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L'interdiction d'associer quoi que ce soit à Allâh (Ibn Al 'Arabî Al Hâtimî)

13 Avril 2012, 09:53am

Publié par at-tawhid.net

Ash Shaykh Muhyi Ddîn Ibn Al 'Arabî Al Hâtimî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit :

 

« Tu dois t’acquitter du plus exigible parmi les Droits d'Allâh, à savoir ceci : Ne rien associer à Allâh même parmi ce qui relève du polythéisme subtil (ash shirk ul asghar), c'est-à-dire le fait de compter sur les causes instaurées, de se fier à elles avec le cœur et d’en être rassuré, à savoir que le cœur devienne tranquille et apaisé devant ces causes. Car cela relève des pires dommages religieux chez le croyant. D’ailleurs, c’est ce qu’atteste, par mode d’allusion, la Parole d'Allâh (qu'Il soit exalté) : « La plupart d’entre eux n’ajoutent pas foi en Allâh sans Lui donner des associés » [Sourate 12 – Verset 106], c’est-à-dire – mais Allâh est Le Plus Savant – qu'ici le polythéisme subtil qui accompagne la foi en l’existence d'Allâh. Et la déficience dans la croyance en l’Unicité d'Allâh se rapporte aux Actes, non à la Divinité, car c’est cela le polythéisme manifeste (ash shirk ul akbar) qui s’oppose à la foi dans l’Unicité d'Allâh, au niveau de la divinité, non pas à la fois en l’existence d'Allâh.

 

Et Il est rapporté dans un hadîth authentique que le Messager d'Allâh (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) a dit : « Savez-vous quel est le Droit d'Allâh sur les serviteurs ? Le Droit d'Allâh sur les serviteurs c’est qu’ils L’adorent et ne Lui associent rien (shay°an) ». Il a usé du vocable shay° qui est un terme indéfini et englobe ainsi à la fois le polythéisme manifeste (ash shirk ul akbar) et le polythéisme subtil (ash shirk ul asghar). Et il a dit ensuite : « Savez-vous quel est leur droit sur s’ils font cela ? C’est qu’Il ne les châtie pas ». Aussi, porte ton attention sur l’expression : « C’est qu’Il ne les châtie pas ». En effet, lorsqu’ils n’associent rien à Allâh, tout ce qui traverse leur esprit comme idées se rapporte à Allâh dans la mesure où ils ne se tournent que vers Allâh. Et lorsqu’ils font preuve de polythéisme envers Allâh, que ce soit du polythéisme qui est le contraire de la foi de l’Islam ou du polythéisme subtil qui consiste à lorgner les causes habituelles, Allâh les a déjà punis en les laissant compter sur ces causes contingentes. Ainsi, lorsque ces causes existent, ils souffrent de l’éventualité de leur disparition et de leur déficience, et, lorsqu’ils perdent, ils souffrent de leur disparition. Autrement dit, ils ne cessent d’être malmenés, que ce soit avec l’existence des causes ou avec leur disparition. C’est que Celui sur Lequel ils s’appuient, à savoir Allâh, est capable d’entreprendre les choses par là où ils ne s’imaginent pas, comme dans cette Parole Divine : « Allâh trouvera une issue à quiconque Le craint et Il pourvoit à sa subsistance par des moyens qu’il n’escomptait pas » [Sourate 65 – Versets 2 et 3].

 

C’est ce qu’un poète formula en vers en disant : « A celui qui craint Allâh, Il lui trouve, comme Il l’a dit, pour son affaire, une issue, le pourvoit sans qu’il ne l’escompte et lui procure, devant la difficulté, une délivrance. »

 

Ainsi, parmi les signes de la réalisation de la piété, c’est que celui qui craint Allâh avec révérence reçoit ses subsistances sans qu’il les escompte, car s’il les reçoit par là où il les escompte, il n’a pas réalisé la crainte révérencielle et n’a pas compté exclusivement sur Allâh, car la signification de la crainte révérencielle, sous certains de ses aspects, c’est d’avoir Allâh comme prémunition contre l’influence des causes et des moyens seconds dans ton cœur en comptant sur eux. Du reste l’homme est le plus averti sur lui-même et il sait intérieurement en qui il a confiance et à qui son âme se fie. Il n’a pas à se dire : Allâh m’a ordonné de travailler pour la famille et m’a imposé d’assurer leurs dépenses, car il est indispensable d’agir sur les moyens par lesquels Allâh assure habituellement les subsistances. En effet cela ne contredit pas ce que nous avons dit. Car nous t’interdisons seulement de compter sur ces moyens avec ton cœur et de te fier à eux. Nous ne te disons pas : N’agit pas en usant de ces moyens. Du reste je me suis endormi en notant ces indications et en revenant à moi je me suis mis à répéter ces deux vers que je ne connaissais pas auparavant : « Ne compte que sur Allâh car Tout est dans la main d'Allâh. Ces moyens seconds ne sont que Ses voiles, ne sois donc qu’avec Allâh. »

 

Regarde donc en toi-même : Si tu trouves que le cœur se fie à ces moyens, tu dois faire des reproches à ta façon de croire et sache que tu n’es pas comme il faut ; et si tu trouves que ton cœur est calme devant Allâh et qu’il t’est égal que ces moyens seconds existent ou n’existent pas, sache alors que tu es cet homme comme il faut, qui a cru, qui n’a rien associé à Allâh, que tu es rare parmi les rares et que si Allâh te pourvoit par là où tu ne l’escompte pas, c’est une bonne nouvelle de la part de Dieu annonçant que tu fais partie de ceux qui se gardent d' Allâh et Le craignent pieusement.

 

Parmi les secrets de ce verset, il y a ceci : Même si Allâh te pourvoit par le moyen habituel qui est à ta disposition et sous ton pouvoir tout en étant pieux et en craignant Allâh, c’est-à-dire que tu as recours à Allâh comme rempart et protection parce qu’Il est le Garant, tu es à vrai dire pourvu par là où tu ne l’escomptait pas, car il ne te vient pas à l’idée qu' Allâh te pourvoit ; or ce que tu as et ce que tu obtiens est nécessaire. Autrement dit, Il ne t’a pourvu que par là où tu ne l’escomptait pas, même si tu consommes et puises ce qui es dans tes mains.

 

Sache cela car il a une signification subtile que ne ressentent que ceux qui sont vigilants et attentifs à Allâh et ne cessent de surveiller leur intérieur et leurs cœurs, car la prémunition procède d'Allâh et empêche le serviteur d’aboutir aux moyens seconds pour compter sur eux en raison de son appui sur Allâh – qu’Il soit exalté et magnifié. C’est cela le sens de la Parole Divine : « Trouvera une issue à quiconque ». Voilà l’issue de la piété et de la crainte révérencielle dans ce verset. Et ceci constitue une recommandation d'Allâh pour Son serviteur et une indication pour ce dernier sur ce qu’il est réellement. »

 

Fin de citation.

 

Source : Kitâb Ul Wasayâ du Shaykh Muhyi Ddîn Ibn Al 'Arabî Al Hâtimî (qu'Allâh lui fasse miséricorde).


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