at-tawhid.net

Abû 'Amr Al Awzâ'î - أبو عمر الأوزاعي (m.158)

21 Septembre 2013, 21:16pm

Publié par at-tawhid.net

Il s'agit de l'Imâm Abû 'Amr 'Abd Ur Rahmân Ibn 'Amr Ibn Yuhmad Al Awzâ'î (qu'Allâh lui fasse miséricorde). Il fut l'un des plus illustres Imâms des Salaf Us Sâlih et le fondateur d'un madh-hab portant son nom. Il naquit en l'an 88 dans la région du Shâm dans la ville de Ba'labek, orphelin et pauvre, et grandit à Al Kark dans la vallée de Bekâ. Plus tard, il émigra vers Damas dans le quartier communément appelé « Al Awzâ' », ce qui lui valut son surnom de « Al Awzâ'î ». Il s'installera ensuite à Beyrouth jusqu'à sa mort, tandis que sa renommée était devenue immense au sein du monde musulman.

 

Ses principaux shuyûkh sont l'Imâm Yahyâ Ibn Abî Kathîr et l'Imâm Ibn Shihâb Az Zuhrî, mais il étudia également auprès d'autres grands Tâbi'în comme l'Imâm Muhammad Ul Bâqir Ibn 'Alî Zayn Ul 'Âbidîn Ibn Al Husayn Ibn 'Alî Ibn AbîTâlib, 'Atâ° Ibn Abî Rabah, Qatâdah Ibn Di'âmah, Muhammad Ibn Sirîn, Sayyidunâ Nâfi', l'affranchi de Sayyidunâ 'Abdu Llâh Ibn 'Umar, 'Ikrimah, 'Alqamah ou encore Mak-hûl (qu'Allâh leur fasse à tous miséricorde).

 

Auprès d'eux, l'Imâm Al Awzâ'î apprit les diverses sciences islamiques jusqu'à devenir un Imâm Mujtahid. Tout comme l'Imâm Mâlik Ibn Anas (qu'Allâh l'agrée), il fut un fin spécialiste du hadîth et rapporta de nombreux ahâdîth de la part de ses shuyûkh. Al Imâm Al Awzâ'î fut surtout connu pour son fiqh, c'est d'ailleurs dans ce domaine que nous sont parvenus le plus grand nombre de ses paroles et il fut, comme rapporté plus haut, le fondateur d'un madh-hab très suivi pendant un temps, notamment au Shâm, au Maghrib et à Al Andalus, jusqu'à disparaître suite à l'hégémonie d'autres madhâhib tel que celui de l'Imâm Mâlik (qu'Allâh l'agrée).

 

