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Asbagh Ibn Al Faraj Al Misrî - أصبغ ابن الفرج المصري (m.224 ou 225)

8 Mars 2012, 23:01pm

Publié par at-tawhid.net

 

Al Imâm Shams Ud Dîn Ibn Khallikân (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit de lui : « Abû 'Abdi Llâh Asbagh Ibn Al Faraj Ibn Sa'îd Ibn Nâfi' était un savant malikite originaire d’Égypte qui étudia auprès de Ibn Al Qâsim, Ibn Wahb et Ash-hab. » [Wafayât Ul A'yân].

 

Al Imâm Abû 'Umar Al Kindî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit aussi : « Il naquit après 150 […] Il était un client (descendant d'esclave affranchi) originaire d’Égypte. C'est ce que disait Asbagh mais de nombreux égyptiens ne lui connaissent pas une origine esclave. Sa kunya était Abû 'Abdi Llâh. Il vivait à Fustât. » [Kitâb Ul Wulât]. Shams Ud Dîn Ibn Khallikân (qu'Allâh lui fasse miséricorde) mentionna également son clientélisme en disant : « Son ancêtre Nâfi' était un esclave affranchi de 'Abd Ul 'Azîz Ibn Marwân Ibn Al Hakam, le gouverneur Umayyade d’Égypte. » [Wafayât Ul A'yân].

 

Dans sa jeunesse, il apprit notamment auprès des Imâms Ad Darawardî, Ibn Sam'ân, Yahyâ Ibn Salâm et 'Abd Ur Rahmân Ibn Zayd Ibn Aslam (qu'Allâh lui fasse miséricorde). Il voyagea ensuite vers Médine dans le but d'apprendre auprès de l'Imâm Mâlik mais il arriva le jour où l'Imâm Mâlik mourut (qu'Allâh l'agrée).

 

Al Qâdî 'Iyâd Al Yahsubî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) rapporta cet événement décrit par l'Imâm Asbagh Ibn Al Faraj lui-même qui a dit : « Je suis allé à Médine en 197 afin d'apprendre de Mâlik. Je suis entré dans Médine et j'ai alors trouvé les gens qui pleuraient ou en train de dire : « C'est à Allâh que nous appartenons et c'est vers Lui que nous retournerons - Inna li Llâhi wa inna Ilayhi râji'ûn », ou bien encore qui frappaient leurs mains ou étaient en deuil. J'ai alors demandé à l'un d'entre eux : « Quel est le problème de ces gens ? » Personne ne me répondait et à chaque fois que je rencontrais un groupe, je l'interrogeais, ceci jusqu'à ce qu'un homme qui était voilé et assis eut remarqué mon état et me dit : « Je vois que vous êtes étranger » Je lui répondit : « Oui, je viens juste d'arriver. » Il me dit alors : « Aujourd'hui, l'homme qui possédait le savoir de l'Orient et de l'Occident est mort. » Je lui dit : « Qu'Allâh lui fasse miséricorde ! De qui s'agit-il ? » Il me répondit : « Je vois que vous êtes bien peu renseigné. Je viens de vous dire que l'homme qui possédait le savoir de l'Orient et de l'Occident vient de mourir et vous me dites « de qui s'agit-il ? » ? » Il dit ensuite : « Soyez bien calme. » Puis il me regarda une fois que j'eus été calme et me dit alors : « Mâlik Ibn Anas est mort. » Je m'écriais : « Mâlik Ibn Anas est mort ! » Je me suis rendu ensuite chez lui avec les gens et il était bien décédé ce jour-là. Puis j'ai assisté à ses funérailles... » [Tartîb Ul Madârik].

 

Ne pouvant apprendre auprès de l'Imâm Mâlik (qu'Allâh l'agrée), il tint alors compagnie à ses disciples Ibn Al Qâsim, Ash-hab et Ibn Wahb. Il les écoutait et apprit le fiqh d'eux jusqu'à devenir un immense savant du Madh-hab Mâlikî. Il avait une énorme connaissance des paroles de l'Imâm Mâlik Ibn Anas. Al Hâfiz Yahyâ Ibn Mu'în (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a d'ailleurs dit : « Il était l'un des plus savant concernant les avis de Mâlik parmi toute la création d'Allâh. Pour chaque question, il savait ce que Mâlik avait dit la concernant et qui était en désaccord avec lui sur cela. » [Adh Dhahabî – Siyar A'lam Un Nubalâ°].

 

Il était notamment très proche de l'Imâm 'Abdu Llâh Ibn Wahb (qu'Allâh lui fasse miséricorde). Al Qâdî 'Iyâd a dit sur sa relation avec lui : « Abû Ahmad Al Jurjânî a dit : « Il était le scribe de Ibn Wahb. » Et Al Lalikâ°î a dit : « Il fut son copiste et il le considérait comme faisant partie de l'élite parmi les gens. ». » [Tartîb Ul Madârik].

 

Il rapporta également de nombreux ahâdîth et les Imâms Ad Dihlî, Al Bukhârî, Ya'qûb Ibn Sufyân, Muhammad Ibn Asad Al Khassânî, Ibn Zanjawah, Ibn Waddah, Abû Hâtim Ar Râzî et Sa'îd Ibn Al Hasan rapportèrent de lui. Et Al Imâm Ibn Habîb (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit : « Asbagh était celui qui connaissait le mieux le fiqh parmi les gens d'Égypte. Ibn Al Mawwâz, Ibn Habîb, Abû Zayd Al Qurtubî, Al Barqî, Ibn Muzayn, 'Abd Ul A'lâ Al Qurtubî et bien d'autres apprirent le fiqh auprès de lui. » [Al Qâdî 'Iyâd– Tartîb Ul Madârik].

