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Critique du Kitâb Ut Tawhîd de Muhammad Ibn 'Abd Il Wahhâb (Jibrîl Al Haddâd)

12 Mars 2010, 10:38am

Publié par at-tawhid.net

Ce livre fut écrit par le fondateur de la secte anthropomorphiste des wahhabites et est truffé d'erreurs, de mécréance, d'associationnisme et d'hérésies en tout genre. Ce livre n'avait jamais connu une once de popularité jusqu'à ce que surgissent les financements saoudiens et la propagande acharné des disciples de la secte wahhabite, il est même devenu en quelques décennies un livre de référence en matière de tawhîd auprès des gens du commun. De nos jours, ce livre est même vendu dans la quasi totalité des librairies et des sites internet par des vendeurs peu scrupuleux, préférant le chiffre d'affaire à la préservation de la vérité et de la Sunnah, ou bien encore par des libraires ignorant totalement la science du tawhîd. Nous nous devons donc de prévenir chaque Musulman et chaque Musulmane que ce livre devenu si populaire auprès des gens du commun est un ouvrage de très mauvaise qualité qui contredit sur de trop nombreux points la croyance des Ahl Us Sunnah.

 

Voici pour illustration d'une partie de nos propos la critique du soit disant livre du tawhîd de la part du Shaykh Al Hâjj Jibrîl Al Haddâd :

 

Le livre de Muhammad Ibn 'Abd Il Wahhâb, « inélégant…contenant l'acceptable et l'inacceptable » selon l'élève de Ash Shawkânî : Siddîq Hasan Khân Al Qinnawjî, Al Kitâb Ut Tawhîd, a été promu de par le pouvoir de la libre distribution et du "dumping" sur le marché du livre au rang de classique alors qu'il est en fait truffé de citations étranges et d'erreurs doctrinales telles que celles-ci :

  • Qualifier les Ash'arites de « négateurs des Attributs Divins » (mu'attilah) [Chapitres 2 et 16].

     

  • Déclarer que le shirk mineur est une partie intégrante du shirk majeur [Chapitre 6].

     

  • Mépriser la compréhension du tawhîd de « l'élite des gens d'aujourd'hui » [Chapitre 15].

     

  • Déclarer que Abû Jahl connaît « Lâ ilâha illa Llâh » mieux que les savants Musulmans [Chapitre 18].

     

  • Attribuer le début du shirk aux actes des gens de science et de religion, à cause de leur amour pour les saints (les véridiques). [Chapitre 19].

     

  • Interpréter à tort le hadîth « Ne faites pas de ma tombe une idole » comme signifiant : « ne priez même pas à proximité » alors que le sens accepté [par les savants] est : ne priez pas dans sa direction ni dessus [Chapitre 20].


    L'auteur [du Kitâb Ut Taw
    hîd] se permet même d'ajouter : « les compagnons n'étaient pas censés construire une mosquée sur la tombe du Prophète »

  • Citer le hadîth : « Quand le Messager d'Allâh (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) envoya Mu'âdh (qu'Allâh l'agrée) au Yamân il lui dit : « Tu rencontreras les Gens du Livre, appelle les donc en tout premier lieu à attester qu'il n'y a pas de Dieu excepté Allah » », en omettant la parole « et que je suis le Messager d'Allah (exalté soit-Il) », alors que cette phrase est rapportée par la totalité des Maîtres du hadîth excepté un (Al Bahyaqî) [Chapitre 5].

  • Présenter à tort une narration singulière (ghârib) comme remontant au Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) par Târiq Ibn Shihâb alors que c'est une narration mawqûf (d'un compagnon) des mots même de Salmân Al Fârisî rapporté par Târiq [Chapitre 10].

