors ils attendaient l'arrivée de Ibn Wahb et prenaient ses avis. »

Et Ibn Waddâh a dit : « Les habitants du Hijâz avaient besoin de Ibn Wahb pour la science [qui provenait] du Hijâz et les habitants de l'Irak avaient besoin de lui pour la science [qui provenait] de l'Irak. Il avait énormément de savoir. »

Ibn Rushdin a dit également : « Ibn Wahb avait bien plus de savoir que Ibn Al Qâsim. »

Ahmad Ibn Sâlih a dit aussi : « Personne parmi ceux qu'Allâh a créé n'était plus grand chez Mâlik que Ibn Nâfi' et Ibn Wahb. Quant à lui, Ahmad préférait Ibn Nâfi'. Ibn Wahb avait la primauté grâce à son abondant savoir et les nombreuses questions [qu'il maîtrisait]. Mâlik n'a pas parlé d'une chose sans que Ibn Wahb ne le couche par écrit. Ibn Wahb était complaisant vis-à-vis des shuyûkh. Si ses critères de sélections des gens était le même que ceux de Mâlik, cela lui aurait été préférable. »

Abû Zur'ah a dit : « J'ai examiné 80 000 des ahâdîth de Ibn Wahb. Je n'ai pas trouvé un seul hadîth de lui qui n'avait pas de chaîne de transmission [valide]. Il était thiqah et avait plus de fiqh que Ibn Al Qâsim. »

Muhammad Ibn 'Abd Il Hakam et Ibn Bukayr ont dit : « Ibn Wahb avait plus de savoir que Ibn Al Qâsim. Cependant, son scrupule le dissuada de délivrer des fatâwâ. »

Ibn Waddâh a dit également : « Ibn Wahb connaissait parfaitement la jurisprudence du Hajj et Ibn Al Qâsim connaissait parfaitement la jurisprudence du commerce. »

Abû Hâtim Ar Râzî a dit aussi : « Je préfère Ibn Wahb à Ibn Nâfi' et Al Walîd Ibn Muslim, et ses ahâdîth sont plus courants que ceux de Al Walîd. Ibn Wahb était vraiment célèbre et thiqah en matière de hadîth. »

Ibn Ma'în et An Nasâ'î ont statué que Ibn Wahb était thiqah. Ibn Ma'în a dit qu'il était thiqah bien qu'il rapportait parfois de gens peu fiables. On lui demanda d'ailleurs : « Pourquoi as-tu délaissé Ibn Al Qâsim et rapporté de Ibn Wahb ? » Il répondit : « Ibn Al Qâsim était vraiment excellent, mais Ibn Wahb est un spécialiste du hadîth. » Et Al Bukhârî et Muslim rapportèrent de lui.

Et Asbagh a dit : « Parmi les compagnons de Mâlik, Ibn Wahb était le plus savant en matière de sunan et de ahâdîth. »

Abû Zayd Ibn Abî Al Ghamr a dit : « J'ai entendu Ibn Wahb dire : « J'ai accompli 24 Hajj. C'est dans l'un d'entre eux que j'ai rencontré Mâlik. ». » Et Abû Zayd ajouta : « Nous surnommions Ibn Wahb " Dîwân Ul 'Ilm - le Recueil de Savoir. " »

Et on a dit : « Il n'y a pas eu une personne que Mâlik n'a pas réprimandé mis à part Ibn Wahb. Il l'aimait et le vénérait. »

Concernant son apprentissage dans la tansmission [de la science], Ibn Wahb a dit : « Tout ce qui est dans mes livres [venant de Mâlik], je l'ai entendu de lui. » Et il avait une relation spéciale avec lui [...]

Ibn Wahb rapporta aussi : « J'écrivais en la présence de Mâlik lorsque l'iqâmah pour la prière fut donné (dans une autre version il s'agit deu moment où le mu°adhdhin entame l'appel à la prière), et il y avait des livres éparpillés devant lui. Je me dépêcha alors de les ranger à leur place et il me dit : « Pas si vite ! Ce à quoi tu es appelé n'est pas meilleur que ce à quoi tu es occupé en ce moment si ton intention est bonne. ». » Et Ibn Wahb a dit aussi : « Un jour, Mâlik me demanda : « Qu'est-ce qui t'as éloigné de moi durant ces quelques jours ? » Je lui répondis : « J'avais les yeux enflammés. » Mâlik répliqua : « Je suppose que tu es quelqu'un qui écrit la nuit ? » Je dit : « Oui. » Mâlik s'écria alors auprès de son esclave : « Donne un peu de ce kohl à mon ami égyptien, Ibn Wahb ! ». »

