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Commentaires de versets ambigus à caractère littéral anthropomorphique par l'Imâm Ul Haramayn Al Juwaynî

12 Septembre 2010, 17:05pm

Publié par at-tawhid.net

 

Al Imâm Ul Haramayn Abul Ma'âlî Al Juwaynî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit dans son Kitâb Ul Irshâd : « Notre intention n'était pas de parler des significations apparentes [des textes sacrés], mais puisque l'occasion s'en présente, nous allons signaler quelques-unes de ces significations dans le Qur°ân et la Sunnah, significations auxquelles les hashwiyyah, méprisables corporéistes, s'y attachent avec acharnement. »

 

Voici une sélection de commentaires de l'Imâm Ul Haramayn (qu'Allâh lui fasse miséricorde) sur quelques versets ambigus :

 

* Sûrah 24 – Âyah 35 : « Allâh est La lumière des cieux et de la terre […] »

 

Al Juwaynî : « On dit que cela signifie qu'Allâh est Celui qui guide les habitants des cieux et de la terre. Aucun Musulman ne pense qu'il soit permis de dire que la lumière [physique] des cieux et de la terre soit Allâh Lui-Même. Dans ce verset, l'intention est de s'exprimer par ds métaphores. Le verset est comme ça dans son intégralité, et la suite montre clairement la véracité de ce que nous affirmons, car le verset se termine par : « Allâh propose des paraboles aux hommes ». »

 

* Sûrah 39 – Âyah 56 : « Et avant que l'âme ne soit réduite à s'écrier : « Quel malheur d'avoir si été si négligente envers Allâh et d'avoir été parmi les railleurs ! ». » / littéralement : « Et avant que l'âme ne soit réduite à s'écrier : « Quel malheur d'avoir si été si négligente envers le côté d'Allâh (janbi Llâh) et d'avoir été parmi les railleurs ! ». »

 

Al Juwaynî : « Le sens de ce verset ne peut offrir de difficulté qu'à un ignorant sans expérience. Étant donné le contexte de ce passage du Qur°ân, on ne peut pas prendre le terme « janb »dans le sens d'une partie du corps, tout en parlant d'une négligence à Son égard. Ce terme ne peut donc être pris que dans le sens des aspects et des raisons d'un commandement d'Allâh. D'ailleurs, le terme « janb » s'emploie aussi dans le sens de « janâb - dignité » et de « dara° - protection ». On dit qu'untel est sous la protection (ri°aya) d'untel, et s'abrite sous son influence (janb). Et ce que nous venons de dire n'est même pas une question d'interprétation [mais une question de linguistique], car nous savons avec certitude que le mot « janb - côté » lié à celui de « tafrit - négligence »ne peut pas être pris dans le sens d'une partie du corps. »

 

* Sûrah 54 – Âyah 14 : « Évoluant sous Nos yeux ('uyûn) […] »

 

Al Juwaynî : « Aucun homme de jugement sain n'a admis qu'Allâh eût des yeux. Le verset signifie : l'arche voguait sous nos yeux, [c'est-à-dire] dans un lieu entouré par Notre sauvegarde, Notre protection et de Notre surveillance. On dit aussi : « Untel est sous les yeux du roi et près de son oreille » quand il est sous sa protection et entouré de sa sollicitude. On a dit également que le mot « 'uyûn - yeux » dans ce verset désigne les sources (al 'uyûn) jaillis de la terre, et attribuées à Allâh en propriété. Ceci n'est pas invraisemblable. »

 

* Sûrah 55 – Âyah 27 : « [Seule] subsistera La face [wajh] de ton Seigneur, plein de majesté et de noblesse. »

 

Al Juwaynî :

 

« Il n'est pas possible d'entendre ici le visage dans le sens d'un Attribut, puisqu'aucun des Attributs d'Allâh n'a de durée spéciale après l'anéantissement des êtres créés. C'est Allâh qui durera avec Ses Attributs nécessaires. Le mieux est donc d'entendre le visage dans le sens de l'existence.

