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Concernant le fait de faire une saignée ou une prise de sang pour le jeûneur (Ibn 'Abbâs , Al 'Ashmâwî, Mâlik Ibn Anas...)

2 Juin 2013, 02:19am

Publié par at-tawhid.net

Dans un premier temps, pratiquer la saignée annulait le jeûne. Il est ainsi rapporté par Ahmad, Abû Dâwud, An Nasâ'î et Ibn Mâjah que Sayyidunâ Shaddâd Ibn Aws (qu'Allâh l'agrée) a dit que, lors de l'année de la conquête de Makkah, le Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) était venu voir un homme au Baqî' qui posait des ventouses pendant le Ramadân, et qu'il dit : « Celui qui pratique la saignée (al hijâmah) et celui à qui ont les pose ont rompu leur jeûne. » Ce hadîth fut authentifié par Ibn Khuzaymah et Ibn Hibbân.

 

Ceci étant, Sayyidunâ 'Abdu Llâh Ibn 'Abbâs (qu'Allâh l'agrée ainsi que son père) a dit : « Le Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) pratiquait la saignée alors qu'il était en état de consécration pour le pèlerinage (al ihrâm). Il avait aussi pratiqué la saignée alors qu'il jeûnait. » [Al Bukhârî]. Et ce fait fut rapporté concernant la dernière année de vie du Messager d'Allâh, lors de son pèlerinage d'adieu.

 

Il apparaît donc clairement que dans un premier temps, le Messager d'Allâh (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) interdit la pratique de la saignée durant le jeûne suite aux difficultés que cette pratique peut entraîner, puis qu'il (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) l'autorisa finalement par miséricorde pour les gens qui en auraient besoin.

 

Ceci est également appuyé par ce qu'a rapporté et authentifié Al Imâm Abu-l-Hasan Ad Dâraqutnî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) qui rapporta que Sayyidunâ Anas Ibn Mâlik (qu'Allâh l'agrée) a dit : « La première interdiction de la saignée eue lieu lorsque Ja'far Ibn Abî Tâlib se faisait poser des ventouses. Le Prophète passa alors auprès de lui et dit : « Ces deux-là ont rompu leur jeûne. ». Puis le Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) autorisa finalement la saignée pour celui qui jeûne. »

 

Al Imâm Ahmad Ibn Hajar Al 'Asqalânî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) précisa : « Et Anas le faisait tout en jeûnant. » [Bulugh Ul Marâm].

 

C'est ainsi que le Shaykh 'Abd Ul Bârî° Al 'Ashmâwî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit : « Celui qui émet du liquide prostatique suite à un rêve ne verra pas son jeûne rompu, tout comme celui qui s'applique des ventouses, mais il est cependant déconseillé de pratiquer la hijâmah pour la personne malade qui craint un épuisement ou une sensation de faiblesse suite à cela. » [Muqaddimat Ul 'Ashmâwiyyah Fi-l-'Ibâdât].

 

Et Al Imâm Mâlik Ibn Anas (qu'Allâh l'agrée) a dit à ce sujet :

 

« Nâfi' a rapporté que 'Abdu Llâh Ibn 'Umar se laissait faire une saignée alors qu'il jeûnait. Par la suite, il cessa de le faire, et s'il jeûnait, il ne se faisait plus faire une saignée si ce n'est après la rupture du jeûne. »

 

Ibn Shihâb a rapporté que Sa'd Ibn Abî Waqqâs et 'Abdu Llâh Ibn 'Umar se laissaient faire une saignée alors qu'il étaient en train de jeûner.

 

Hishâm Ibn 'Urwah a rapporté que son père ['Urwah Ibn Az Zubayr Ibn Al 'Awwâm] se laissait faire une saignée tout en jeûnant et ne suspendait pas son jeûne à cause de cela. Il a dit ensuite : « Et je ne l'ai vu faire une saignée que pendant qu'il jeûnait. »

 

On désapprouve le fait de faire une saignée au jeûneur par crainte qu'il ne s'affaiblisse. Mis à part cette raison, elle n'est pas à interdire. Mais si un homme veut le faire sans que cela ne l'affaiblisse, il n'y a aucun mal à cela, et je ne trouve pas qu'il doive jeûner un autre jour, excepté le mois de Ramadân, car cette saignée est considéré comme une cause valable pour rompre le jeûne s'il s'avère qu'elle l'affaiblit. Donc celui qui veut faire une saignée tout en jeûnant, et compte [jeûner] jusqu'au soir, il n'y a aucun mal à cela et il n'aura pas à rattraper ce jour. » [Al Muwattâ°].

 

Et la même jurisprudence s'applique sur la prise de sang.

 

Et Allâh sait mieux ce qu'il en est.


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