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Le sermon du vendredi (khutbat ul jumu'ah) doit être en arabe (Ad Dasûqî, Al 'Illîsh, Al Hattâb...)

26 Novembre 2013, 01:45am

Publié par at-tawhid.net

 

 

Selon le madh-hab mâlikî :

 

Al Imâm Muhammad Ibn Ahmad Ad Dasûqî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit : « Et est une condition de la validité de la prière du vendredi (salât ul jumu'ah) que le sermon soit prononcé en arabe, même si les gens présents sont des non-arabes et ne connaissent pas la langue arabe. Ceci étant, s'il n'y a personne pouvant réaliser un sermon en arabe correctement, la prière du vendredi n'est pas obligatoire pour [les gens, et ces derniers accompliront une prière du zuhr comme lors des autres jours]. » [Al Hâshiyah 'Alâ Sharh Il Kabîr].

 

Al Imâm Muhammad Ibn Ahmad Al 'Illîsh (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit : « Et deux khutbah sont nécessaires avant d'effectuer la prière, et c'est une condition de validité que les deux soient en arabe et délivrés à haute voix, même si le public est composé de non-arabes ou de muets. S'il n'y a personne qui ne puisse les délivrer en arabe, alors la salât ul jumu'ah n'est pas obligatoire pour ce groupe de personnes.  De même, si tous sont sourds, la prière du vendredi n'est pas obligatoire pour eux. » [Minah Ul Jalîl Sharh 'Alâ Mukhtasar 'Allâmah Khalîl].

 

Al Imâm Muhammad Ibn Muhammad Al Hattâb (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit : « [...] Donc, si l'imâm a prononcé le sermon après avoir fait la prière, il est nécessaire qu'il refasse à nouveau la prière immédiatement après avoir délivré un sermon, sinon, [si un certain temps s'est écoulé après le sermon], aussi bien la khutbah que la prière [deviennent invalides et] doivent être effectuées à nouveau, car c'est une condition pour la validité de la prière du vendredi que les deux khutbah soient immédiatement suivies par la prière et que les deux soient réalisés en arabe, même si les gens présents sont non-arabes et ne comprennent pas l'arabe. » [Jawâhir Ul Iklîl].

 

Al Imâm Abu-l-Hasan Al 'Adawî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit : « Il est obligatoire que la khutbah soit en arabe. Par conséquent, le sermon prononcé dans une autre langue est invalide. Si personne parmi les gens connaît l'arabe mais que l'imâm le maîtrise, la Ummah est obligée [d'assister à la prière du jumu'ah et donc d'écouter le sermon en rabe, quand bien même personne ne comprend ce qui s'y dit], mais si l'imâm ne connaît pas l'arabe, l'obligation de la prière du jumu'ah n'est plus effective. » [Sharh Ul Kharâshî].

 

Et Al Imâm Sâlih Al Âbî Al Azharî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit : « Pour que le sermon soit valide, on exige qu'il soit fait en arabe et à voix haute. Ainsi le faire à voix basse dans une langue étrangère revient au même que ne pas l'avoir fait du tout. » [Sharh Muqaddimat Il 'Izziyyah].

 

Selon le madh-hab shâfi'î :

 

Al Imâm Shams Ud Dîn Ar Ramlî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit : « Et c'est une condition [de validité de la khutbah] qu'elle soit délivrée en arabe. Tel est le suivi de la voie des Compagnons et de leurs descendants. Et apprendre l'arabe est une obligation qui incombe à la communauté (fard kifâyah), donc il suffit qu'au moins un homme l'apprenne...Si personne ne l'apprend, chacune des personnes aura un péché et leur prière du vendredi sera invalide. En lieu et place, ils devront accomplir la salât uz zuhr. Toutefois, s'il n'est pas possible de pouvoir apprendre l'arabe, alors il est permis que l'imâm délivre un sermon dans sa propre langue, quand bien même les gens présents ne le comprendrait pas...Si quelqu'un demande quel but peut bien être atteint si une khutbah si personne ne la comprend, notre réponse est que le but est atteint à partir du moment où les gens savent que le sermon est prononcé, car il est explicitement mentionné [dans les ahâdîth] que si le public écoute le sermon bien qu'il n'en comprend pas le sens, le sermon reste néanmoins valide. » [Cité par At Taqî Al 'Uthmânî dans Language of the Khutbah].

