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Invoquer Allâh en groupe en accompagnant le convoi funèbre (An Nafrâwî, Al Mahdî Al Wazzânî, Al Baqqâl...)

23 Avril 2012, 09:02am

Publié par at-tawhid.net

Interrogé sur le statut juridique de l'invocation en groupe lors de l'accompagnement du convoi funèbre, Al Imâm Ahmad An Nafrâwî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a répondu : « Mon frère, sache que cette pratique ne fait pas partie de ce que l'on a rapporté de la Sunnah du Messager d'Allâh (que La Grâce et La Paix d'Allâh soient sur lui), ni de ses Compagnons (qu'Allâh L'Exalté les agrée). Dans un tel cas, la Sunnah consiste plutôt à garder le silence et à méditer avec humilité. Mais lorsque les savants des siècles suivants ont vu que les gens n'observaient plus cette tradition et qu'ils discutaient beaucoup sur des sujets ayant trait à ce bas-monde tout en accompagnant le défunt, ils leur ont demandé d'évoquer la noble formule afin de mettre un terme à de tels agissements. [1] L'ignorant, sans savoir que l'innovation existe dans cinq catégories juridiques, comme cela sera démontré, serait tenté de dire que cela n'est qu'une pure innovation car les Salaf ne l'ont jamais fait. Mais cette pratique ne fait, sans aucun doute, pas partie des innovations interdites. » [Fawâkih Ud Dawânî].

 

Et Al Imâm Muhammad Ul Mahdî Al Wazzânî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit :

 

« On avait interrogé un savant de la ville de Fâs à propos de la noble formule « il n'y a de divinité qu'Allâh et Muhammad est le Messager d'Allâh - Lâ ilâha illa Llâh Muhammadun~Rasûlu Llâh » qu'évoquent régulièrement les Almoravides s'ils rencontrent un homme de mérite ou vont enterrer un mort, dans l'espoir de bénéficier de la rétribution d'Allâh (qu'Il soit exalté) en agissant de la sorte. Il répondit alors que le fait qu'ils sortent en scandant la parole « lâ ilâha illa Llah » et même quelque chose de semblable n'était pas blâmable car ceci est une pratique très répandue tant par le passé que dans le présent, et que l'ont fit d'ailleurs cela lors des funérailles du savant, sceau des Imâms, le subtile Shaykh Muhammad Ibn Ghâzî, ceci selon ses propres recommandations. [2]

 

On avait également interrogé son disciple, l'Imâm, le juste, la preuve, Abul Qâsim Ibn Hajjû afin de savoir s'il était légalement permis que ceux qui accompagnent les morts vers leurs dernières demeures invoquent publiquement Allâh par des formules comme« il n'y a de divinité qu'Allâh et Muhammad est le Messager d'Allâh (que La Grâce et La Paix d'Allâh soient sur lui) - Lâ ilâha illa Llâh Muhammadun~Rasûlu Llâh salla Llâhu 'alayhi wa sallam », si le défunt bénéficiera de cela et s'il fallait formuler ces paroles à voix hautes, étant donné que la plupart des gens en sont incapables. Il répondit alors :

 

« La louange appartient à Allâh, et que La Grâce et La Paix soient sur le Messager d'Allâh. 

 

Il n'y a aucun doute ni aucune divergence sur le fait que le mort bénéficiera des invocations des vivants et de celles de tous ceux qui prient pour lui. Tout cela est louable. Celui qui dit qu'il s'agit là d'une innovation veut simplement dire que c'est une innovation permise et non interdite ni déconseillée.Car l'innovation s'applique aux cinq catégories de qualifications légales que sont l'interdiction (harâm), le déconseillé (makrûh), l'obligation (wâjib), le recommandé (mustahabb) - et tel est le cas pour la question posée qu'est l'objet de cette réponse - ainsi que le permission (mubâh). Mais si on a la grâce d'échapper à toute ostentation, l'invocation d'Allâh à voix haute est plus utile, suite au fait de l'avantage que cela représente pour ceux qui l'entendent.

 

Lors de la mort de l'Imâm, Al Ustâdh, la bénédiction des savants venus après lui, mon maître Muhammad Ibn Ghâzî Al 'Uthmânî, sa dépouille fut accompagnée au cimetière par une foule faisant le dhikr à voix haute, comme le défunt l'avait recommandé selon les demandes qui nous étaient parvenues de lui. Cependant, je n'ai pas retenu les termes exacts de l'invocation qu'ils récitaient, mais si ils disaient bien « Ô Toi Le Généreux ! Ô Toi Le Tout-Puissant ! Pardonne à notre humble défunt par la grâce de notre seigneur Muhammad, le porteur de bonnes nouvelles, l'avertisseur ! - Yâ Karîmu ! Yâ Qadîru ! Ighfir li mayyitinâ ad dalîl il haqîri Sayyidinâ Muhammad il bashîr in nadîri ! », j'ose espérer que cela lui sera bénéfique. ». » [Hâshiyah 'Alâ Mayyârat Is Saghîr].

