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Al Istawâ (Al °Ûshî & Al Qârî)

13 Mars 2010, 16:42pm

Publié par at-tawhid.net

 

Al Imâm 'Alî Al Qârî Al Hanafî a dit :

 

« 'Alî Al °Ûshî a dit [1] :

« Le Seigneur du trône est au-dessus du trône (wa Rabb ul 'arshi fawqal 'arshi lâkin)

Sans localisation et sans contact (bi lâ wasf it tamakkuni wa at tisâli) »

 

« Le Seigneur du Trône » est Le Créateur et Le Possesseur du Trône. L'association [de ces deux termes] est similaire à celles ci : « Seigneur de la Demeure » ou bien encore « Seigneur de Jibrîl ». Le trône est la plus grande chose de la création et celui-ci englobe la totalité [de la création].

Et Allâh (qu'Il soit exalté) a dit : « Ar Rahmân 'alal 'arsh istawâ » [Sûrah 20 - Âyah 5].

Le madh-hab des Khalaf consiste à expliquer l'istiwâ comme l'isti'lâ (la domination, la prééminence), et la position adoptée par les Salaf est de ne pas l'expliquer du tout ('adamatu at ta°wîl). Ils préféraient y croire comme cela avait été révélé, que ceci était transcendant et inqualifiable (tanzîh), en niant toute similitude [à l'égard des créatures] (tashbîh), en laissant l'affaire (tafwîd) à Allâh et à Sa connaissance concernant sa signification, comme l'a dit l'Imâm Mâlik : « Al Istiwâ n'est pas inconnu, le comment n'est pas concevable, y croire est un devoir, et poser la question à ce sujet est une innovation. »

Il y a aussi l'opinion de notre Imâm Ul A'zam (Abû Hanîfah) concernant l'istiwâ et tout les versets ambigus et ahâdîth dans lequels sont mentionnés quelques Attributs parmi tant d'autres tel Yad, Wajh, 'Ayn. Le terme « sur - fawq » est utilisé comme [dans] : « C'est Lui qui est Le Dominateur Suprême sur Ses serviteurs » [Sûrah 6 – Âyah 18], ou : « Ils craignent leur Seigneur, au-dessus d'eux » [Sûrah 16 – Âyah 50]. Nos prédécesseurs n'expliquaient pas les mot « sur » ou « au-dessus » par « grandeur » ou par « exaltation » contrairement à ce qu'on fait les savants qui sont venus après.

L'auteur [du poème] a remplacé par un synonyme le mot utilisé dans le Qur°ân pour qu'il soit conforme au mètre poétique et il a ainsi clarifié par cela la position [à adopter] en disant dans le distique suivant : « Au-dessus ne signifie pas « prendre possession ou toucher » ». Cela ne signifie [également] pas le fait de se reposer ou le fait d'arriver quelque part, car ces descriptions sont inconcevables concernant Allâh (qu'Il soit exalté).

Ce vers est aussi une réfutation des karrâmiyyah et des mujassimah [2] qui attribuent une direction à Allâh (qu'Il soit exalté), ces mêmes karrâmiyyah attribuent la direction de l'élévation à Allâh sans qu'il prennent possession du trône (istiqrâr). Et les mujassîmâ, qui sont les hashwiyyah, insistent sur le fait qu'Allâh en prendrait possession en citant le verset et en le prenant de manière littérale, bien qu'ils n'aient aucune preuve afin de prouver cela [3]. En effet « istawâ » a beaucoup de significations, et parmi ses significations on trouve le fait de s'emparer d'une chose (la maîtriser), le fait de dominer, le fait de contrôler (al isti'ila), tout comme le poète a dit :

« Bishr s'est établit sur l'Irâq (qad istawâ Bishrun 'alal 'Irâqi)

Sans avoir fait couler le sang ni utilisé l'épée (min ghayri sayfin wa damin mihrâqi) »

De même Allâh a dit : « Et quand il eut atteint sa maturité et sa plein formation, Nous lui donnâmes la faculté de juger et une science. C'est ainsi que Nous récompensons les bienfaisants. » [Sûrah 28 – Âyah 14], ici, « istawâ » est utilisé dans le sens de compléter et de perfectionner (tammam, kamal). Allâh a dit aussi : « Et il fut dit : « Ô terre, absorbe ton eau ! Et toi, ciel, cesse [de pleuvoir] ! ». L'eau baissa alors, l'ordre fut exécuté, et l'arche s'installa (istawat) sur le Jûdi, et il fut dit : « Que disparaissent les gens pervers ! ». » [Sûrah 11 – Âyah 44], dans ce cas présent, cela (al istawâ) signifie s'installer (istiqrâr).

