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Mardi 21 février 2012 2 21 /02 /Fév /2012 00:05

  Voici ce qu'il faut savoir à propos de l'abattage rituel et de ce qui fait qu'une viande soit halâl ou non.

 

Ce travail est basé sur les propos de l'Imâm Abul Hasan Ibn Nasîr Id Dîn Al Manûfî Ash Shâdhilî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) tiré de son ouvrage intitulé Muqaddimat Ul 'Izziyyah et de son commentaire réalisé par l'Imâm Sâlih Al Âbî Al Azharî Al Mâlikî (qu'Allâh lui fasse miséricorde).  

 

Les paroles de l'Imâm Abul Hasan Al Manûfî seront mises entre crochets afin de bien distinguer les propos des deux Imâms :

 

 

[Le sacrifice] se fait par un individu jouissant des ses facultés mentales, qu'il soit musulman ou non, de condition libre ou esclave. [Il consiste à trancher entièrement la gorge ainsi que les veines jugulaires] se trouvant dans la partie antérieure de l'animal, et doit se faire sans interruption jusqu'à la fin du procédé.

 

[Un sectionnement moindre est insuffisant et invalide], comme par exemple, le fait de trancher la gorge à moitié, ou bien de trancher juste une seule veine jugulaire, ou encore de trancher seulement une partie de tout ce qu'il y a à couper.

 

Le sacrifice n'est pas valable s'il est réalisé par une personne ne jouissant pas de ses capacités mentales, que ce soit à cause de son jeune âge ou d'un état d'ébriété.

 

Aussi, si un sectionnement moindre est insuffisant et invalide, cela implique également le fait qu'un sectionnement plus important n'est pas convenable. Il n'est ainsi pas nécessaire de trancher l'artère gutturale. Tel est l'avis prépondérant du Madh-hab figurant notamment dans Al Mudawwanah. Abû Tammâm rapporta cependant que Mâlik en a fait une condition de validité du sacrifice, et cela est également l'avis de Ash Shâfi'î. Il y est également suggéré que l'animal égorgé ne serait pas consommable lorsque l'égorgement est réalisé de telle sorte que la glande maxillaire se trouve du côté du corps, car dans un tel cas, la trachée ne serait pas complètement sectionnée. Tel est l'avis soutenu par Mâlik (qu'Allâh l'agrée).

 

Selon l'avis le plus plausible, il est indispensable que la glande maxillaire soit partiellement du côté de la tête de l'animal suite à l'égorgement, car si elle ne se trouve pas complètement du côté du corps de l'animal, alors celui-ci ne pourra être consommé. En réalité, il est impossible que la glande maxillaire se trouve complètement du côté de la tête suite à l'égorgement, car sa forme est allongée et s'étend même quelque peu dans le tronc de l'animal.

 

[L'égorgement réalisé par une femme] jouissant de ses capacités mentales [est valable], qu'elle soit jeune ou âgée, libre ou esclave, qu'elle soit musulmane, juive ou chrétienne. L'égorgement pratiqué par un juif ou un chrétien est également valable, ceci à condition qu'il n'a pas pour habitude de consommer la viande d'animaux morts non-égorgés, que l'égorgement se fasse en présence d'un musulman connaissant la jurisprudence de l'abattage rituel, et que ce juif ou ce chrétien égorge un animal dont la chaire est licite à la consommation.

 

Si la bête qu'il égorge ne lui est pas licite à la consommation, elle ne sera alors pas mangeable non plus pour le musulman lorsqu'il est établit par notre religion qu'elle lui est également illicite à la consommation, comme par exemple les bêtes possédant un seul ongle qu'Allâh leur a interdite, tel que le Qur°ân nous l'enseigne. C'est ainsi qu'Allâh (qu'Il soit exalté) dit : « Nous leur avons interdit toute bête possédant un seul ongle [par patte]. » [Sourate 6 – Verset 146].

 

Le Qur°ân nous informe donc qu'entre autres, la consommation de la viande des bêtes possédant un seul ongle leur a été interdite par leur religion. « Les bêtes possédant un seul ongle » sont celles qui n'ont pas de fente entre les ongles mais une peau ou quelque chose de similaire à la place, comme les chameaux, les oies et les canards, et non pas les poules que certains ont considérées comme des bêtes possédant un seul ongle alors qu'elles ne le sont pas selon l'avis le plus juste. [1] Elles n'entrent pas dans le cadre de la définition (des bêtes possédant un seul ongle) énoncée. Par conséquent, les poules égorgées par un juif ou un chrétien sont licites à la consommation pour le musulman.

