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Avoir trop de livres et de méthodologies est un obstacle pour s'instruire (Ibn Khaldûn)

8 Avril 2013, 23:30pm

Publié par at-tawhid.net

Al Imâm 'Abd Ur Rahmân Ibn Khaldûn Al Hadramî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit :

 

« Parmi les causes qui nuisent à la recherche de la science et qui empêchent de l'approfondir, il faut citer le trop grand nombre d'ouvrages, les trop différentes terminologies en usage scolaire et les méthodes trop nombreuses. L'étudiant doit être au fait de tout cela s'il veut qu'on le considère comme un savant accompli. Il lui faut avoir lu tous les livres [de sa spécialité], ou presque tous, et avoir bien examiné leurs méthodes. Or, toute une vie ne lui suffirait pas pour connaître la littérature concernant une seule discipline, même s'il y consacrait tout son temps. Il ne pourra donc jamais se dire un savant digne de ce nom [tant qu'on lui impose cela]. Prenez, par exemple, le madh-hab mâlikî, avec la Mudawwanah [de Sahnûn], ses commentaires, comme ceux de Ibn Yûnus, Al Lakhmî ou Ibn Bashîr, ainsi que les précis et les annotations. Ou encore, voyez Al 'Utbiyyah, soeur jumelle [de la Mudawwanah], et son commentaire réalisé par Ibn Rushd Al Hafîd sous le titre de Al Bayân Wa At Tahsîl, ou bien le traité de Ibn Al Hâjib et ses commentaires. L'étudiant doit, en outre, pouvoir distinguer l'école [mâlikite] de Qayrawân (Kairouan) et celle de Qurtubah (Cordoue), celle de Baghdâd et celle de Al Qâhirah (Le Caire), sans parler des écoles postérieures. S'il ne connaît pas tout cela, on ne le tiendra jamais pour capable de donner la fatwâ.

 

Au fond, il ne s'agit que de variations sur un seul thème. Mais l'étudiant doit toutes les connaître et pouvoir les distinguer. Pourtant, il pourrait consacrer toute une vie à une seule d'entre elles. Si les maîtres et leurs élèves se bornaient à l'examen des problèmes de [leur école respective], la tâche serait bien plus facile et l'enseignement plus simple et plus accessible. Mais le mal est tellement enraciné, par suite de mauvaises habitudes, qu'il est inguérissable : c'est devenu quelque chose de naturel, qu'on ne peut plus faire disparaître ni changer. »

 

Fin de citation.

 

Source : Al Muqaddimah de l'Imâm 'Abd Ur Rahmân Ibn Khaldûn Al Hadramî (qu'Allâh lui fasse miséricorde).

 

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