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La méfiance à avoir vis-à-vis des traductions du Coran (Ahmadu Mash-hûr Al Haddâd)

27 Septembre 2012, 22:37pm

Publié par at-tawhid.net

Ash Shaykh Al Habîb Ahmadu Mash-hûr Al Haddâd (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit :

 

« La sédition par la traduction littérale du Qur°ân...Cette sédition a longtemps été latente, qu'Allâh maudisse ceux qui l'ont réveillé ! Elle se manifeste par les divagations de ceux qui ont refusé de reconnaître la position réelle du Qur°ân et d'accepter son inimitabilité miraculeuse. Ces gens ont entrepris de traduire le Qur°ân en remplaçant chaque terme par un autre issu d'une langue différente, prétendant que le résultat correspond à l'original, transmet les mêmes sens et assume les mêmes fonctions. C'est une prétention manifestement fausse, car aucune traduction ne peut faire justice aux sens, à l'objet et aux buts du Qur°ân. Elle ne pourrait qu'être privée de ses qualités d'expression claire et éloquente, des secrets de son inimitabilité miraculeuse, du respect mêlé de crainte qu'il inspire et de sa majesté. Il n'y a aucune comparaison possible entre la précision et l'éloquence du Qur°ân avec ce délire insensé. Allâh est Celui qui a fait descendre le Livre, et Il a défié les créatures de produire quoi que ce soit d'équivalent, même dans une autre langue. Il dit ainsi : « Même si les humains et les jinns s'unissaient pour produire quelque chose de semblable à ce Qur°ân, ils ne sauraient produire rien de semblable, même s'ils s'entraidaient les uns les autres » [Sourate 17 – Verset 88]. C'est pourquoi les savants partagent l'avis qu'ils est impossible de traduire littéralement le Qur°ân d'une façon qui lui corresponde fidèlement et qui reproduise ses significations et ses intentions, ou qui transmette ses secrets et ses qualités particulières. Ce qu'ont produit ceux qui ont eu l'audace d'essayer est très éloigné de la réalité du Qur°ân et représente une tentative évidente de toucher à sa sainteté. Leur objectif est de montrer que le Qur°ân est inutile, de réduire son influence, de profaner sa sainteté et d'empêcher ceux qui lisent leurs traductions de contempler sa grandeur, la beauté de son style, la félicité de son expression et sa majesté propre à inspirer le respect mêlé de crainte.

 

L'Imâm de cette époque, le savant, le bien-aimé Ahmad Ibn Hasan Al 'Attâs (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit : « Les Paroles d'Allâh et les propos de Son Messager sont destinées à la fois aux cœurs et aux corps, aux formes physiques et aux esprits, aux choses visibles et aux choses intelligibles. Les gens ont maintenant entrepris de traduire le Qur°ân en javanais, en indien et dans d'autres langues, alors qu'Allâh (qu'Il soit exalté) a parlé d'« un Qur°ân en langue arabe, dénué de tortuosité » [Sourate 39 – Verset 28], indiquant par là que le discours des humains, aussi parfait soit-il, doit être dans une certaine mesure tortueux, contrairement au discours d'Allâh (qu'Il soit exalté). »

 

En ce qui concerne les traductions littérales qui ne prétendent pas à un quelconque statut d'équivalence, elles sont moins dangereuses que celles dont on vient de parler mais n'en restent pas moins toujours incapables de reproduire la signification des versets et de posséder la qualité unique de leur éloquence ainsi que les secrets miraculeux du Qur°ân. Beaucoup des dangers évoqués ci-dessus subsistent encore.

 

Quiconque souhaite traduire le Qur°ân au pied de la lettre va altérer sa qualité miraculeuse, modifier son objectif et détruire la forme arabe qu'Allâh a voulue et sur laquelle s'est bâtie l'union arabo-musulmane. Jamais nous n'avons entendu parler d'un des premiers musulmans, contemporains du Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui ainsi que sur sa famille), ayant un entrepris de telles traductions. Leur but était de protéger la majesté du Qur°ân, ses qualités et la langue dans laquelle il fut révélé par Allâh (qu'Il soit exalté) sur le cœur du Maître des Messagers (Sayyid Ul Mursalîn), dans « une langue arabe claire » [Sourate 16 – Verset 103]. C'est pour cette raison que celui qui une fois voulut, en Égypte, traduire ainsi le Qur°ân, vit les savants se dresser vigoureusement contre lui, et les gens de toutes tendances écrire pour le condamner. Personne ne doit penser que la traduction mot à mot est nécessaire pour répandre les enseignements de l'Islâm. Si cela avait été le cas, le Messager d'Allâh (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui ainsi que sur sa famille) l'aurait fait, car il fut envoyé aux Arabes comme aux non-Arabes, et le Qur°ân lui-même aurait explicitement demandé qu'on le fasse, et les savants des premiers temps l'auraient fait lorsqu'ils diffusaient l'Islâm.

 

Tout ce que la Sharî'ah demande est de transmettre les règles de l'Islâm, ses enseignements et ses mérites, et de répandre les bannières et les preuves du Tawhîd, ainsi que le montre le Qur°ân et ma Sunnah. C'est pourquoi, dans ces jours anciens, personne n'entreprit aucune traduction de cette sorte.

 

Cependant, il est requis de traduire les sens du Qur°ân et les paroles des exégètes dignes de foi dans quelque langue que ce soit, mais ceci doit être fait par ceux qui ont la capacité de bien traduire, sans altérer les significations originelles. De cette façon, ceux qui ne connaissent pas l'arabe, ou qui ne le maîtrisent pas suffisamment, seront à même de connaître la vraie nature de l'appel de l'Islâm, et de ce qu'il implique grâce à la signification des versets coraniques, et c'est ce que les musulmans ont fait, dès que les savants ont entrepris des exégèses du Qur°ân. »

 

Fin de citation.

 

Source : Miftah Ul Jannah du Shaykh Al Habîb Ahmadu Mash-hûr Al Haddâd (qu'Allâh lui fasse miséricorde).


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