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L'avis des Sunnites concernant Yazîd Ibn Mu'âwiyah (Al Haytamî)

19 Mai 2013, 10:48am

Publié par at-tawhid.net

Al Imâm Ahmad Ibn Hajar Al Haytamî Al Makkî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit :

 

« Sache que les savants ont divergé concernant le statut de Yazîd, le fils de Mu'âwiyah et son successeur. Le fait qu'il soit un mécréant (at takfîr) fut l'opinion de Sibt Ibn Al Jawzî (le petit fils de l'Imâm Abul Faraj Ibn Al Jawzî) et d'autres. [Il est rapporté par les partisans de cet avis que] lorsque la noble tête de l'Imâm Al Husayn (qu'Allâh l'agrée) lui fut apportée, Yazîd rassembla les gens du Shâm, la tapa de quelques coups avec un bâton et récita ces fameux vers de Az Zab'arî : " Si seulement mes ancêtres [polythéistes] de Badr avaient pu assister à cela ! "

 

Il ajouta quelques vers à ceux susmentionnés qui reflètent clairement une apostasie. Comme rapporté par son petit-fils, Ibn Al Jawzî a dit :

 

« Il n'est pas surprenant que Ibn Ziyâd a tué Al Husayn. Ce qui est plutôt surprenant est qu'il (Yazîd) humilia Al Husayn, le tapa sur les dents de devant et les lèvres avec une canne, et qu'il fit subir à la noble descendance du Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) le fait de parcourir un trajet, la tête [décapitée] mise en évidence, à dos de chameau. » , puis il mentionna beaucoup d'autres faits horribles mais tout autant celèbres concernant Yazîd, et dit : « Et il envoya la noble tête [de Sayyidunâ Al Husayn] à Médine tandis que son odeur commençait à se transformer. »

 

Il a dit ensuite : « Son seul but était d'exhiber la tête et de provoquer un esclandre. Il est permis de laver, embaumer et prier, même sur les dépouilles des khawârij et autres rebelles du genre, ainsi que de les enterrer [dans les cimetières musulmans]. S'il n'avait pas la nostalgie de l'époque de la pré-islamique et de la rancoeur concernant la bataille de Badr à l'intérieur de son coeur, il aurait assurément respecté la noble tête de l'Imâm Al Husayn (qu'Allâh l'agrée) lorsqu'elle lui est parvenue et l'aurait lavé, embaumé et enterré. Il se serait comporté respectueusement à l'égard de la noble descendance du Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) et aurait été bon à leur égard. »

 

Un autre groupe a dit : Il n'est pas un mécréant car les raisons amenant à déclarer quelqu'un comme mécréant ne sont pas prouver le concernant et nous ne possédons aucune preuve de ce genre. La règle fondamentale étant qu'il reste musulman à moins qu'il n'existe une preuve claire faisant de lui un apostat. Il y a des faits célèbres concernant Yazîd qui sont en contradiction avec ce que nous avons rapporté plus haut. Il est par exemple rapporté qu'il a dit lorsque la noble tête de l'Imâm Al Husayn lui parvint : « Qu'Allâh te fasse miséricorde ô Husayn. L'homme qui t'a assassiné n'a assurément pas donner son dû au droit de parenté. » Puis il rejeta Ibn Ziyâd [et ce qu'il avait fait] et dit : « Il vient d'implanter la haine à mon encontre dans tous les coeurs des bonnes et des mauvaises personnes jusqu'au jour de la résurrection... » Il emmena ensuite les femmes de la famille de Al Husayn et la noble tête à Médine pour procéder à l'enterrement.

 

Et assurément, rien de ce qui se trouve dans ces deux positions peut être prouver. Généralement, il est considérer comme étant musulman. Ainsi, nous devons prendre en compte ce précepte fondamental et examiner toute chose qui le ferait sortir de l'Islâm. Par conséquent, un groupe de chercheurs déclara que la position la plus juste sur ce sujet est de se taire et de laisser cette affaire à Allâh (qu'Il soit glorifié et exalté) car c'est Lui qui connaît les mystères, les cachoteries et les secrets qui sont cachés et ce qui est enfouit dans les coeurs. Nous ne le déclarons donc pas apostat et il s'agit là de la position la plus juste et la plus sûre. Cependant, en dépit du fait qu'il fut bien musulman, il fut aussi un transgresseur, un pécheur, un criminel, un alcoolique et un tyran.

