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Lundi 25 octobre 2010 1 25 /10 /Oct /2010 15:08

Al Imâm Abu-l-Faraj Ibn Al Jawzî As Siddîqî Al Hanbalî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit :

 

« J'ai constaté que certains membres de l'école hanbalite ont pris des positions en matière de usûl qui sont inacceptables. Parmi eux nous trouvons : Abû 'Abdi Llah Ibn Hâmid, son disciple Al Qâdî [Abû Ya'lâ°], et Ibn Zaghûnî, qui ont détaillé leurs positions dans leurs écrits, leurs livres ayant couvert l'école de honte. Ils sont, de mon point de vue, descendus au niveau du commun des hommes (al 'awamm) en interprétant [les textes du Qur°ân et du hadîth pourtant sur] les Attributs Divins (as sifât) selon les exigences du sens premier (ou perceptif).

 

Dès lors, lorsqu'ils viennent à aborder l'idée qu'Allâh a créé Âdam à Son « image », ils concluent qu'Allâh a une forme avec un visage, qu'ils considèrent être un attribut ajouté à Son Essence, deux yeux, une bouche, une luette, des molaires, un front portant la marque de la prosternation, deux mains, des doigts - même l'auriculaire et le pouce -  une poitrine et une cuisse, deux jambes, deux pieds, mais ils ont ajouté : « Nous n'avons aucune connaissance de référence quant à l'existence d'une tête. »

 

Ils affirment également qu'Allâh peut toucher et être toucher et qu'une personne peut se rapprocher [physiquement] de l'Essence Divine. Certains d'entre eux disent même qu'Allâh respire. Ils enchantent les gens du commun en avançant des opinions qui contredisent les canons de la raison. Ayant adopté une interprétation littérale des Noms Divins et des Attributs (al asmâ° wa ssifât), ils appliquent le terme « attribut » à chacun d'eux sans distinction – et c'est une méthode innovée qui est basée sur aucune preuve (dalîl), ni même dans le domaine de la logique. Ils délaissent les textes qui découragent à la pratique de l'interprétation littérale au profit de l'usage des modes de représentations qui sont nécessaires à [l'Unicité et à la Transcendance] d'Allâhet qui [requièrent] la négation de ces références qui, quand prises de manière littérale, impliquent une origine dans le temps (et donc une contingence). Ils ne se satisfont pas à appeler cela « Attributs d'action » (sifat fi'l) mais insistent sur la désignation « d'Attribut d'Essence » (sifat dhât). Puis, après les avoir déclarés comme tels, ils refusent de les interpréter selon les conventions de l'usage littéraire, comme dans le cas de l'expression « main – yad » [d'Allâh] qui doit être prise dans le sens de Sa Puissance (qudrah) ou de bénédiction (ni'mah), [Son] « arrivée – maji' » ou « venue – ityan » comme Sa Bonté (birr) et Sa Bienveillance (lutf), ainsi que [Sa] « cuisse - sâq » qui devrait être comprise comme Sa Puissance (qudrah).

 

Mais ils disent plutôt : « Nous interprétons ce genre d'expressions de manière littérale ('alâ zâhir). »

 

Cependant, comme le sens littéral prend des caractéristiques humaines (nu'ut ul âdamiyyîn) comme point de référence, l'expression pourra être interprétée dans son sens concret, au sens littéral, uniquement quand cela est possible ; si cela n'est pas possible, alors il conviendra de l'interpréter dans un sens métaphorique. En réalité, ils se sont englués dans l'anthropomorphisme (at tashbîh), ceux qui les suivent n'étant que parmi la masse non-instruite (al 'awamm). 