On dit à Ibn Wahb : « Ibn Al Qâsim est en désaccord avec vous sur certains points. » Il répondit : « Ibn Al Qâsim est venu auprès de Mâlik alors qu'il était affaibli (et donc d'un certain âge), tandis que moi, j'ai commencé à fréquenter Mâlik quand il était un jeune homme dans la force de l'âge qui prenait mes livres et prenait le temps de les lire. Parfois, il y trouvait une erreur, prenait un chiffon qu'il trempait dans l'eau, et effaçait l'erreur de sa main et y écrivait ce qui était correct pour moi. »

Ibn Wahb a dit aussi : « Si je n'avais pas été sauvé par Allâh à travers Mâlik et Al Layth, je me serai égaré. » On lui demanda : « Mais pourquoi donc ? » Il répondit : « Je connaissais beaucoup de ahâdîth et cela me rendais confus. Je ne cessais alors de les réciter à Mâlik et Al Layth, et ils m'enseignaient : Prends celui-ci en compte et délaisse celui-là. Je ne cessais alors de les réciter à Mâlik et Al Layth, et ils m'enseignaient : Prends celui-ci en compte et délaisse celui-là. »

[...] Et Muhammad Ibn 'Abd Il Hakam a dit : « Les livres de Ibn Wahb se vendirent après sa mort pour un montant de 300 dînârs (une autre version mentionne 360, soit environ 55 000 euros actuels). »

Et voici d'autres récits le concernant :

Ibn Wahb a dit : « Je me consacrais aux actes de dévotion avant de rechercher la science. Un jour, le diable me fit aimer le fait de débattre à propos de 'Îsâ (que La Paix soit sur lui) et comment Allâh le créa. Je me plaignis à un shaykh de cela, et il me dit : « Acquiert le savoir. » Ceci fut la cause de ma quête. »

[...] Ar Rabî', un compagnon de Ash Shâfi'î, rapporta ce qui suit : « Nous sommes allés auprès de 'Abdu Llâh Ibn Wahb afin d'apprendre et un groupe de gens attendait devant sa porte. Il se leva pour ouvrir la porte, mais lorsqu'il l'ouvrit, il y avait la cohue pour entrer, ce qui le fit tomber et se blesser au visage. Il dit alors : « Il s'agit là d'un grave manque de sérieux ! Puisse que c'est comme ça, je jure par Allâh que je ne vous permettrai pas d'entendre ne serait-ce qu'une seule lettre aujourd'hui ! » Puis il s'assit, et alors nous nous sommes également assis. Lorsqu'il vit le calme qui régnait en nous, il dit : « Où est le calme pour la connaissance ? Je vais finalement faire une expiation pour le serment que j'ai prononcé et vous permettre d'apprendre aujourd'hui. Il fit alors une expiation et nous avons pu apprendre. ». »

[...] On a dit : « Il fut le premier en Égypte à distinguer entre [un hadîth rapporté par la formule] « Il nous rapporta » et [un hadîth rapporté par la formule] « Il nous informa ». »

Concernant ses actes d'adoration, son ascétisme, sa piété, et puis sa mort, [voici ce qui nous est parvenu] :

Abû 'Umar a dit : « Ibn Wahb fut un homme dont les actes étaient bons, éant épris de crainte d'Allâh. »

Et Sahnûn a dit : « Ibn Wahb disait qu'il divisait son temps en trois parties : un tiers pour le ribât (refuge soufi dédié à l'adoration d'Allâh), un tiers pour enseigner [la science] aux habitants d'Egypte, et un tiers pour le Hajj. on a dit qu'il accompli le Hajj à 30 reprises. »

Ibn Wahb a dit : « Je m'étais imposé qu'à chaque fois que je parlais mal de quelqu'un, j'allais jeûner un jour en expiation, mais cela m'était vraiment facile. Alors je me suis imposé qu'à chaque fois que je parlais mal de quelqu'un, j'allais donné un dirhâm en aumône. Cela m'était lourd [à cause de la pauvreté], alors j'ai arrêté de parler mal de qui que ce soit. »

