at-tawhid.net

La divergence est bel et bien une miséricorde (Al Qâsim Ibn Muhammad, An Nawawî, Ash Shâtibî...)

6 Novembre 2010, 18:25pm

Publié par at-tawhid.net

Les Imâms des Ahl Us Sunnah affirment que la divergence d'opinions juridiques au sein de la Ummah est une miséricorde d'Allâh (qu'Il soit bénit et exalté). 

 

Cependant, certains innovateurs et marginaux ce sont permis de contredire cela. Ibn Hazm Az Zâhirî (qu'Allâh lui fasse miséricorde), marginal dans sa jurisprudence, fit ainsi, et il fut suivi en cela par les wahhabites qui ne cessent de le citer, comme si sa parole avait un quelconque poids face aux innombrables Imâms des Ahl Us Sunnah. 

 

La parole de Ibn Hazm à propos concernant l'avis que que la divergence est une miséricorde est la suivante : « C'est une des paroles les plus incorrectes qui soit, car si la divergence était une miséricorde, alors l'accord serait une punition, ce qu'aucun musulman ne dirait, parce qu'il peut seulement y avoir accord ou désaccord et il peut seulement y avoir miséricorde ou punition. » [Al Ihkâm Fî °Usûl Il Ahkâm]. 

 

Ces propos furent réfuter par l'Imâm des Shâfi'ites de son temps, Al Imâm Muhyi Ddîn An Nawawî (qu'Allâh lui fasse miséricorde), qui a dit dans son commentaire du Sahîh Muslim intitulé Al Minhâj Bi Sharh Sahîh Muslim Ibn Al Hajjâj : « Si quelque chose est une miséricorde, cela ne signifie pas que l'inverse de cette chose est l'inverse d'une miséricorde. Personne ne fait ce genre de lien, et personne ne dit même ce genre de choses sauf un ignorant ou celui qui affecte l'ignorance. Allâh dit : « Et parmi Sa Miséricorde, il a créé la nuit pour vous afin que vous vous y reposiez », et Il a qualifié la nuit de miséricorde : pourtant, cela n'implique pas forcément que le jour soit une punition. » 

 

Et mentionnons que l'Imâm Badr Ud Dîn Az Zarkashî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) rapporta que l'Imâm de Médine de son temps, la lumière des Salaf Us Sâlih, Sayyidunâ Al Qâsim Ibn Muhammad Ibn Abî Bakr As Siddîq (qu'Allâh lui fasse miséricorde ainsi qu'à sa pieuse ascendance) a dit : « Les divergences parmi les Compagnons de Muhammad sont une miséricorde pour les serviteurs d'Allâh. » [Tadhkirah Fi-l-Ahâdîth Il Mushtaharah].


Et mentionnons également la fatwâ de l'Imâm Abû Ishâq Ash Shâtibî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) qui a dit sur ce sujet :

 

 « Une grande partie des Salaf a considéré que les divergences dans les branches [de la religion] étaient un des signes de la miséricorde d'Allâh. Ce qui clarifie le fait que la divergence susmentionnée soit une miséricorde est ce qui est rapporté des propos de Al Qâsim Ibn Muhammad : « Allâh nous a fait bénéficier des divergences parmi les Compagnons du Messager d'Allâh dans leur pratique. » Et personne ne s'est attaché à la pratique de l'un d’entre eux sans qu'il (Al Qâsim) ne l'ait considérée sur la bonne voie.