 

Le Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) a prédit ceci, comme cela est rapporté dans le Musnad de Abû Ya'lâ - signalons cependant qu'il s'agit d'un hadîth faible - d'après Abû 'Ubaydah qui rapporta que le Messager d'Allâh (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) a dit : « Les affaires de ma nation ne se briseront pas jusqu'à ce qu'un homme des Banû °Umayyah nommé Yazîd ne les mettent en pièces. »

 

Et Ruyanî rapporta dans son Musnad que Abû Ad Dardâ° a dit : « J'ai entendu le Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) dire : « La première personne à changer ma Sunnah sera un homme des Banû °Umayyah, et il s'appellera Yazîd. ». »

 

Dans ces deux ahâdîth, il y a une preuve que le Califat de Mu'âwiyah n'est pas de la même nature que celui de son fils et de ses successeurs parmi les Banî °Umayyah. Ceci car le Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) a prédit que le premier à causer la mise en pièces des affaires de sa nation et à changer sa tradition sera Yazîd. On voit donc bien que Mu'âwiyah n'a pas altéré la Sunnah du Prophète ni déchiré la Ummah - et il a été démontré auparavant qu'il fut un Mujtahid. Cet avis est appuyé par les actes accomplis par l'Imâm de la guidance ['Umar Ibn 'Abd Il 'Azîz], tel que cela fut rapporté par Ibn Sîrîn et d'autres : « Quelqu'un critiqua Mu'âwiyah en présence de 'Umar Ibn 'Abd Il 'Azîz, il le fit fouetter alors 3 fois avec quelqu'un d'autre qui avait appelé son fils Yazîd, [en hommage à l'ancien] Commandeur des Croyants, qui lui fut fouetté à 20 reprises . »

 

Considérez donc bien l'écart gigantesque qui sépart les deux (Sayyidunâ Mu'âwiyah et Yazîd). A ce sujet, Abû Hurayrah avait été informé par le Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) sur ce qui allait survenir concernant Yazîd. Il avait ainsi l'habitude de demander : « Ô Allâh, je recherche Ta protection contre le malheur de l'an 60 et du gouvernement du jeune homme. » Allâh (qu'Il soit glorifié et exalté) exauça son invocation et il mourut en l'an 55. Quant au décès de Mu'âwiyah et la succession au pouvoir de Yazîd, cela eut lieu en l'an 60. Ainsi, Abû Hurayrah savait que l'accession au pouvoir de Yazîd aurait lieu cette année-là et il chercha refuge contre le mal de cette même année. Il connaissait l'abomination que représentaient ces évènements car le véridique et véritable Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) l'informa à propos de ces évènements.

 

Nawfal Ibn Abî Furât a dit : « J'étais en compagnie de 'Umar Ibn 'Abd Il 'Azîz lorsqu'un homme dit : « L'Emir des Croyants, Yazîd Ibn Mu'âwiyah, a dit... » 'Umar lui fit alors remarquer : « As-tu bien dis « Yazîd, l'Emir des Croyants » ? » Et il ordonna que la personne soit fouettée à 30 reprises. »

 

Son extravagance dans le péché terrorisait les habitants de Médine. Al Wâqidî rapporta à ce titre selon une chaîne de transmission remontant à 'Abdu Llâh Ibn Hanzalah, le fils de Al Ghasîl : « Par Allâh ! Jamais nous ne serions allés voir Yazîd si ce n'était la crainte de voir des pluies de pierres tomber du ciel !  Ceci car il était quelqu'un qui se mariait avec les esclaves mères d'enfants ainsi qu'avec ses propres soeurs et ses propres filles, buvait de l'alcool et abandonnait la prière. »


