at-tawhid.net

Ce qu'il est permis de faire dans le domaine du jeûne (Khalîl Ibn Ishâq, Mâlik Ibn Anas, Al Bukhârî...)

20 Juin 2012, 05:40am

Publié par at-tawhid.net

Al Imâm Khalîl Ibn Ishâq Al Jundî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit :

 

« Il est permis :

 

* de se curer les dents, quel que soit le moment de la joumée, 

* de se rincer la bouche à cause de la soif, 

* de se réveiller le matin en état d'impureté rituelle majeure, 

* de pratiquer un jeûne continuel, 

* de jeûner exclusivement le jour du vendredi, 

* de rompre le jeûne :

 

  1. pendant un voyage - qui permet le fait de raccourcir le nombre de rak'ât - qu'on a commencé avant l'aube et sans avoir eu l'intention d'y jeûner. [Si ces deux conditions ne sont pas remplies et que l'on s'obstine tout de même à ne pas jeûner durant le Ramadân], on doit observer un jeûne compensatoire (il y a divergence au sein du Madh-hab Mâlikî lorsqu'il s'agit d'un jeûne surérogatoire), sans toutefois qu'il y ait à faire une expiation, sauf si on s'est proposé de jeûner le Ramadân pendant le voyage [et qu'on renonce à cela en cours de route]. De même, on doit observer une expiation si on rompt le jeûne après la fin du voyage [alors que le soleil n'est toujours pas couché] ;
  2. à cause d'une maladie dont on craint une aggravation de notre état [si l'on jeûne] ou bien un retard de guérison. » [Al Mukhtasar].


Concernant la permission de se curer les dents avec un siwâk, Al Imâm Al Bukhârî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) rapporta dans son Sahîh que Sayyidunâ 'Âmir Ibn Rabî'ah (qu'Allâh l'agrée) a dit : « J’ai vu le Prophète se frotter les dents avec le siwâk bien qu’il fût en état de jeûne, et cela un nombre considérable et incalculable de fois. » On fera cependant attention à ne pas avaler d'éventuels morceaux de siwâk qui se seraient détachés.

 

Concernant la permission de se rincer la bouche, même pour enlever la sensation de soif, Al Imâm Abû Dâwud (qu'Allâh lui fasse miséricorde) rapporta dans ses Sunan que Sayyidunâ 'Umar Ibn Al Khattâb (qu'Allâh l'agrée) a dit : « Prie de joie, je donnai un jour un baiser pendant le jeûne. Je me rendis auprès du Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) et lui dis : « J'ai fait, aujourd'hui, une chose très grave : j'ai donné un baiser en jeûnant. " Le Messager d'Allâh (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) me demanda alors : « Si tu t'étais rincé la bouche au cours de ton jeûne, qu'en serait-il selon toi ? » Je répondis : « Il n'y aurait pas de mal à cela. », il me dit alors : « Alors en quoi y aurait-il ici quelque chose [de mal] ? ». » 

 

Concernant la validité du jour jeûné alors que la personne se lève après l'aube en état d'impureté rituelle majeure, Al Imâm Mâlik Ibn Anas (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit : « Abû Bakr Ibn 'Abd Ir Rahmân a rapporté que 'Âïshah et Ummu Salamah, les femmes du Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui), ont dit :  « Il arrivait au Messager d'Allâh (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) d'être en état d'impureté rituelle le matin à la suite de rapports charnels [nocturnes] et de quand même jeûner ce jour. ». » [Al Muwattâ°].

 

Concernant la permission de pratiquer un jeûne continuel, Al Imâm Mâlik Ibn Anas (qu'Allâh lui fasse miséricorde) rapporta qu'il entendit les savants de Médine dirent : « Il n'y a pas de mal à jeûner continuellement à condition d'éviter les jours dont le jeûne est interdit par le Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui), à savoir les jours de Mina (3 jours après le sacrifice), les jours de Al Fitr (rupture du jepune de Ramadân) et de Al Ad-hâ (commémoration du sacrifice demandé à Sayyidunâ Ibrâhîm). » [Al Muwattâ°].

 

Concernant la permission du jeûne du seul jour du vendredi, Al Imâm Mâlik Ibn Anas (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit : « Je n'ai jamais entendu quiconque parmi les hommes de science, ni ceux qui sont instruits, ni ceux que l'on suit, interdire le jeûne du vendredi. D'ailleurs, son jeûne est bénéfique, j'ai même vu quelques-uns le recherche de façon sélective. » [Al Muwattâ°].

 

Et concernant la permission de rompre le jeûne en cas de maladie ou de voyage, Al Imâm Mâlik Ibn Anas (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit : « Ce que j'ai entendu dire des hommes versés dans la religion concernant celui qui est atteint d'une maladie à tel point que son jeûne lui parait trop pénible et le fatigue, jusqu'à même rendre son état insupportable, c'est qu'il peut suspendre son jeûne. Il en est de même pour le made qui ne peut pas faire ses prières debout, et Allâh connaît mieux que quiconque son état et la gravité de sa maladie. Par conséquent, il peut prier tout en étant assis car la religion d'Allâh est là pour faciliter les choses. D'autres part, Allâh a permis au voyageur de manquer son jeûne bien qu'il soit plus capable de jeûner que le malade. Allâh (qu'Il soit exalté) dit dans Son Livre : « Celui d'entre vous qui, malade ou en voyage, aura été empêché de l'observer devra jeûner plus tard un nombre de jours équivalant à celui des jours de rupture » [Sourate 2 - Verset 184]. Allâh a donc toléré la rupture du jeûne pour le voyageur, bien qu'il soit beaucoup plus apte que le malade. C'est ce que j'ai entendu de mieux à ce sujet et ce qui est traditionnellement suivi [à Médine]. » [Al Muwattâ°]. Il a dit aussi (qu'Allâh lui fasse miséricorde) : « Celui qui, étant en voyage et sait qu'il sera rentré chez lui le premier du mois de Ramadân, et que l'aube le surprend avant qu'il ne soit finalement rentré chez lui, devra quand même rentrer chez lui en jeûnant. Quant à celui qui compte voyager durant le mois de Ramadân et que l'aube apparaît alors qu'il est toujours chez lui devra jeûner ce jour [même s'il voyage durant ce jour par la suite]. » [Al Muwattâ°].

 

Al Imâm Mâlik Ibn Anas (qu'Allâh lui fasse miséricorde) précisa également : « Si au cours du mois de Ramadân celui qui rentre de voyage alors qu'il ne jeûne pas et voit que sa femme est dans la même situation (c'est-à-dire qu'elle ne jeûne pas) suite à la cessation de ses menstrues [en pleine journée], pourra, s'il le souhaite, avoir des rapports sexuels avec elle. » [Al Muwattâ°].

 

Tels sont les actes permis du jeûne selon le Madh-hab Mâlikî.

 

Wa Llâhu a'lam.


Commenter cet article