 

Par conséquent, j'ai exposer les erreurs respectives de ceux qui suivent et de ceux qui sont suivis [en ces domaines]. Je dis à mes pairs hanbalites : Vous êtes partisans de l'Écriture et de la tradition, et votre distingué Imâm Ahmad Ibn Hanbal disait alors qu’il était fouetté [en raison de ses croyances] : « Comment puis-je dire ce qui n'a jamais été dit [auparavant] ? »

 

Soyez donc sur vos gardes de crainte d'introduire des doctrines hérétiques dans son enseignement ! [L'Imâm Ahmad] a-t-il seulement une fois débattu sur des sujets tels que la récitation (tilawah) et ce qui est récité (matluw), la lecture (qirâ°ah) et ce qui est lu (maqru°) ? Quelqu’un vous a-t-il déjà rapporté qu'il enseignait que l'istiwâ d'Allâh sur le Trône est un des Attributs d'Essence (sifat udh dhât) ou un Attribut d'Action (sifat ul fi'l) ? Sur quoi vous basez-vous pour vous aventurer dans de telles [discussions] ? Certains d'entre vous ont déclaré qu'une main doit être attribuée à Allâh en tant qu'Attribut ajouté à Son Essence, mais toutes ces affirmations sont en contradiction avec les normes établies et sont répugnantes pour ceux qui s'opposent à l'innovation (bid'ah)! 

 

Vous insistez sur le fait que les ahâdîth doivent être interprétées selon leur sens apparent, mais le sens littéral du terme « pied – qadam », [présumé être l'un des Attributs Divins] est « membre [du corps] – jariha » ! La seule méthode acceptable est de laisser [les mots de l'Écriture] tels qu’ils apparaissent dans le texte [sans les commenter]. Ils ont à être récité, mais sans aucun rajout.

 

Si vous aviez compris la différence entre les deux positions, vous ne seriez pas tombés dans l'erreur. Quand il est dit que 'Îsâ est un esprit d'Allâh (rûhu Llâh), les chrétiens maintiennent que cet esprit est un Attribut d'Allâh qui est entré en Maryam [et qu'ainsi 'Îsâ a une part de divinité].

 

De même, ceux qui affirment qu'Allâh est assis sur le Trône par Son Essence (bi dhâtihi) L'ont confiné au domaine des sens physiques. Il est essentiel qu'une attention considérable soit donnée à ce qui est établi pas les fondements de la raison, car c'est par ce moyen que nous savons que le Créateur [existe] et que nous pouvons Le déclarer Éternel. Usez donc de la raison pour exempter Allâh de tout cet anthropomorphisme et cette corporéité (tashbîh wa tajsîm) qui sont étrangères à Son Être, laissez les paroles du Prophète exactement telles que vous les trouvez, sans rien leur ajouter ni leur soustraire. 

 

Si vous aviez dit : « Nous nous contentons de les réciter [sans commenter] », aucun d'eux ne vous aurait censuré. C'est uniquement votre interprétation littérale qui est critiquable. Cessez d'attribuer à la doctrine de notre pieux prédécesseur (l'Imâm Ahmad) ce qu'il n'a jamais enseigné ! A la place, vous avez déversé la honte et le déshonneur sur le madh-hab [hanbalite], à tel point que la seule chose qui est aujourd'hui dite au sujet d'un hanbalite est qu'il est un anthropomorphiste corporéiste (mujassim). Mais en plus de cela vous avez embelli votre doctrine par une rigoureuse dévotion partisane de Yazîd [Ibn Mu'âwiyyah] alors même que vous savez pertinemment que le fondateur du madh-hab a permis le takfîr [de Yazîd]. Abû Muhammad At Tamîmî avait d'ailleurs pour habitude de dire de l'un de vos leaders, qu'il a porté une telle honte sur cette école, qu'elle ne saurait en être lavée [de vos erreurs] jusqu'au Jour de la Résurrection. 

 

Les erreurs des auteurs auxquels j'ai fait référence plus haut, tombent dans sept catégories :

 

(1) Ils prennent les textes scripturaires qui réfèrent seulement aux qualifications [d'Allâh] et les interprètent comme s'ils étaient des textes faisant référence à des Attributs. Cependant, on ne peut assigner le statut d'Attribut à toute chose imputée à Allâh [dans l'Ecriture]. Ainsi, lorsque le Qur°ân évoque la Parole d'Allâh : « J'ai insufflé Mon esprit (rûh) en [Âdam] », la référence à « l'esprit – rûh ». » ne doit pas ici être prise comme signifiant qu'Allâh possède un Attribut de ce nom. En effet, ceux qui font d'une simple qualification un Attribut sont sortis de la pratique normative.

