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Le statut du hadîth mursal et des balâghât au sein du Madh-hab Mâlikî (Abû Zahrâ°)

14 Février 2012, 11:18am

Publié par at-tawhid.net

Ash Shaykh Muhammad Abû Zahrâ° (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit :

 

« Mâlik admettait le hadîth mursal (hadîth rapporté par un tâbi'î qui a dit directement « Le Messager d'Allâh a dit... » sans citer les intermédiaires existant dans la chaîne entre le Messager d'Allâh et lui), ainsi que les communications (al balâghât), ce en quoi il ne différait pas des autres juristes de son temps, comme Al Hasan Al Basrî, Sufyân Ibn 'Uyaynah ou Abû Hanîfah.

 

Et celui qui consulte Al Muwattâ° trouvera de nombreux ahâdîth mursal, comme celui du fouet : « Mâlik rapporte de Zayd Ibn Aslam qu'un homme reconnut avoir forniqué, sur quoi le Prophète (salla Llâhu 'alayhi wa sallam) demanda qu'il fût fouetté. Puis il dit : « Il est temps de vous arrêter de commettre des péchés. Et que celui qui est l'auteur d'une telle ignominie, qu'il la dissimule, sinon nous appliquerons le Qur°ân à son encontre. ». »

 

De même, on peut citer le hadîth du témoin et du serment, cité dans Al Muwattâ° : « Mâlik rapporta de Ja'far Ibn Muhammad, lui même citant son père, que le Prophète (salla Llâhu 'alayhi wa sallam) prononça des jugements par le serment et le témoin. »

 

On voit ici que la chaîne est limitée à Ja'far As Sâdiq Ibn Muhammad Ibn 'Alî Zayn Il 'Âbidîn et au Compagnon, cité sans grande certitude. Et malgré cela, Mâlik accepta ce hadîth mursal.

 

On peut citer également ce que le Prophète (salla Llâhu 'alayhi wa sallam) fit avec les habitants de Khaybar. Mâlik dit à ce propos : « Rapportant les propos de Ibn Shihâb, citant lui même Sa'id Ibn Al Mussayyab, que le Prophète (salla Llâhu 'alayhi wa sallam) dit aux Juifs de Khaybar le jour de sa conquête : « Je vous permets d'y rester tant qu'Allâh vous y autorise, à condition que vous en partagiez les bénéfices avec moi. ». »

 

Parmi les communications (al balâghât) qu'il a admises, citons celle concernant l'indemnité en cas de divorce (mut'a attalâq) : « Il est parvenu à Mâlik que 'Abd Ur Rahmân Ibn 'Awf divorça de l'une des ses femmes, et qu'il lui doit de la sorte une esclave noire en guise d'indemnité de divorce. »

 

On voit qu'il recourut dans son récit concernant le Compagnon 'Abd Ur Rahmân Ibn 'Awf à une communication qui lui est transmise, sans préciser par qui, ni quelle chaîne remonte à 'Abd Ur Rahmân Ibn 'Awf .

 

Et si Mâlik acceptait les ahâdith mursal ainsi que les balâghât, c'est qu'il en choisissait soigneusement les rapporteurs, qui devaient remplir toutes les conditions requises avant qu'il n'accepte leur chaîne.

 

Il semble d'ailleurs que l'admission du hadîth mursal était répandue à l'époque de Mâlik, car les transmetteurs sûrs parmi les Tâbi'în déclaraient qu'ils détachaient le nom du Compagnon s'ils avaient rapporté ce hadîth d'un nombre important de Compagnons. Ainsi, Al Hasan Al Basrî a dit : « Si 4 Compagnons sont d'accord sur un hadîth, ils le détachent définitivement suite à cela. » Et il a dit également : « Si je vous dis : « Untel m'a rapporté », ce sont ses propos et pas ceux d'un autre, alors que je si je dis : « Le Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) a dit », c'est que je l'ai entendu de 70 personnes, voir même plus. »

 

On rapporte également que Al A'mash a dit : « J'ai dit à Ibrâhîm : « Si tu me rapportes unhadîth citant 'Abdu Llâh, alors étaye-le par une chaîne de transmission. » Il me répondit : « Si je dis : « Untel m'a rapporté les propos de 'Abdu Llâh », alors c'est celui-là même qui me l'a transmis, et si je dis : « 'Abdu Llâh a dit », alors plus d'un me les ont transmis. ». »

 

Il semble dont que le hadîth mursal était répandu avant que ne se répandent les ahâdîth forgés (mawdû'), rendant alors nécessaires les chaînes continues pour faire connaître le rapporteur et mettre en lumière son éventuel mensonge. C'est ce que confirme Ibn Sîrîn qui a dit : « Nous ne détaillions pas la chaîne de transmission avant que les troubles n'apparaissent. »

 

C'est ainsi que Mâlik, tout comme Abû Hanîfah, a admis les ahâdîth mursal dans les limites que nous avons précisées, à savoir la condition de transmetteurs sûrs. »

 

Fin de citation.

 

Source : Târîkh Ul Madhâhib du Shaykh Muhammad Abû Zahrâ° (qu'Allâh lui fasse miséricorde).


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