 

On a soutenu aussi qu'il faut comprendre le mot « wajh »dans le sens de discrétion (jiha) par laquelle on cherche à se rapprocher d'Allâh. On dit : « J'ai fait cela pour la face (ou visage) d'Allâh », c'est-à-dire en vue d'obéir aux ordres d'Allâh. Le verset signifie donc que tout ce qui n'est pas fait en vue d'Allâh demeure inefficace.

 

Ceux de nos partisans qui affirment ces Attributs, suivant le sens apparent des versets ci-dessus, sont conduits forcément à ranger au nombre des Attributs le fait de siéger, de venir, de descendre, d'avoir un côté, conformément à la signification apparente de ces termes. Or, si l'interprétation allégorique est permise sur des points universellement admis, elle est également permise sur les points dont nous venons de parler. »

 

* Sûrah 68 – Âyah 42 : « Le jour où ils subiront une grande frayeur » / littéralement : « Le jour où la jambe (sâq) sera dévoilée »

 

Al Juwaynî : « Le sens de ce verset est d'annoncer les terreurs du jour de la résurrection, la violence des épreuves qu'on y subira et les chaînes dans lesquelles seront jetés les pécheurs. Quand la guerre sévit avec violence, que les cœurs s'enflamment de colère, que les yeux lancent de la haine, que les nez se relèvent [par orgueil] et que les combattants redoublent d'acharnement, ont dit alors : « La guerre s'est dressée sur sa jambe ». Aucun homme sain d'esprit ne peut s'imaginer le mot « sâq »désigne ici le membre du corps qui porte ce nom (la jambe). »

 

* Sûrah 89 – Âyah 22 : « Lorsque ton Seigneur viendra, ainsi que les Anges rang par rang »

 

Al Juwaynî : « Ici, l'action de venir ne signifie pas qu'Allâh se déplace et qu'Il passe d'un endroit à un autre. Le passage « ton Seigneur viendra » signifie que l'ordre de ton Seigneur, Sa décision définitive, Son jugement équitable, ont été rendus (sont arrivés). Il est d'usage courant d'énoncer un ordre par [le nom de] celui qui ordonne, dans une pensée de respect à son égard. Ont dit par exemple : « Quand vient le prince, tout autre disparaît. » On entend par là non pas que le prince s'est déplacé, mais que ses ordres et ses prohibitions sont venues à exécution. »

 

Et Al Imâm Ul Haramayn Al Juwaynî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) termina ses commentaires par ce conseil :

 

« Du moment qu'un vaste champ est laissé à l'interprétation allégorique et que la possibilité en est très étendue, il n'y a aucune raison d'attribuer à un verset un sens qui entraîne l'admission des marques de contingence [à Allâh].

 

Un des moyens qu'il faut avoir soin d'employer, c'est d'opposer aux hashwiyyah (anthropomorphistes) les versets dont ils admettent comme nous l'interprétation allégorique, de manière à leur appliquer leur propre méthode quand ils admettent l'interprétation sur un point controversé.

 

On peut, entre autres choses, leur opposer ce passage du Qur°ân : « Il est avec vous où que vous soyez » [Sûrah 57 – Âyah 4]. S'ils veulent l'entendre dans son sens apparent, cela détruit alors leur obstination à soutenir que siéger sur le trône signifie qu'il est sur le trône [ou bien au-dessus], et ils sont obligés d'admettre des inepties que nul homme sensé ne saurait accepter. Si au contraire ils entendent ce verset : « […] Il n'y a point d'entretien secret entre trois personnes sans qu'Il ne soit Le quatrième, ni entre cinq personnes sans qu'Il ne soit Le sixième […] » [Sûrah 58 – Âyah 7] dans le sens qu'Allâh connaît tous les secrets, ils autorisent alors l'interprétation allégorique. »

 

Fin de la sélection issue du Kitâb Ul Irshâd de l'Imâm Ul Haramayn Abul Ma'âlî Al Juwaynî (qu'Allâh lui fasse miséricorde).

 

Al Muwahhidûn.

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