 

Lorsque l'interdiction de certaines bêtes n'est pas clairement établie dans notre religion, c'est-à-dire que cela n'est pas mentionné dans le Qur°ân mais seulement dans leur religion ou selon les avis qu'ils nous ont rapportés, il ne nous est pas interdit de manger de ces bêtes s'ils les égorgent. Cela est cependant déconseillé. C'est notamment le cas de la bête atteinte d'épanchement pleural au point que ses poumons se collent à son estomac, maladie dont ils prétendent qu'elle entraîne la mort et qui par conséquent, n'est pas bonne à égorger selon eux. Selon nous, elle équivaut à la bête atteinte de blessures mortelles. On exige uniquement que l'animal égorgé par un chrétien ou un juif ne soit pas sacrifié pour des idoles, car dans ce cas, un autre nom que celui d'Allâh aura été prononcé.

 

Il est interdit de consommer la chaire d'une bête égorgée par un apostat, même si il n'est qu'un enfant – car son apostasie est prise en compte au même titre que son Islâm – ni celle d'une bête égorgée par un mage, sauf s'il s'est converti au christianisme et fait ainsi partie des Gens du Livre (Alh Ul Kitâb). [2]

 

Il est déconseillé que l'égorgement soit réalisé par une personne androgyne, un castré, un pervers ou un non-circoncis. L'égorgement est valable lorsqu'il est réalisé par une personne muette, une femme en état de menstrues ou de lochies, ou bien un esclave.

 

[Si le sacrificateur éloigne sa main de la bête après avoir tranché une partie de la gorge et des veines jugulaires, puis reprend ensuite l'égorgement et achève la bête, celle-ci ne sera alors pas consommable] et la bête sera alors considérée de la même manière que l'est une charogne (et donc interdite à la consommation). C'est pourquoi l'auteur explique que lorsque le sacrificateur éloigne sa main de la bête après avoir tranché en partie sa gorge et les veines jugulaires, que ceci soit volontaire ou par contrainte, puis reprend ensuite l'égorgement et achève la bête, celle-ci ne sera pas consommable. Ceci car l'abattage halâl consiste à tuer l'animal en une seule fois, sans interruption, en tranchant simplement la gorge et les veines jugulaires. [Mais si le sacrificateur exagère volontairement jusqu'à décapiter l'animal, il aura mal agi] et commit un acte déconseillé (makrûh) [mais l'animal restera néanmoins consommable].

 

Précisons que l'abattage rituel doit être fait par devant, c'est-à-dire du côté antérieur du cou. L'animal qui sera égorgé par la nuque ou par le côté latéral du cou sera alors illicite à la consommation. Car en pratiquant l'égorgement par la nuque, l'égorgeur sectionne la moelle épinière de l'animal avant de parvenir à l'endroit du sectionnement légal (que sont la gorge et les veines jugulaires). Ainsi, il l'aura touché à un endroit dont la blessure entraîne la mort. Or, il est clairement établi que l'égorgement n'est pas valable lorsqu'il est fait sur un animal atteint d'une blessure mortelle comme l'indique ce verset qui dit : « Il vous est interdit de consommer la bête morte, le sang, la viande de porc, celle d'un animal immolé à d'autres divinités qu'à Allâh, la bête étranglée, assommée, morte d'une chute ou d'un coup de corne, ou celle qui a été entamée par un carnassier – à moins qu'elle n'ait été égorgée à temps –, ainsi que celle qui a été immolée sur un autel païen. » [Sourate 5 – Verset 3] [3]. »

 

Fin de citation.

 

Notes :

 

[1] Al Imâm Mujâhid Ibn Jabr (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit : « Les juifs ne mangent aucun animal dont les « doigts » (sabots, serres, pattes) ne sont pas écartés ou fendus, comme par exemple le chameau, l'autruche, l'oie ou le canard. » Voir l'exégèse du même verset faite par l'Imâm Ibn Jarîr At Tabarî.

 

[2] Le terme « Ahl Ul Kitâb » désigne les juifs et les chrétiens.

 

[3] Comme dit plus haut, l'abattage halâl est le fait de trancher la gorge et les veines jugulaires. Ce verset démontre qu'une bête morte suite à une blessure et non à l'égorgement rituel est illicite à la consommation en Islâm, quand bien même on l'égorgerait après son décès. Ceci répond à la pratique de certains industriels qui pensaient qu'une bête étouffée ou morte par électronarcose et qui ensuite était égorgée serait halâl.


Par at-tawhid.net - Publié dans : Médecine Prophétique et Alimentation Islamique
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