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Al Ghaffâr (Ibn Kathîr, Ash Sha'rawî et Ismâ'îl An Nabahânî)

4 Avril 2010, 01:10am

Publié par at-tawhid.net

Allâh (qu'il soit exalté) dit : « […] Et Je suis Grand Pardonneur (Ghaffârun) envers celui qui se repent, croit, pratique le bien, puis se met sur le bon chemin» [Sourate 20 – Verset 82].

Al Imâm Ismâ'îl Ibn Kathîr (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit que ce verset signifiait : « Quiconque se tourne vers Moi repentant, J'accepterai alors son repentir, et ceci sans tenir compte de ses péchés précédents. » [Tafsîr Ul Qur°ân Il 'Azîm].


Allâh est donc
Al Ghaffâr : Celui qui ne cesse de pardonner. Al Ghâfir étant Celui qui pardonne et Al Ghafûr étant la forme intensive de Al Ghâfir.


Al Imâm Muhammad Ul Mutawallî Ash Sha'rawî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) commenta ce Nom en disant :

« Le verbe « ghafara » signifie couvrir et protéger. « Ghafara à quelqu'un » signifie couvrir ses fautes et ne pas y prêter attention, donc les lui pardonner.

Al Ghaffâr est un des Noms d'Allâh. Allâh a exprimé Sa qualité de Pardonneur dans le Qur°ân à l'aide de nombreux dérivés. Nous pouvons y trouver le verbe « ghafara » conjugué au passé et au présent. Nous pouvons également le trouver sous forme nominale et adjectivale et assumant diverses fonctions dans la phrase. Dénombrer ce verbe avec ses différents dérivés dans le Qur°ân devient de ce fait une tâche très difficile.

Le pardon est l'un des caractéristiques les plus marquantes de notre Seigneur. Sans son pardon, les humains ne se seraient pas souciés de leurs péchés et se seraient dirigés tout droite vers leur perte. Le pardon n'est pas incompatible avec la justice qui suppose la rétribution des hommes selon leurs actes, car ceux-ci ne sont pas infaillibles, et le pardon sera donc une miséricorde pour eux tous.

Notre Seigneur n'a cessé d'expliquer dans le Qur°ân qu'il n'y avait pas, après le repentir et le regret, de péché qui ne serait concerné par Son pardon. Tout péché est donc potentiellement pardonnable, comme Il le dit dans le verset suivant : « Dis : « Ô Mes serviteurs qui avez commis des excès à votre propre détriment, ne désespérez point de la miséricorde Divine ! En vérité, Allâh absout tous les péchés, car Il est Al Ghafûr Ar Rahîm. ». » [Sourate 39 – Verset 53].

Le terme « jamî'an - tous » signifie donc qu'il n'y a pas d'exception à Sa miséricorde si un sincère repentir et d'authentiques regrets s'expriment. Et cette règle ne s'oppose pas aux deux passages coraniques suivants :

« Ceux qui donc rejettent la foi et s'emploient à détourner les autre de la Voie d'Allâh se fourvoient fort loin dans leur égarement. Ceux qui rejettent la foi et se comportent iniquement, jamais Allâh ne leur pardonnera, ni ne les guidera vers une autre voie que celle de la Géhenne où ils demeureront éternellement, car il n'est rien d'aussi facile pour Le Seigneur ! » [Sourate 4 – Versets 167 à 169].

« Ô vous qui croyez ! Ayez toujours foi en Allâh, en Son Prophète au Qur°ân qu'Il lui a révélé et aux Écritures qui l'ont précédé ! Quiconque renie Allâh, Ses Anges, Ses Livres, Ses Prophètes et le Jour dernier s'écarte à jamais de la Vérité. Ceux qui, après avoir cru, renient leur foi, puis la retrouvent pour la perdre à nouveau et s'enfermer dans l'impiété, Allâh ne leur pardonnera jamais ni ne les remettra dans la bonne voie. » [Sourate 4 – Versets 136 et 137].