 

Son rang était éminent et il était grandement apprécié de ses contemporains. Al Qâdî 'Iyâd (qu'Allâh lui fasse miséricorde) rapporta un certains nombres d'éloges à son sujet dans son Tartîb Ul Madârik dont voici quelques unes :

 

Ibn Al Qâsim a dit : « Asbagh est accepté dans la transmission. »

 

Ibn Wahb disait : « Si cela n'était pas une innovation, ô Asbagh, nous vous consacrerions au même titre que les rois adoubaient leurs chevaliers. »

 

Lorsque l'on demanda à l'Imâm Ash-hab : « Qui devrons-nous suivre après toi ? » Il répondit : « Asbagh Ibn Al Faraj ! »

 

Abû Hâtim Ar Râzî a dit : « Il était plus grand que Ibn Wahb et plus véridique. »

 

Ibn Hârith a dit : « Il était talentueux en fiqh, issu d'une famille de juristes, audacieux dans son langage et bon dans ses analogies. Il était l'une des personnes possédant le plus de savoir parmi sa génération et parmi les examinateurs (al muhaqqiqîn). Il donnait également des leçons de fondements de la jurisprudence (°usûl ul fiqh). »

 

Ahmad Ibn Sâlih Al Kûfî a dit : « Il était thiqah, un maître de la Sunnah. »

 

Ibn Al Lubbâd a dit : « La voie menant au fiqh me fut ouverte uniquement par les principes fondamentaux de Asbagh. »

 

Ibn Ghâlib a dit : « Quand j'ai quitté Al Andalus, Asbagh était à mon avis le plus grand des hommes de son temps, étant donné la vénération que nos maîtres avaient pour lui. »

 

Al Muzânî et Ar Rabî' disaient : « Nous avions l'habitude de fréquenter Asbagh avant que Ash Shâfi'î ne vienne. Nous lui disions : « Enseigne-nous ce que Allâh t'a appris ! ». »

 

Al Qâdî 'Iyâd Al Yahsubî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) rapporta aussi :

 

« Abû Bakr Ibn Asbagh a dit :

 

« Mon père a dit : « Un jour, Ibn Al Qâsim a pris ma main et m'a dit : « Asbagh. Aujourd'hui, vous et moi sommes égaux dans cette affaire. Ne m'interrogez plus sur ces questions complexes en présence des gens, mais seulement lorsque nous serions rien que vous et moi, ceci afin que je puisse examiner le sujet et que vous puissiez également l'examiner. ». »

 

Il a dit aussi : « Un parchemin lui était parvenu en provenance de Al Andalus ou du Maghrib. Il y avait des questions qui lui étaient posées. Il me dit alors : « Réponds-y et apporte moi les réponses. », et il dit la même chose à 'Îsâ Ibn Dinâr. Nous avons ensuite apporté les réponses et les lui avons lu. Il prit alors ma réponse, la cacheta et la donna au messager, puis dit : « Dites-leur que ceci est ma réponse ! » Et il ne changea rien du tout. ». ». » [Tartîb Ul Madârik].

 

Et Al Imâm Shams Ud Dîn Ibn Khallikân (qu'Allâh lui fasse miséricorde) rapporta également : « 'Abd Ul Mâlik Ibn Al Mâjishûn a dit : « L'Égypte n'a jamais produit quelqu'un comme Asbagh. » Et lorsqu'on lui demanda si ce n'était exception faite de Ibn Al Qâsim, il répondit : « Même pas Ibn Al Qâsim ! ». » [Wafayât Ul A'yân].

 

Et concernant ses ouvrages, Al Qâdî 'Iyâd (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit : « Asbagh écrivit d'excellents livres comme le Kitâb Ul °Usûl en 10 volumes, Tafsîr Gharîb Il Muwattâ°, Kitâb Ul Adâb Is Siyâm, un livre sur ses auditions de Ibn Al Qâsim en 22 volumes, Kitâb Ul Muzâra'ah, Kitâb Ul Adâb Il Qudâ ou encore Ar Radd 'Alâ Ahl Il Ahwâ. » [Tartîb Ul Madârik].

 

Voici donc qui était l'Imâm Asbagh Ibn Al Faraj Al Misrî (qu'Allâh lui lui fasse miséricorde). Allâh (qu'Il soit exalté) le rappela à Lui en 225 de l'Hégire. Al Qâdî 'Iyâd Al Yahsubî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit à ce propos : « Asbagh mourut en Égypte en 225. Ibn Sahnûn a dit : « Ce fut le Dimanche 25 Shawwal. » Al Kindî a dit la même chose. Abû An Nasr Al Kalâbâdhî a dit quant à lui qu'il mourut en 224. » [Tartîb Ul Madârik].

 

Qu'Allâh fasse miséricorde à ce pilier du Madh-hab Mâlikî ainsi qu'à l'ensemble de ses maîtres, et qu'Allâh (L'Exalté) leur accorde le Firdaws Ul A'lâ. Allâhumma Âmîn.

 

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