     

  • Cette boulette est due au fait que Ibn 'Abd Ul Wahhâb a imité la déclaration erronée à ce propos de Ibn Al Qayyîm dans Al Jawâb Ul Kâfî (p.21) sans vérifier les sources où se trouvait ce récit, comme Az Zuhd de Ibn Abî 'Âsim, Al Hilyah d'Abû Nu'aym, et Al Kifâyah de Al Khatîb.

     

  • Pire encore, Ibn 'Abd Il Wahhâb attribue la narration à Ahmad, ce qui signifie dans la terminologie du hadîth Al Musnad de l'Imâm Ahmad Ibn Hanbal. Or, ce récit ne se trouve dans aucun des ouvrages de l'Imâm Ahmad, que ce soit le Musnad, Az Zuhd, ou d'autres. Il est vrai que la chaîne de transmission passe par Ahmad, mais lui attribuer le rapport de ce récit est une tromperie.

     

  • Citer une autre hadîth faible qu'un Compagnon aurait dit : « Allons tous chercher le secours du Messager d'Allâh (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) (qûmû binâ nastaghîthu bi Rasûli Llâh) contre cet hypocrite ('Abd Allâh Ibn Ubay Ibn Salûl qui a défié Abû Bakr de demander au Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) d'accomplir un miracle majeur) » alors que le Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) répondit : « L'aide ne se cherche pas auprès de moi mais seulement auprès d'Allâh (Innahu lâ yustaghâthu bî innamâ yustaghâthu bi Llâh). » ; Ibn 'Abd Il Wahhâb l'attribue à At Tabarânî. [Chapitre 10].

     

Premièrement, les formulations « nastaghîthu bi Rasûli Llâh » et « Innahu lâ yustaghâthu bî innamâ yustaghâthu bi Llâh » ne se trouvent dans aucun livre de hadîth et elles n'ont pas de chaîne de transmission ! La référence à At Tabarânî montre l'imitation aveugle de la référence incorrecte d'Ibn Taymiyyah de ces paroles au Al Mu'jam Ul Kabîr de At Tabarânî dans Ar Radd 'Ala Al Bakrî et dans Majmu' Ul Fatâwâ.

Deuxièmement, la formulation correcte trouvée dans le Tabaqât d'Ibn Sa'd, Al Musnad, et Al Jâmi' Us Saghîr est que Abû Bakr a dit : « Dressons nous et allons chercher le Messager d'Allah pour chercher de l'aide (qûmû nastaghîthu ilâ rasûlillah) contre cet hypocrite » suite à quoi le Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) répondit : « Ce n'est pas pour moi qu'il faut s'élever mais uniquement pour Allah - Lâ yuqâmu lî innamâ yuqâmu li Llâh. » Donc la réponse du Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) ne concerne pas le moyen mais la motivation et le but des compagnons à se dresser contre l'hypocrite. Ceci est confirmé par un autre récit dans lequel 'Umar demande la permission de tuer 'Abdu Llâh Ibn Ubayy Ibn Salûl, à quoi le Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) répliqua : « Laisse le sinon les gens dirons que Muhammad tue ses compagnons. »

Troisièmement, la chaîne de transmission de « Lâ yuqâmu lî innamâ yuqâmu li Llâh » contient un narrateur inconnu en plus de 'Abdu Llâh Ibn Lahî qui est considéré comme faible, comme ceci est indiqué par Al Haythamî dans Majmu' Uz Zawâ°id (8:40), donc ce récit est faible et inapte à servir de base dans les questions de croyance !

Quatrièmement le récit ne se trouve pas ailleurs que dans de très peu nombreuses compilations de ahâdîth et est interminable et plutôt improbable dans sa formulation complète, c'est pourquoi Ibn Kathîr le considère comme « extrêmement étrange » (gharib jiddan) dans son Tafsîr.