Ceci dit, les deux passages coraniques suivants nous diront pourquoi il n'y a aucune contradiction entre la règle général du pardon d'Allâh et ce que disent les deux passages coraniques précédents :

« Certes, Allâh ne pardonne pas qu'on Lui prête un quelconque associé. Mais à part cela, Il pardonne des péchés moins grave que celui-ci à qui Il veut. Mais quiconque donne à un associé à Allâh commet là un immense crime. » [Sourate 4 – Verset 48].

« Certains dénigrent et se moquent des croyants qui font volontairement de généreuses aumônes ainsi que de ceux qui n'en font que selon leurs faibles ressources. Allâh se moquera bien de ces mécréants et les soumettra plus tard à d'horribles tourments. Et peu importe que tu demandes à Allâh de leur pardonner ou non, Allâh ne leur pardonnera jamais, dusses-tu répéter ta demande soixante-dix fois ! Car ils ont renié Allâh et Son Prophète, et Allâh ne guide pas les gens pervers. » [Sourate 9 – Versets 79 et 80].

La règle du pardon Divin veut donc que celui-ci puisse être accordé à toute personne animée d'une foi sincère en Allâh et regrettant amèrement ses péchés. Cependant, toute personne qui sort du cadre de la foi et qui s'engage dans la mécréance ou le polythéisme ne peut évidemment pas prétendre au pardon d'Allâh. Il est inconcevable que l'on soit mécréant et que l'on aspire en même temps au pardon d'Allâh. Les bonnes actions des mécréants n'ont d'ailleurs aucun poids et ne peuvent constituer un moyen d'obtenir le pardon d'Allâh, comme le souligne le verset qui dit : « […] Ceux qui vous combattent ne cesseront de le faire tant qu'ils ne vous auront pas contraints, s'ils pouvaient le faire, à renoncer à votre religion. Ceux qui, parmi vous, s'écartent de leur religion et meurent ainsi en mécréants : voilà ceux dont les œuvres seront vaines en ce monde et dans l'au-delà, voilà ceux qui seront les hôtes de l'Enfer, et ils y demeureront éternellement. » [Sourate 2 – Verset 217].

« Dis à ceux qui ne croient pas que, s'ils cessent, on leur pardonnera ce qui s'est passé. Et s'ils récidivent, [ils seront châtiés] ; à l'image de ceux qui les ont précédé. » [Sourate 8 – Verset 38]. » [Sharh Asmâ°u Llâh Il Husnâ].

Et Al Imâm Ismâ'îl An Nabahânî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit aussi :

« Al Ghaffâr est celui qui a fait apparaître ce qui est beau, et dissimulé ce qui est laid parmi les péchés et les autres forfaits.

La première marque de Sa protection en faveur du serviteur, c'est qu'Il a dissimulé dans son intérieur les laideurs de son corps qui répugnent aux yeux et couvert de beauté son extérieur. C'est dire combien est grande la différence entre l'intérieur et l'extérieur du serviteur sur les plans de la propreté et de la saleté, de la laideur et de la beauté. Regarde bien donc ce qu'Il a manifesté et ce qu'Il a caché.

Il l'a protégé en deuxième lieu en plaçant ses idées détestables et ses volontés laides au fond du secret de son cœur pour que personne ne puisse connaître le secret de son cœur. Du reste, si ce qui traverse son esprit comme obsessions et phobies possibles et ce que renferme sa conscience comme fraude, traîtrise et mauvaise opinion des gens se dévoilait aux hommes, ils le mépriseraient et peut-être s'acharneraient-ils à le détruire et à le faire périr. Regarde donc bien comment Il l'a protégé !

Quant au troisième mode de Sa protection, il réside dans le fait qu'Il a pardonné ses fautes pour lesquelles il mériterait pourtant d'être mis à nu devant tout le monde. » [Mukhtasar Maqsad Ul 'Asnâ].

Qu'Allâh nous protège ici-bas et dans l'au-delà contre tout mal qu'Il a créé et nous accorde Son pardon éternel, Allâhumma Âmîn.

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