 

(2) Ils disent que la signification des paroles du Prophète qui sont parmi les paroles ambiguës (mutashâbihât) n'est connue que d'Allâh. Mais ils ajoutent : « Nous prenons [ces textes obscures] dans leur sens littéral. » Comme il est alors étrange que la signification littérale soit celle que Seul Allâh connaît [selon eux] ! Le terme istiwâ, pris dans sons sens littéral, peut-il signifier autre chose que « assis – qu'ud », ou le terme « nuzul » autre chose que « mouvement – intiqal » ?

 

(3) Ils imputent des Attributs à Allâh [par négligence et sans comprendre] que les Attributs (as sifât) devraient être établis sur les mêmes bases que l'est l'Essence (dhât), [à savoir] uniquement sous l'autorité de preuves évidentes. C'est ainsi que Ibn Hamîd a dit : « Celui qui rejette ce qui est attribué à Allâh dans des traditions dignes de confiance (authentiques) n'a-t-il pas blasphémé dans un double sens ? La majorité des hanbalites soutiennent que ceux qui rejettent des ahâdîth dans lesquelles une jambe, un pied, un doigt, une paume et ainsi de suite sont attribués à Allâh, doivent être déclarés comme mécréants, quand bien même cette tradition serait isolée (ahad), car, dans notre point de vue, leurs contenus entrent dans la catégorie du savoir faisant autorité. »

 

Ce genre de déclaration ne peut venir que d'une personne qui ne comprend pas les principes de la jurisprudence, ni de ceux de la raison...

 

(4) Ils n'arrivent pas à distinguer entre les ahâdîth qui reposent sur des autorités multiples (khabar mash-hûr) comme « Il (Allâh) descend au ciel le plus bas », et des ahâdîth qui ne sont pas du tout fiables, comme, par exemple, la parole « J'ai vu mon Seigneur dans la meilleure forme. » En fait, ils établissent les Attributs Divins sur la base de ces deux catégories, et ceci sans distinction.

 

(5) Ils ne font pas de distinction entre les ahâdîth dont la chaîne de transmission remonte au Prophète (marfû') et celles qui ne remontent qu'à un Compagnon ou un Tâbi'î. C'est ainsi qu'ils déduisent les Attributs d'Allâh sur la base de ces deux types de ahâdîth et ce, indistinctement.

 

(6) Ils interprètent certaines expressions de manière métaphorique tout en refusant d'user de cette méthode en d'autres lieux. Ainsi, ils prennent par exemple la Parole Divine : « Celui qui vient à Moi en marchant, Je viendrai à lui en courant » comme une figure de style faisant référence à Allâh qui déverse des bénédictions sur Ses créatures. Parallèlement, ils insistent sur une interprétation littérale en ce qui concerne la parole de 'Umar Ibn 'Abd Il 'Azîz : « Le Jour de la résurrection, Allâh viendra en marchant. » Comme il est étrange qu'ils interprètent une phrase provenant du Prophète de manière métaphorique et qu'ils refusent d'en faire autant avec une phrase provenant de 'Umar Ibn 'Abd Il 'Azîz !

 

(7) Pour finir, ils font du sens expérimental la base de leur interprétation du hadîth. Ainsi, ils disent qu'Allâh Lui-Même (bi dhâtihi) descend et se déplace d'un endroit à un autre. Ils maintiennent que de telles déclarations ne doivent pas être comprises rationnellement. Par un tel sophisme ils déçoivent ceux qui les écoutent et ils contredisent et le sens expérimental et la raison (al hiss wal 'aql). » 

 

Fin de citation. 

 

Source : Daf' Shubah It Tashbîh de l'Imâm Abu-l-Faraj Ibn Al Jawzî As Siddîqî Al Hanbalî  (qu'Allâh lui fasse miséricorde).

Par at-tawhid.net - Publié dans : Défense du Sunnisme et réfutation des sectes
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