Cinquièmement, le compagnon en question est Abû Bakr (qu'Allâh l'agrée) ce qui serait en soi - si le récit était authentique - que l'istighâthah du Prophète ne peut pas être du shirk étant donné que Abû Bakr était le plus savant et le plus strict des Compagnons sur le tawhîd !
Sixièmement, le sens de la correction personnelle impliquée par la phrase de Abû Bakr et la réponse du Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) sont confirmés par les mots extraordinaires qu'Abû Bakr a dit à Rabî'a Al Aslamî - la servante du Prophète - qu'il regrettait d'avoir insulté : « Tu vas m'insulter en retour (en juste rétribution) sinon j'irai chercher l'aide du Messager d'Allah contre toi ! »

  • Dire texto : « Les mécréants qui connaissent leur mécréance sont mieux guidés que les croyants - innal kuffâr al ladhîna ya'rifûna kufrahum ahdâ sabîlan min al mu°minîn » [Chapitre 23].

     

  • Dire : « Parmi les polythéistes il y en a qui aiment Allâh avec un amour intense » [Chapitre 31].

     

  • Dire : « Le Musulman a été appelé un adorateur du dinar et du dirham » [Chapitre 37].

     

  • Montrer un mépris non dissimulé à l'égard des saints, des savant et des croyants en général : « Les conditions se sont dégradées au point où, pour beaucoup, l'adoration des moines est la meilleur des actions et est appelée « sainteté » (wilâyah), alors que l'adoration des docteurs de la Loi est appelé « science » et « jurisprudence ». Alors les conditions se sont dégradées encore plus, jusqu'à ce que ce ne soit même plus des saints qui sont adorés à la place d'Allah, et, en second lieu, ceux qui étaient ignorants. » [Chapitre 38].

     

  • Dire que : « les deux opposés (foi et mécréance) peuvent cohabiter dans un seul cœur » [Chapitre 41], ceci en contradiction avec le verset qui dit « Allâh n'a donné à aucun homme d'avoir deux cœurs dans sa poitrine ». Ceci - ainsi que les 4 concepts précédents - est fondamental pour comprendre la propagation par les Wahhâbites de la suspicion mutuelle entre les Musulmans.

     

  • Comparer le poème « Al Burdah » au fait de donner un égal à Allah (qu'Il soit exalté) [Chapitre 44].

     

  • Assimiler le titre islamique de « Qâdî Ul Qudât » (Juge en chef), au titre interdit de « Shâhân Shâh » (Roi des rois) [Chapitre 46].

     

  • Citer Ibn Hazm pour expliquer un verset coranique sur la croyance alors qu'ils considèrent qu'Ibn Hazm est un Jahmite dans le domaine de la croyance. (4) [Chapitre 50].

     

  • Attribuer l'associationnisme aux Prophètes (en l'occurrence Âdam et Hawâ, que La Paix soit sur eux) « dans le principe mais pas en réalité » [Chapitre 50].

     

  • Déclarer qu'il est explicitement dit qu'Allâh a deux mains : la droite tient le ciel et l'autre tient la terre, et cette autre [qui tiendrai la terre] est clairement nommée « la main gauche » [Chapitre 67].

     


« Innâ li Llâhi wa innâ Ilayhi râji'ûn - A Allâh nous appartenons et vers Lui nous retournerons. »

 

Fin de citation.


Précisons que la critique du Shaykh Jibrîl Al Haddâd n'est qu'un condensé, un aperçu de tout l'égarement contenu dans ce livre dont le titre accrocheur et la propagande wahhâbite ont pu envouter bon nombre de novices. Nous déconseillons ce livre où l'égarement côtoie la vérité et où peu de personnes saurait faire la part des choses. Le tawhîd est une science claire, vaste mais simple, se compliquer la vie à faire le tri dans un ouvrage alors qu'il existe plusieurs livres de qualités exposant la croyance des Sunnites serait de plus une perte de temps pour quiconque recherche la vérité. Comme l'a dit Ash Shaykh Siddîq Hasan Khân Al Qinnawjî, ce livre est « inélégant…contenant l'acceptable et l'inacceptable ».


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