 

Et Al Imâm Abul Hasan 'Alî Al Khawwâs(qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit : « Si ceux qui accompagnent le défunt ne peuvent s'empêcher de plonger dans des banalités en abordant des sujets d'ordres mondains, il convient alors que nous leur conseillons de prononcer la parole « il n'y a de divinité qu'Allâh et Muhammad est le Messager d'Allâh - Lâ ilâha illa Llâh Muhammadun~Rasûlu Llâh ». Cela vaudra mieux que de s'en passer. Et aucun juriste n'a le droit de l'interdire sans preuve tirée du Qur°ân et de la Sunnah, ou bien d'un consensus. Par ailleurs, la sharî'ah a généralement permis aux musulmans de dire« il n'y a de divinité qu'Allâh et Muhammad est le Messager d'Allâh (que La Grâce et La Paix d'Allâh soient sur lui) - Lâ ilâha illa Llâh Muhammadun~Rasûlu Llâh salla Llâhu 'alayhi wa sallam » à chaque fois qu'ils le désirent... » [Ash Sha'rânî – Al Anwâr Ul Qudsiyyah fil Bayân Il 'Uhûd Il Muhammadiyyah].

 

Et Al Imâm Abû 'Abdi Llâh Al Baqqâl At Tâzî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit aussi :

 

« Cette pratique est très répandue dans l'ensemble des pays d'Orient, notamment en Égypte et en Syrie. Les gens y accompagnent leurs morts en invoquant Allâh (qu'Il soit glorifié et exalté) tout en priant sur le Messager d'Allâh (que La Grâce et La Paix d'Allâh soient sur lui), ceci en présence de savants auxquels l'on se réfère en matière d'ijtihâd. Or, on n'a jamais entendu personne parmi eux remettre cette pratique en cause ni émettre une fatwâ° tendant à y apporter un changement quelconque.

 

C'est ainsi qu'à la Mosquée Al Qarawiyyîn (qu'Allâh l'anoblisse), au sein de laquelle les gens, lors du vendredi, après la salât ul 'asr, s'y adonnent continuellement et publiquement, scandant en chœurla prière sur le Prophète (que La Grâce et La Paix d'Allâh soient sur lui), et ceci depuis des générations, à tel point que nos contemporains ignorent même à quelle date a commencé cette pratique qui, d'ailleurs, se fait au su et au vu des savants qui ont toujours été nombreux dans la ville de Fâs (qu'Allâh l'anoblisse) et furent des exemples aux directives desquels l'on se conforme.

 

Cependant, on a jamais entendu dire qu'un seul des savants ou modèles parmi les plus grands l'a interdite ou fait taire ceux qui s'y adonnent. » [Ibn 'Ardûn Al Mâlikî – Muqni' Ul Muhtâj fî Âdâb Il Azwâj].

 

Et Al Imâm Abul Hasan Al Manûfî Ash Shâdhilî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a d'ailleurs dit que les lectures du Qur°ân, les diverses invocations d'Allâh, prières sur le Prophète (que La Grâce et La Paix d'Allâh soient sur lui) et autres récitations de paroles bénies étaient devenues indispensables, compte tenu du fait de la dispersion des esprits des gens en général à notre époque, même lors de moment aussi importants qu'un enterrement. Et ceci est malheureusement un état de fait que l'on peut constater régulièrement. Il mentionna cela dans son ouvrage intitulé Daw° Ul Budûr fîmâ Yanfa' Ahl Il Qubûr.

Wa Llâhu a'lam.

 

Notes :

 

[1] La noble formule est l'attestation de foi qu'il n'y a de divinité qu'Allâh et que Muhammad est le Messager d'Allâh : « il n'y a de divinité qu'Allâh et Muhammad est le Messager d'Allâh - Lâ ilâha illa Llâh Muhammadun~Rasûlu Llâh ».

 

[2] Il s'agit de l'Imâm Abû 'Abdi Llâh Muhammad Ibn Ahmad Ibn Muhammad Ibn 'Alî Ibn Ghâzî Al 'Uthmânî. Il était originaire de Meknès (Maroc). Il partit étudier à Fâs, la cité de la science, et devint un grand juriste, théologien, historien et mathématicien. Il mourut dans cette même ville de Fâs en 919 de l'hégire.

 

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