Dumrâ Ibnou Rajâ° a rapporté : « 'Umar Ibn 'Abdi Il 'Azîz et Al Qâsim Ibn Muhammad se sont rencontrés et commencèrent l'analyse de ahâdîth. 'Umar a ensuite commencé à parler des choses qui différaient de ce que Al Qâsim avait mentionné, et Al Qâsim allait lui donner du fil à retordre concernant cela, et ceci jusqu'à ce que la situation devienne plus clair. [Sachant cela], 'Umar lui dit alors : « Ne fais pas ça ! Je déteste ôter les faveurs [d'Allâh] provenant des divergences. ». »

 

Ibn Wahb a également rapporté que Al Qâsim a dit : « J'ai été heureux de la parole de 'Umar Ibn 'Abd Il 'Azîz : « Je détesterais que les Compagnons n'eurent pas divergés entre eux, car s'ils n'avaient pas divergé, il n'y aurait alors aucune liberté [pour nous]. Vraiment, les Compagnons sont des Imâms par lesquels les gens sont guidés. Si quelqu'un suit la parole de l'un d'entre eux, il est dans la Sunnah. ». »


La signification de tout ceci est qu'ils (les Compagnons) ont ouvert la porte de l'ijtihâd en grand ainsi que celle de la permission de la divergence dans l'ijtihâd pour les gens. S'ils ne l'avaient pas fait, les mujtahidîn auraient été dans une impasse, car les confrontations d'ijtihâd et d'avis personnels ne concordent généralement pas : les gens qui pratiquent l'ijtihâd seraient, malgré l'obligation de suivre ce dont ils sont convaincus, obligés de suivre ce avec quoi ils ne seraient pas d'accord, et ceci constituerait une obligation insoutenable et l'une des contraintes les plus éprouvantes.

 Allâh a donc donné une liberté d'action à la communauté à travers l'existence de la divergence en son sein dans le domaine des branches de la Sharî'ah. C'est la porte qu'Il a ouverte pour la communauté afin qu'elle soit comblée par Sa miséricorde. Comment pourraient-ils ne pas être ceux concernés par « Ceux à qui ton Seigneur a fait miséricorde » dans le verset : « Et ils ne cessent de diverger, exceptés ceux à qui ton Seigneur a fait miséricorde » [Sourate 11 - Versets 118 et 119]. Donc, leurs divergences dans les branches de la loi sont sur le même plan que leur accord [suite au fait que ces deux cas constituent une miséricorde pour la communauté musulmane]. Et toute la louange est à Allâh. » [Al I'tisâm]. 

Telle est donc la position des Ahl Us Sunnah wal Jamâ'ah à l'égard des divergences d'opinions juridiques.

Et même la référence incontestée des wahhabites et de leurs semblables, Taqî Ud Dîn Ibn Taymiyyah, a dit : « Le consensus des Imâms est une preuve indubitable et leur divergence est une vaste miséricorde. » [Mukhtasar Fatâwî Al Misriyyah].

Que les détracteurs de la Sunnah et de l'Islâm légué par nos pieux prédécesseurs se rendent donc à l'évidence, la divergence est une miséricorde pour la communauté musulmane, et s'opposer à cela est une innovation blâmable (bid'ah) et une rébellion à l'encontre de nos savants, mais également à l'encontre de leur Imâm qu'est Taqî Ud Dîn Ibn Taymiyyah.
 

Et comme l'a dit l'Imâm Sahnûn At Tanûkhî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) : « Le plus ignorant parmi les hommes est celui qui, n'assimilant qu'un chapitre, fait tout pour que les gens s'y conforme. La divergence des savants est clairement une miséricorde. » [Mâlik Sî – Kifâyat Ur Râghibîn].

 

Et Al Qâdî 'Iyâd Ibn Mûsâ Al Yahsubî (qu'Allâh l'agrée) a dit aussi : « Il ne convient pas à celui qui veut recommander le bien et interdire le mal de vouloir à tout prix amener les gens à adopter les résultats de son ijtihâd ainsi que sa méthodologie. Il doit uniquement tenter de leur faire abandonner la chose que l'on considère unanimement comme étant une innovation en la dénonçant. » [Ikmâl Ul Mu'lim].


Qu'Allâh nous guide sur le droit chemin, le chemin tracé par Son Noble Messager, Ses Compagnons, et ceux qui les ont suivis, Allâhumma Âmîn.

Commenter cet article