Et Adh Dhahabî a dit : « Lorsque Yazîd se comporta auprès des habitants de Médine de cette manière, en buvant de l'alcool et en commettant divers péchés, les gens furent scandalisés et beaucoup se révoltèrent. Allâh ne lui a vraiment pas donné une vie bénie. Après avoir fait ce qu'il fit en l'an 63 et s'être comporté de la sorte auprès des habitants de Médine, ces derniers se révoltèrent contre lui et le bannirent. Yazîd leva alors une immense armée avec l'ordre de les exterminer (les rebelles médinois). C'est aux alentours de Taybah (Médine) qu'eut lieu la bataille de Harrah, et il n'y a pas de mots pour décrire ce qui s'est passé à Harrah ! » 

 

Al Hasan [Al Basrî] mentionna cela et dit ensuite : « Il s'en est fallu de peu que personne ne survive à cette bataille. Une grande partie des Compagnons et d'autres obtinrent le martyr lors de cette bataille. C'est à Allâh que nous appartenons et c'est vers Lui que nous retournerons... »

 

Malgré le fait que [les savants Sunnites] sont tous unanimes sur le fait qu'il fut un pervers (fâsiq), un dépravé et un pécheur, ils divergent à propos du fait de savoir s'il est permis de le maudire personnellement par son nom.

 

Certains l'ont permis, comme Ibn Al Jawzî, qui rapporta de l'Imâm Ahmad et d'autres dans son livre intitulé Ar Radd 'Ala Al Mut'assib Il 'Anîd Il Mânî Li Man Dhamma Yazîd :  « Quelqu'un me questionna à propos de Yazîd Ibn Mu'âwiyah. J'ai dis : « Ce qu'il a accomplit suffit amplement le concernant. » Il me demanda ensuite : « Est-il permis de le maudire ? » J'ai dis : « Des savants pieux et scrupuleux l'ont autorisé, dont parmi eux Ahmad Ibn Hanbal. Ce dernier mentionna Yazîd et dit ensuite : « Qu'il soit maudit ! ». » 

 

Ibn Al Jawzî rapporta également d'après Al Qâdî Abû Ya'lâ que ce dernier rapporta dans son livre intitulé Al Mu'tamad d'après une chaîne de transmission remontant jusqu'à Sâlih Ibn Ahmad Ibn Hanbal où ce dernier a dit :  

 

« J'ai dis un jour à mon père [l'Imâm Ahmad] que les gens disaient de nous que nous aimions Yazîd, il me répondit alors : « Mon fils, se peut-il qu'une personne croyant en Allâh puisse contenir en elle de l'amour pour Yazîd ? Et pourquoi devrions-nous hésiter à le maudire, lui qui a été maudit par Allâh dans Son Livre ?! » Je dis alors : « Où est-ce qu'Allâh a maudit Yazîd dans Son Livre ? » Il répondit : « « En vous dérobant, ne risqueriez-vous pas de répandre le désordre sur la Terre et de rompre vos liens de parenté ? Ce sont ceux-là qu'Allâh a maudits en les frappant de surdité et de cécité. » [Sourate 47 - Versets 22 et 23]. Y-a-t-il un méfait ou un mal plus grand que ce meurtre [de Sayyidunâ Al Husayn] ? ». »

 

Et il est rapporté dans une autre version :  « Mon fils, qu'est-ce que je peux dire à propos d'un homme qu'Allâh a maudit dans Son Livre ? »  Puis il récita le verset [cité ci-dessus]. »

 

Puis Ibn Al Jawzî a dit : « Al Qâdî Abû Ya'lâ a écrit un livre sur ceux qui méritent d'être maudit et mentionna Yazîd comme étant l'un d'eux. Il cita aussi le hadîth qui dit : « Quiconque cause de la crainte aux habitants de Médine et les oppresse, Allâh le terrorisera en retour, et la malédiction d'Allâh, de Ses Anges et de tous les gens s'abattront sur lui. » Et personne ne conteste le fait que Yazîd s'est battu contre les habitants de Médine et qu'il envoya une armée qui terrorisa les habitants de Médine. »

 

Le hadîth mentionné plus haut fut rapporté par Muslim. L'armée envoyée par Yazîd tua et terrorisa les habitants de Médine. Ils commirent des atrocités et Médine fut pillée ouvertement ; ce fait est célèbre. Ils étaient tellement maléfiques que plus de 300 filles vierges furent violées, qu'environ le même nombre de Compagnons furent assassinés ainsi que près de 700 mémorisateurs du Qur°ân. Médine fut pillée sans retenue et les gens réfugiés dans la Mosquée du Prophète y furent abandonnés durant plusieurs jours. Personne ne pouvait entrer dans la Sainte Mosquée. D'ailleurs, même des chiens et des loups entraient dans la mosquée et urinaient sur la chaire bénie du Messager d'Allâh (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui). Cela se réalisa tel que le Messager d'Allâh (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) l'avait prédit.