 

Selon le madh-hab hanbalî :

 

Al Imâm Al Mansûr Ibn Yûnus Al Buhûtî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit : « Et la khutbah n'est pas valide si elle est délivrée dans une autre langue que l'arabe lorsqu'il y a quelqu'un en mesure de la délivrer en arabe. C'est comme pour la récitation du Qur°ân qui ne peut ête faite dans une langue autre que l'arabe. Cependant, le sermon réalisé dans une autre langue que l'arabe est valable si absolument personne ne peut le faire en arabe. Néanmois, la récitation du Qur°ân Ul Karîm n'est valide qu'en arabe. Si personne ne peut réciter quoi que ce soit [du Qur°ân] en arabe [lors du sermon], il est alors obligatoire de réciter une formule de dhikr en arabe au lieu d'un verset du Qur°ân, comme pour la prière [où la personne qui ne peut réciter quoi que ce soit en arabe doit alors réciter une formule de dhikr en arabe en lieu et place du Qur°ân]. » [Kashshâf Ul Qinâ' 'An Al Iqnâ'].

 

Selon le madh-hab hanafî :

 

Al Imâm Muhammad Ut Taqî Al 'Uthmânî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit : 

 

« L'école hanafite est également d'accord avec les trois autres écoles de jurisprudence concernant le fait que la khutbah du vendredi doit être délivrée en arabe et qu'il n'est pas permis de la délivrer dans une autre langue. Cependant, il y a une légère différence d'opinion sur certains détails à propos de ce point. Al Imâm Abû Yûsuf ainsi que l'Imâm Muhammad, les deux élèves de l'Imâm Abû Hanîfah, sont d'avis qu'un sermon délivré dans une autre langue que l'arabe n'est pas acceptable dans la mesure où il ne peut satisfaire à ce qui est exigé de la prière du vendredi. Par conséquent, aucune prière du vendredi ne peut être faite ensuite [car elle serait invalide étant donné que le sermon fait dans une autre langue que l'arabe est lui-même invalide]. Plutôt, [si l'on en vient à une telle situation], le sermon devra être prononcé à nouveau en arabe, sans quoi la prière du vendredi faite ensuite ne sera pas valide. Toutefois, si aucun membre de la communauté est en mesure de délivrer un sermon en arabe, alors dans ce cas, un sermon dans une autre langue que l'arabe peut être réalisé et satisfaire ce que l'on exige [lors de la prière du vendredi], étant donnée la nécessité. Sur ce point, l'avis de l'Imâm Abû Yûsuf et de l'Imâm Muhammad est proche de ceux de l'Imâm Ash Shâfi'î et de l'Imâm Ahmad Ibn Hanbal.

 

D'un autre côté, l'Imâm Abû Hanîfah pense qu'il est absolument déconseillé (makrûh tahrîman) de délivrer une khutbah dans une autre langue que l'arabe mais que si quelqu'un viole ce principe en la délivrant dans une autre langue, l'obligation de délivrer une khutbah sera tout de même présente et donc la prière du vendredi réalisée ensuite sera valide [car la stricte obligation selon lui étant de délivrer une khutbah, quelle que soit la langue utilisée, bien que cela ne soit pas permis].

 

[...] Il est donc évident que l'ensemble des quatre écoles de jurisprudence islamique reconnues sont unanimes sur le fait que la khutbah doit être délivrée en arabe. Les juristes mâlikites sont allés le plus loin dans le mesure où si personne ne connaissant l'arable est disponible pour délivrer un sermon, la prière du vendredi se transforme alors en classique prière du zuhr. Quant à eux, les juristes shâfi'ites disent que dans un tel cas, les musulmans sont tenus de nommer quelqu'un qui doit apprendre quelques mots d'arabes suffisants pour énoncer une khutbah aussi courte soit elle. Toutefois, s'il n'y a pas assez de temps pour apprendre, alors le sermon peut être prononcé dans une autre langue. Le point de vue des hanbalites est similaires et ces derniers mettent l'accent que dans un tel cas, l'imâm peut très bien se limiter à de courtes formules de dhikr comme « al hamdu li Llâh » ou « subhâna Llâh ». Cela est permis, et il n'a ainsi pas besoin de délivrer une khutbah dans une autre langue. » [Language of the Khutbah].

 

Note :

 

On demanda aussi au Shaykh 'Abdu Llâh Al Faransî Al Mâlikî (qu'Allâh le préserve) :

 

« Concernant la langue utilisée pour la khutbah du jumu'ah, les autorités du madh-hab mâlikî sont unanimes sur le fait qu'elle doit être en langue arabe, mais si un imâm fait sa khutbah en arabe et y traduit des passages de sa khutbah dans la langue locale, est-ce qu'il est tout de même en accord avec ce qu'exige le madh-hab étant donné que sa khutbah est en arabe et que ce qui est dit dans une autre langue signifie la même chose que ce qu'il disait en arabe ? »


Il répondit : « C'est ce que je pense, et la partie en français est comme si elle n'existait pas, tandis que la khutbah réelle est ce qui est dit en arabe. »

 

Et Allâh sait mieux ce qu'il en est.

 

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