C'est pour cela qu'on ne peut utiliser ceci comme une preuve irréfutable alors qu'il est possible de trouver beaucoup de significations différentes à ce terme.

Si quelqu'un demande : « Pourquoi ces versets ambigus ont-ils été révélés ? », je réponds : cela montre l'incapacité et la faiblesse de la création ainsi que la compréhension limitée de la Parole de leur Seigneur, et afin de prouver leur degré de servitude et de foi. C'est ainsi que le plus savant parmi eux disait : « Nous avons foi [en tout ce qui a été révélé], tout ceci provient de notre Seigneur. » Ils laissaient la signification à Allâh (tafwîd) et croyaient en la signification voulue par Allâh sans essayer de comprendre la signification elle-même, ceci est la plus grande perfection qu'un serviteur puisse atteindre. C'est aussi la position choisie par nos prédécesseurs (as salaf). Ils se détournaient de la description ou de l'explication quant à la signification des versets ambigus. Cependant les savants parmi les Khalaf ont choisi d'expliquer ces versets sans insister ou être catégorique dessus (au sujet de leur signification), ils affirmaient que c'était l'un des sens voulu par Le Seigneur (qu'Il soit glorifié).

La servitude est de loin plus solide que l'adoration, car la servitude comporte le fait d'être agrée avec ce que le Seigneur fait et l'adoration consiste à faire ce qui pourrait être agréer par Le Seigneur. Sans aucun doute, l'agrément d'Allâh est plus grand que les faits et gestes. De plus, abandonner la recherche de l'agrément est de l'apostasie, mais abandonner les actes est de la désobéissance et de la perversion. Par conséquent, il y a une fin à l'adoration, et il n y a pas d'adoration dans l'au-delà, cependant il n'y a pas de fin à la servitude, et ceci dans les deux mondes.

Et il est clair comme le cristal que le madh-hab des Salaf est le plus saint et le plus intelligent tandis que le madh-hab des Khalaf est le plus approprié [à notre époque]. »

Fin de citation.

Source : Daw Ul Ma'âlî de l'Imâm 'Alî Al Qârî Al Hanafî (qu'Allâh lui fasse miséricorde).

Notes :

[1] Dans Bad' Ul Amâlî.

 

[2] Les karrâmiyyah sont les adeptes de l'innovateur 'Abdu Llâh Ibn Karrâm qui fut l'un des grands anthtropomorphistes de la période des Salaf. Les mujassimâ sont d'autres anthropomorphistes qui divergent sur certains détails avec 'Abdu Llâh Ibn Karrâm, la branche majoritaire de cette secte était : al hashwiyyah, composée dans une écrasante majorité d'anthropomorphistes hanbalites ; citons parmi eux Al Barbahârî, Al Khallâl, Ibn Abî Ya'lâ ou encore Abu-l-'Abbâs Ibn Taymiyyah.

[3] C'est-à-dire qu'ils n'ont aucune preuve issue du Qur°ân, de la Sunnah ou à partir d'un consensus des savants, mentionnant le fait que le verset qu'ils citent est interprétable par le fait qu'Allâh prendrait possession du trône. Personne n'a dit cela avant eux et cette croyance constitue une grave innovation.

 

A lire aussi :

 

* Le consensus des Ahl Us Sunnah sur le fait qu'Allâh n'est pas concerné par l'endroit (Abul Mu'în An Nasafî, Ibn Al Jawzî, Al Juwaynî...)

* Explication de la parole de l'Imâm Mâlik sur l'istawâ° (Al Qarâfî, Al Bâqillânî, An Nînuwî...)


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