Abû Ja'far Al Aylî rapporta que Ibn Wahb a dit : « Il ne s'est pas passé une seule nuit sans que je ne fusse terrifié, me souvenant des frayeurs de l'au-delà. »

[...] Son neveu a dit : « J'ai vu 'Abdu Llâh Ibn Wahb qui possédait le Kitâb Ul Ahwâl (le Livre des Frayeurs [de l'au-delà]) lui être lu. Abû Usâmah le vit pleurer, à tel point qu'il se mit lui aussi à pleurer. Puis Abû Usâmah se leva avec la page [qu'ils lisaient] tandis que Ibn Wahb pleurait toujours et que des gens lisaient encore. Ibn Wahb pleurait si fort que je pense qu'il pouvait être entendu à une cinquantaine de mètres. Il continua ainsi jusqu'à s'appuyer sur un mur contre lequel il s'était couché. Il fut ensuite porté jusqu'à sa maison et resta dans cet état sans avoir repris connaissance, et ceci jusqu'à sa mort. Nous pensions alors qu'il avait eu une crise cardiaque. »

Et Yûnus rapporta aussi : « Ibn Wahb a dit : « Les gens du hadîth m'ont demandé de leur permettre d'écouter [de moi] la description du Paradis et de l'Enfer, mais je ne pense pas être capable de cela. » Lorsqu'il répondit finalement favorablement [à cette demande] et qu'ils écoutèrent la description de l'Enfer qu'il faisait, il s'est évanoui. On lui mit de l'eau sur son visage, c'est alors que les gens dirent : « Faites lui la description du Paradis ! » Mais il ne revint toujours pas à lui. Il resta dans cet état durant 22 jours. On appela un médecin pour lui, il le regarda, puis dit : « Cet homme a eu une crise cardiaque. ». »

Il mourut en Égypte en 197 selon Ahmad Ibn Sâlih et Abû 'Umar Al Kindî. Ibn Al Jazzâr affirma que ce fut le dimanche 25 Sh'abân. On a dit que ce fut en 198, mais aussi en 195 ou en 196. Al Bâjî a dit que ce fut 190. Toutefois, la première date est la plus célèbre et la plus répandue.

Et Abû Ishâq a dit : « Il avait 3 ans de plus que Ibn Al Qâsim et il vécut 5 années après lui. »

At Tabbâ' a dit : « Lorsque nous faisions le lavage mortuaire de Ibn Wahb, nous avons trouvé une datte fraîche dans sa bouche. C'est 'Abbâd, le gouverneur d’Égypte, qui dirigea la prière funéraire faite sur lui. »

Il écrivit plusieurs livres de grande qualité et étant d'un immense bénéfice. Parmi eux, il y a ce qu'il rapporta de ce qu'il avait entendu de Mâlik, en 30 volumes, Al Muwattâ° Ul Kabîr, le Kitâb Ut Tafsîr Al Muwattâ, le Kitâb Ul Bay'ah (sur l'allégeance), le Kitâb Lâ Hâm Wa Lâ Safar, le Kitâb Ul Manâsik (sur les transactions commerciales), le Kitâb Ul Maghâzî (sur les raids armés) et le Kitâb Ur Riddah.

Il avait un frère qui s'apellait 'Abd Ur Rahmân, il était le père de Ahmad et 'Abd Ul 'Azîz. Il avait aussi un autre frère dont le nom était 'Amr Ibn Wahb. [...] Ibn Yûnus a dit :  « Ce dernier avait un fils nommé Hamîd. » [...] »

Fin de citation du Qâdî 'Iyâd et de sa biographie consacrée au vertueux et sublime Imâm 'Abdu Llâh Ibn Wahb. Qu'Allâh lui fasse miséricorde et l'agrée dans Son vaste Paradis, illumine sa tombe et en fasse un des jardins du Paradis. Qu'Allâh lui donne le Firdaws Ul A'lâ et le place en compagnie de Ses Saints, et puissions nous, par Sa Grâce et Sa Misricorde, suivre les pas de cet Imâm, flambeau de la Sunnah et réceptacle d'un savoir immense, lui qui fut une autorité parmi les autorités, au sein du madh-hab mâlikî comme du Sunnisme en général. Allâhumma âmîn.

 

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