 

Le commandant de cette armée n'épargna aucun quartier et il n'était on ne peut plus heureux en prêtant allégeance à Yazîd sur la souffrance de l'esclavage qui faisait que s'il (Yazîd) le souhaitait, il pouvait les affranchir ou bien les vendre (les médinois). Aussi, à un moment, l'un des médinois jura au nom du Livre et de  la Sunnah du Messager d'Allâh (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui), le commandant lui trancha la tête. Voilà ce qui se passa durant les évènements de Harrah.

 

Cette armée se dirigea ensuite [vers La Mecque] afin de combattre Ibn Az Zubayr. Ils l'encerclèrent et commencèrent à lancer des rochers sur la Sainte Ka'bah à l'aide de catapultes, c'est alors qu'ils mirent le feu à la Ka'bah. Qu'est-ce qui peut donc être plus grave et plus morbide que ces abominables et horribles faits commis à son époque et sous son commandement ?

 

Et il ne s'agit-là que de l'accomplissement de la prophétie décrite dans le hadîth qui dit : « Les affaires de ma nation ne se briseront pas jusqu'à ce qu'un homme des Banû °Umayyah nommé Yazîd ne les mettent en pièces. »

 

D'autres personnes ont dit qu'il n'est pas permis de le maudire car nous ne possédons aucune preuve indiscutable nécessaire pour agir de la sorte. Al Imâm Al Ghazâlî tint cette position et écrivit une longe fatwâ° sur le sujet. Ceci est en accord avec les principes fondamentaux de nos Imâms [Shâfi'ites] qui affirmèrent clairement qu'il n'est pas permis de maudire nommément une personne en particulier, sauf s'il est certain que cette dernière est morte mécréante, comme Abû Jahl et Abû Lahab par exemple.

 

Concernant ceux dont on ne sait avec certitude s'ils sont morts mécréants, il n'est pas permis de les maudire. Et il n'est pas permis non plus de maudire un mécréant sous prétexte qu'il soit hostile [à l'Islâm], ceci car la malédiction signifie le fait d'être exclut de la Miséricorde d'Allâh et de desespérer [de pouvoir en bénéficier]. Il n'y a donc que ceux dont on peut savoir avec certitude qu'ils sont morts mécréants [qui peuvent être maudits], tandis que nous ne pouvons pas le faire pour ceux dont on n'est pas sûre, car il est tout à fait possible qu'un mécréant puisse finalement mourir en Islâm juste avant d'éxpirer son dernier souffle. Si tu comprends cela, tu verras qu'il est donc inadmissible de maudire Yazîd même s'il fut un transgresseur, un pécheur et une vile personne, cela même si nous supposons qu'il ordonna réellement l'assassinat de Al Husayn et qu'il fut satisfait de ce meurtre (ce qui constitue une horrible chose à moins qu'il pensait que cet acte lui était permis), et même si tu extrapoles avec un raissonnement erronée, le fait qu'il ordonna l'assassinat et qu'il fut satisfait de ce fait reste tout de même une abomination et non une mécréance. Et il n'existe aucune preuve authentique démontrant qu'il ordonna l'assassinat. Même au contraire, l'opposé de cela (qu'il désavoua l'assassinat de Al Husayn) fut rapporté, comme je l'ai décrit plus haut.

 

En ce qui concerne la preuve donnée par l'Imâm Ahmad comme quoi il serait permis de le maudire étant donné le verset « Ce sont ceux-là qu'Allâh a maudits... » [Sourate 47 - Verset 23], et la preuve utilisée par d'autres tirée du hadîth rapporté par Muslim où le Messager d'Allâh (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) a dit : « Quiconque cause de la crainte aux habitants de Médine... », il n'y a aucune preuve dans tout cela légitimant le fait de maudire Yazîd spécifiquement et en citant son nom.

