at-tawhid.net

La mort du mécréant et les risques qu'encourent les mauvais musulmans (Al Ghazâlî)

9 Mars 2010, 20:33pm

Publié par at-tawhid.net

 

Al Hujjat Ul Islâm Abû Hâmid Al Ghazâlî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit dans son Durrat Ul Fâkhirah :

 

« Quant au mécréant, on arrache son âme avec violence et voici que son visage prend la même apparence que celui d'un homme qui aurait mangé de la coloquinte. L'Ange lui dit alors : « Sors de ton corps pervers ô âme perverse ! » Alors, elle produit un son retentissant, semblable au braiment des ânes.

 

Quant l'Ange Izrâ°il s'est emparé de cette âme, il la remet à des Anges justiciers au visage terrifiant, aux vêtements noirs, à l'haleine fétide, qui ont dans les mains des cilices de crin avec lesquels ils l'enveloppent. L'âme se trouve ainsi changée en une individualité humaine, ayant la taille d'une sauterelle. En effet, le mécréant a un corps plus considérable que le croyant (je veux ici parler du corps qu'ils ont dans l'autre monde). Il est d'ailleurs dit dans le Sahîh qu'enfer, la dent du mécréant est aussi grande que la montagne de Uhud.

 

Puis on emporte cet homme dans les airs jusqu'à ce qu'il atteigne la porte du ciel inférieur. Al Amîn [1] frappe à la porte et on lui demande : « Qui es-tu ? » Il répond : « Je suis Qayâbîl. » Car le nom de l'Ange préposé aux Anges du châtiment est Qayâbîl. On lui dit : « Qui est avec toi ? » Il répond : « C'est untel fils d'untel. » Il le désigne par le plus laid de ses noms, par celui qu'il détestait le plus dans le bas-monde. On lui dit alors : « Pas de vœux de bienvenue pour lui ! » On ne leur ouvre alors pas les portes du ciel et ils n'entreront pas au paradis jusqu'à ce qu'un chameau puisse passer par le chat d'une aiguille [2]. Quand Al Amîn entend cette réponse, il le laisse tomber de sa main. Alors, le vent s'en empare et le pousse vers un lieu éloigné. Ceci est conforme à la Parole d'Allâh : « [Soyez] exclusivement [acquis à la religion] d'Allâh ne Lui associez rien ; car quiconque associe quelque chose à Allâh, c'est comme s'il tombait du haut du ciel et que les oiseaux le happaient, ou que le vent le précipitait dans un abîme très profond. » [Sûrah 22 – Âyah 31]. Malheur à lui ! Voilà la confusion dans laquelle il se trouve !

 

Quand il tombe à terre, les Anges justiciers se précipitent sur lui et l'emportent au Sijjîn, qui est une grande pierre auprès de laquelle se rassemblent les esprits des mécréants [3]. Quant aux chrétiens et aux juifs, on les repousse également loin du Kursî, jusque dans leurs tombeaux : c'est le cas de tous ceux qui ont été leurs coreligionnaires, qui ont été présents lorsqu'on a lavé leurs cadavres et qui les ont enterrés. Quant à l'idolâtre, il ne verra rien de tout cela, car il sera tel un jouet pour le vent. Enfin, quant à l'hypocrite, il en est de lui comme de celui qu'on repousse dans sa tombe avec haine et répulsion.

 

Quant à ceux d'entre les musulmans qui n'ont pas accompli entièrement leurs devoirs, il y a plusieurs catégories parmi eux :

 

Pour l'un, c'est la prière qui le repousse, car lorsqu'un homme accompli sa prière d'une manière imparfaite et qu'il en a supprimé une partie, on enroule sa prière comme on enroule un vêtement usé et on le frappe au visage avec elle. Ensuite, sa prière s'élève en disant : « Qu'Allâh te néglige tout comme tu m'as négligée ! »

 

Pour un autre, ce sont ses aumônes qui le repoussent, parce qu'il a fait l'aumône uniquement pour que l'on dise : « Il est généreux ! » Quelquefois aussi, un homme dépense l'argent des aumônes auprès des femmes et cherche à attirer leurs bonnes grâces par ce moyen. Nous avons déjà vu des cas comme celui-ci, qu'Allâh nous préserve d'encourir le même châtiment !

 

Pour tel autre encore, c'est le jeûne qui le repousse. En effet, il peut avoir jeûné par rapport aux aliments mais non par rapport au langage, ce qui signifie qu'il aurait tenu des propos obscènes ou qu'il se serait vanté. Le mois du jeûne se détourne alors de lui parce qu'il l'a négligé.

 

Tel autre encore, c'est le pèlerinage qui le repousse, soit parce qu'il l'a fait uniquement dans le but que l'on dise à son propos : « Il a fait le pèlerinage ! », soit parce qu'il l'aurait accompli avec de l'argent acquis illicitement.

 

Enfin, pour tel autre, c'est sa désobéissance envers ses parents qui le repousse.

 

Tout le reste des devoirs de la piété n'est connu que de ceux qui sont versés dans la connaissance intime des actions et qui savent comment il faut agir pour se conformer à la Volonté du Roi, du Souverain. [4] »

 

Fin de citation.

 

Notes :

 

[1] Al Amîn est généralement le surnom de l'Ange Jibrîl, mais ce surnom est également porté par plusieurs autres Anges puissants et fidèles, exécutant avec scrupule les ordres de leur Seigneur (qu'Il soit exalté). Il s'agit donc ici du chef des Anges chargés de transporter l'âme du mécréant.

 

[2] C'est-à-dire jamais. Le sort du mécréant est scellé et le paradis lui est ainsi définitivement fermé.

 

[3] As Sijjîn est également le nom du registre où sont inscrits les noms des mécréants voués à la perte éternelle.

 

[4] Ainsi, d'autres œuvres dont la mise en pratique est très importante selon la Sharî'ah peuvent également repousser le mauvais musulman. Un parent injuste envers son enfant, un mari ou une épouse injuste envers son conjoint, un voleur, un soldat déserteur et bien d'autres maux peuvent être la cause de la perte d'un musulman.

 

Al Muwahhidûn.

Commenter cet article