Quant à sa méthodologie dans la croyance, elle était la même que la majorité des Salaf Us Sâlih (qu'Allâh illumine leurs tombes) vivants avant la venue de l'Imâm Abul Hasan Al Ash'arî (qu'Allâh lui fasse miséricorde), c'est-à-dire qu'il évitait le kalâm qui était alors l'apanage des sectes, ainsi que l'interprétation des textes ambigus, ceci dans la mesure du possible. Cependant, tout comme l'Imâm Ahmad Ibn Hanbal (qu'Allâh lui fasse miséricorde), il n'hésita pas à s'adonner à l'interprétation (at ta°wîl) lorsque cela fut nécessaire, ceci afin d'éviter toute ambiguïté à l'égard d'Allâh (qu'Il soit exalté) et ainsi Le dépouiller de tout défaut. C'est ainsi que l'Imâm Muhyi Ddîn An Nawawî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) rapporta dans son Minhaj qu'il a dit concernant le hadîth : « Notre Seigneur, qu'il soit exalté, descend (yanzîlu) toutes les nuits au premier ciel durant le dernier tiers de la nuit, Il dit alors :« Qui M'invoque afin que Je l'exauce, qui Me demande afin que Je lui donne, qui se repent afin que J'agrée son repentir ? ». » qu'il s'agissait de l'ordre d'Allâh qui descendait et non de Son Essence, car conformément à la doctrine des Ahl Us Sunnah, Allâh n'est pas concerné par le lieu. D'ailleurs, Al Imâm Abû Bakr Al Bayhaqî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) rapporta que l'Imâm Al Awzâ'î (qu'Allâh l'agrée) a dit aussi : « Nous et les Tâbi'în sommes nombreux à affirmer qu'Allâh est exalté au-delà de Son trône, et nous avons foi en tous les Attributs rapportés dans les textes de la Sunnah. » [Kitâb Ul Asmâ° wa As Sifât]. Telle était donc la doctrine pure et lumineuse de l'Imâm Al Awzâ'î que l'Imâm Al Ash'arî et ses disciples allaient (qu'Allâh leur fasse miséricorde), quelques siècles plus tard, adopter et répandre dans les quatre coins du monde musulman. L'Imâm Al Awzâ'î fut également injustement taxé d'innovateur shi'ite par certaines personnes, notamment du Shâm, car ce dernier était, comme beaucoup de savants, un fervent partisan de l'Imâm 'Alî et des Ahl Ul Bayt en général. C'est pourquoi l'Imâm Abû Zur'ah (qu'Allâh lui fasse miséricorde) mettait en garde en disant : « Si vous voyez quelqu'un originaire du Shâm parler vilement de Mak-hûl et Al Awzâ'î, sachez que c'est un nâsibî (hypocrite haineux à l'encontre de Ahl Al Bayt), sans aucun doute. » [Abû Ya'lâ - Tabaqât Ul Hanâbilah].

 

L'Imâm Al Awzâ'î était également très scrupuleux et d'une piété remarquable. Ash Shaykh Jibrîl Al Haddâd (qu'Allâh le préserve) a dit dans la biographie qu'il lui consacra : « Il l'un de ceux qui ont allié l'endurance dans l'adoration avec la science et l'affirmation de la vérité. Il est considéré comme étant une preuve (hujjah) à lui seul en tant que narrateur de hadîth, connu pour sa vaste compréhension de la Sharî'ah, sa grande érudition et sa piété. » [Sunnah.org]. La sagesse et la science de l'Imâm Al Awzâ'î conquirent un grand nombre de cœurs et nombreuses furent les éloges proclamées en son honneur. Ash Shaykh Jibrîl Al Haddâd (qu'Allâh le préserve) en rapporta quelques unes :

 

« Al Hiql a dit : « Al Awzâ'î donna des réponses à environ 70 000 questions. »

 

'Abd Ur Rahmân Ibn Mahdî a dit : « A cette époque, les vrais hommes étaient au nombre de quatre : Hammâd Ibn Zayd à Basra, Ath Thawrî à Kûfâ, Mâlik auHijâz, et Al Awzâ'î au Shâm. »

 

Ismâ'îl Ibn 'Ayyâsh a dit : « En l'an 140, j'ai entendu des gens dire que de nos jours, le sage et le savant de la Ummah est Al Awzâ'î. »

 

Lorsque ce dernier vint à Makkah, Sufyân Ath Thawrî marchait devant lui en criant : « Faites un passage pour le Shaykh ! » Mâlik compara les deux en disant : « L'un d'eux (Ath Thawrî) est plus savant que l'autre, mais il n'est pas apte à être Imâm (Calife) ; tandis que l'autre (Al Awzâ'î) l'est. » Ceci fut également l'opinion de Al Farazî, 'Alî Ibn Bakkâr et Ibn Al Mubârak. 