 

Si quelqu'un prétend qu'il fait partie d'eux (ceux qui assassinèrent Al Husayn et méritent la malédiction), alors il n'y a aucune divergence [sur la permission de maudire l'ensemble du groupe] tant que son nom n'est pas spécifiquement mentionné. Toutefois, il est unaniment permis de maudire l'assassin de Al Husayn ou quiconque aurait ordonné son assassinat, l'aurait permis ou en aurait tiré de la satisfaction, sans pour autant mentionné le nom de Yazîd ; tout comme il est permis de maudire une personne buveuse de vin [ou d'un quelconque alcool] sans pour autant mentionné un nom particulier.

 

C'est cela qui est visé dans les versets et les ahâdîth. Ceci car la malédiction n'est pas précise ou pour une personne particulière, mais plutôt destinée [par exemple] à " quiconque coupe les liens de parenté " en général , ou " quiconque terrorise les habitants de Madînah " en général. Ceci est permis à l'unanimité car ce qui est visé est général et non particulier. Ainsi, comment se peut-il que Ahmad et d'autres utilisent cela comme argument [pour légitimer le fait de] maudire quelqu'un par son nom ?!

 

Pour résumer, il est interdit de maudire Yazîd spécifiquement et par son nom, et il n'y a aucune preuve dans le Livre ou la Sunnah pour agir de telle sorte.

 

Ibn As Salâh figure parmi les plus grands et plus proéminents Imâms dans le Fiqh [Shâfi'ite] et le Hadîth. J'ai vu sa fatwâ° dans laquelle il fut interrogé sur le fait de maudire à cause du fait qu'il ordonna de tuer Al Husayn. Il répondit comme suite :

 

« Il n'y a aucune preuve établissant qu'il ordonna l'assassinat de l'Imâm Al Husayn (qu'Allâh l'agrée). Ce qui est sûr est que la personne qui a ordonné l'assassinat de l'Imâm Al Husayn (qu'Allâh - qu'Il soit glorifié et exalté - l'agrée) est 'Ubaydu Llâh Ibn Ziyâd, et il était en Irak à ce moment. Il a été rapporté dans un hadîth que maudire un musulman est du même ordre que de le tuer. L'assassin de l'Imâm Al Husayn ne peut être jugé comme mécréant sur le seul compte de cet acte, il a cependant commit une énormité et un sacrilège. Il n'y a que l'assassinat des Prophètes qui conduit à une condamnation d'apostasie [et aucun autre type d'assassinat].

 

Il y a 3 groupes concernant l'abord de Yazîd :

 

1) Les gens qui l'aiment et le défendent.

2) Les gens qui le maudissent et l'insultent.

3) Les modérés parmi ces gens qui ni ne l'aiment, ni ne le maudissent, le considérant ainsi comme un roi parmi d'autres en Islâm et parmi les Califes pervers. Ce groupe est celui qui est correct et représente la voie de ceux qui sont versés dans l'Histoire et qui connaissent les fondements de la Sharî'ah. Qu'Allâh nous compte parmi les meilleurs et les vertueux de cette voie. »

 

Et il est dit dans le Kitâb Ul Anwâr écrit par un de nos derniers Imâms : « Les rebelles ne sont ni des transgresseurs ni des mécréants. Ils se sont simplement trompés dans ce qu'ils ont choisi et suivi. Il n'est pas permis d'insulter Mu'âwiyah car il fait partie des proéminents Compagnons, ni de maudire Yazîd ou de le juger comme mécréant car il est considéré comme faisant partie des musulmans. Et ce quant à ce qu'il a fait ou mérité pour cela est laissé à la Volonté d'Allâh de le punir ou de le pardonner. Tel est ce qu'ont dit Al Ghazâlî et Al Mutawallî. ». »

 

Fin de citation.

 

Source : Sawâ'iq Ul Muhriqah Fî Ar Radd 'Alâ Ahl Il Bid'a Wa Az Zandaqah de l'Imâm Ahmad Ibn Hajar Al Haytamî Al Makkî (qu'Allâh lui fasse miséricorde).


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