 

Il n'avait pas peur de dire la vérité aux princes. Après avoir massacrer les Banû Umayyah, le rude roi 'Abdu Llâh Ibn 'Alî, l'oncle de As Saffah, le convoqua et lui demanda en face de sa cour : « Quelle est ton opinion sur ce que nous venons de faire ? » Al Awzâ'î rapporta : « Je me suis dit que j'allais décider de lui dire la vérité, me préparant alors à une mort certaine. Je lui rapporta le hadîth : « Les actes ne valent que par leur intention. » Il dit alors : « Qu'est-ce que tu dis concernant le fait que nous avons tué les gens de cette dynastie ? » Je lui rapportait le hadîth qui dit : « Tuer un musulman est interdit, excepté dans trois cas : la personne mariée qui commet l'adultère, celui qui apostasie après avoir adopté l'Islâm, ainsi que l'auteur d'un homicide involontaire. » Il continua en me disant : « Parle-moi du Califat, n'est-il pas notre héritage comme le stipula le Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) ? » Je répondit : « Si cela avait été le cas, 'Alî (qu'Allâh l'agrée) n'aurait jamais laissé personne le devenir avant lui. » Il dit alors : « Mais qu'avons-nous entendu à propos de la trésorerie des Banû °Umayyah ? » Je lui répondit : « Si ce qu'elle contenait était licite pour eux, alors elle est illicite pour vous, et si ce qu'elle contenait était illicite pour eux, elle est d'autant plus illicite pour vous. ». »

 

Et Al Hâfiz Adh Dhahabî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit aussi : « En plus de sa virtuosité dans le domaine de la science et ses oeuvres de premier choix, il excellait également dans l'art d'écrire des lettres. » [Siyar A'lâm Un Nubalâ°]. Il rapporta à ce titre que l'Imâm Al Awzâ'î a dit un jour : « Un chrétien qui résidait à Bayrût s'est rendu chez moi et me dit : « Le gouverneur de Ba'labek m'a lésé de mes droits et je désire que tu lui écrives. », et il m'a apporté comme présent une jarre pleine de miel. Je lui dis : « Si tu désires que je te rende service, tu reprends ta jarre, sinon... » Il acquiesça, je lui écrivis la lettre et demandai au gouverneur de lui alléger l'impôt foncier (al kharâj). » Le gouverneur lui diminua son impôt de 30 dirham grâce à l'intervention de l'Imâm. » [Kitâb Ul Kabâ°ir].

 

C'est après une vie illuminée par le suivi scrupuleux du Qur°ân et de la Sunnah que l'Imâm 'Abd Ur Rahmân Al Awzâ'î (qu'Allâh l'agrée) rejoignit son Seigneur (qu'Il soit exalté) en l'an 158 à Beyrouth. Il fut enterré dans cette ville et sa tombe est toujours visitée jusqu'à nos jours par les musulman(e)s en recherche de bénédiction et par ceux et celles souhaitant prier pour lui.

 

On rapporte qu'une foule immense assista à ses funérailles et que toutes les communautés étaient venues se recueillir. C'est ainsi qu'en plus des musulmans, des délégations juives, catholiques et coptes étaient venues rendre un dernier hommage à cet homme brillant épris de tolérance.

 

Al Hâfiz Adh Dhahabî rapporta également que l'Imâm Yazîd Ibn Madh'ûr (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit : « J'ai vu Al Awzâ'î dans mon sommeil et je lui ai demandé : « Montre-moi le degré permettant de se rapprocher le plus d'Allâh. » Il répondit : « Je n'ai pas vu un degré plus élevé que celui des savants doués de sagesse et, après eux, des attristés. ». »

 

Qu'Allâh bénisse cet océan de savoir et de lumière qu'était l'Imâm Al Awzâ'î. Qu'Allâh étende Sa Miséricorde sur lui et fasse de sa tombe un vaste jardin du Paradis , et qu'Il nous permette de suivre ses nobles pas et nous accorde la compréhension de la religion à l'image de l'Imâm Al Awzâ'î, ceci par la bénédiction de Son noble Prophète, le guérisseur des cœurs, le miséricordieux, Sayyidunâ Muhammad Al Habîb Al Mustafâ (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui, sa famille et ses compagnons), Allâhumma Âmîn.

Commenter cet article