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Vendredi 12 mars 2010 5 12 /03 /Mars /2010 21:46

Al Imâm Ahmad At Tijânî (qu'Allâh l'agrée) a été interrogé sur un passage du livre Al Ibrîz au sein duquel il est dit : « Il m'a appris le tawhîd des Connaissants d'Allâh (Al 'Ârifîn bi Llâh), les Sûfî, et il m'a dit : « C'est sur quoi étaient les compagnons du Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui). ». » ; et dans un autre passage : « […] et tous les Salaf Us Sâlih. »


Puis Ibn Al Mubârak [Al Lamatî] (qu'Allah l'agrée) a dit : « Après avoir compris ce qu'il insinuait, je lui dis alors : « Ô Sayyidî ! Si les gens savaient cette vérité du tawhîd, la communauté ne se serait jamais divisée en 73 groupes ! ». »


Dans un autre passage, il a ajouté ceci : « Je me suis tranquillisé et mon cœur s'est apaisé », et d'autres paroles de ce genre.


Il répondit alors : « En effet, c'est bien cela que le Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) a voulu écrire vers la fin de sa vie pour que sa communauté ne s'égare jamais après lui. »


Un questionneur a alors interrogé l'Imâm Ahmad At Tijânî (qu'Allâh l'agrée) en ces termes :


« Ô Sayyidinâ, que voulait-il dire par le terme « tawhîd » ?


S'agirait-il, conformément à vos dires, de l'Unicité de l'Être (Al Wahdat Ul Wujûd) tel que le conçoivent les Connaissants d'Allâh ou bien, s'agirait-il de l'Unicité telle que la conçoivent les théologiens scolastiques (al mutakalimîn) ?


S'il s'agissait de la première éventualité, il n'y a point de divergence possible à son sujet. Or, vous savez bien que les savants exotériques altèrent son contenu et considèrent ainsi ses adeptes comme des mécréants. Par contre, si vous optez pour la deuxième éventualité, les Sunnites n'ont pas établi un consensus et ils adoptent des avis divergents à son sujet.


De plus, il est inconcevable que l'auteur de Al Ibrîz (Ash Shaykh 'Abdu Llâh Ibn Al Mubârak Al Lamatî (qu'Allâh l'agrée)) ne le connaisse pas, et donc il s'agirait d'un tawhîd autre que celui qui est défendu par les mutakallimîn et dont Ibn Al Mubârak (qu'Allâh l'agrée) ainsi que ses semblables furent au courant de sa portée et de son implication. Alors pourquoi cela ne fut-il pas dévoilé dans les livres et les écrits afin que son bénéfice englobe la communauté et l'assainisse ?


Ensuite, pour quelle raison en a fait-on un secret indicible ? Enfin, est-il permis de cacher le véritable tawhîd qui est le garant du salut apparent et caché dans les deux demeures ? »


Al Imâm Ahmad At Tijânî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a alors répondu :


« On peut définir le tawhîd des mutakallimîn de la manière suivante : C'est le fait d'écarter toutes formes d'incohérences dans le dogme du tawhîd dû à des ambiguïtés qui engendre des perceptions imparfaites, des atteintes à l'intégrité Divine et des manquements envers la plénitude des Attributs Seigneuriaux étant donné qu'il n'est possible d'écarter ces ambiguïtés qu'à travers des preuves rationnelles basées sur les certitudes élémentaires de la raison. Les adeptes de cette démarche font face à une grande rudesse vu l'étendue des ambiguïtés qui peuvent s'abattre sur eux et les induire en doute et en confusion.


Quant au tawhîd des 'Ârifîn il consiste à adorer un seul Dieu avec agrément et soumission face à Son Décret de sorte qu'ils ne comptent dans leurs affaires que sur un Dieu unique, ne s'orientant avec leurs cœurs et leurs aspirations que vers Lui, ne s'en remettant qu'à Lui pour attirer ses bienfaits ou repousser les nuisances, n'aimant que Lui, ne désirant à travers chacun de leurs souhaits que Lui.


Ils ne possèdent guère de volonté et de force propre, car celles-ci tout entières n'appartiennent qu'à Lui. Ils considèrent que le début de leur quête, leur fin ou leur parcours médian ne sont réservés exclusivement qu'à Lui.


Ceci implique de leur part un détachement complet des passions sous toutes ses formes, apparentes ou cachées, flagrantes ou implicites jusqu'à l'ultime limite des ruses infligées par le nafs, les passions et le démon.


Ainsi s'ils manifestent, ne serait-ce qu'un infime moment de suivi dans leurs passions, ils n'auront alors point intégré le dogme de l'Unicité Divine et n'auront point réalisé la servitude à un Dieu Unique.


Quand ils arrivent à ce stade de tawhîd dans sa plénitude, l'assimilent parfaitement et finissent par s'immerger avec conscience de l'Unicité Divine, dans l'océan de l'agrément et de la soumission ; ils ne peuvent plus échapper aux Décrets Divins, quelles que soient leurs portées, bonnes ou mauvaises, car en réalité personne ne peut choisir avec Allâh. Par contre s'ils manifestent un choix quelconque, ils se sont forcément divinisés avec Lui.


À ce stade de réalisation, soulagés des difficultés du choix face à la destinée, ils se voient placés sur le tapis de la félicité et des bienfaits après avoir ôté l'accoutrement de la rudesse engendré par les tracasseries du choix.


Ils s'installent ainsi auprès d'Allâh sur l'étendue de la proximité et de l'intimité. On ne peut imaginer ce qu'ils peuvent avoir en tant que dons, faveurs, réalisations, espérances, honneurs, magnificences et largesses, tout ceci ne pouvant être dénombré ou délimité.


Ceci est le tawhîd des 'Ârifîn dont Mulay'Abd Ul 'Azîz Ad Dabbâgh (qu'Allah l'agrée) informa son compagnon Ibn Al Mubârak (qu'Allah l'agrée). De sorte qu'il fut délivré de toutes les rudesses qui s'abattent sur les mutakallimîn à cause des questions ambiguës et équivoques. Quant au tawhîd des 'Ârifîn, il est exempté de toutes ces difficultés. »


Puis, Al Imâm Ahmad At Tijânî (qu'Allâh l'agrée) rajouta ceci, en exposant l'exemple de deux personnes :


« La première est affectée par les malaises de la maladie, chaque fois qu'elle est débarrassée de l'une d'entre elles, voilà qu'une autre plus grave l'afflige. C'est pour cette raison qu'elle ''est consacrée à la recherche médicale à travers l'étude des livres de la médecine, les médicaments qui leurs correspondent, les modalités dans la médication relative à la posologie et leur ingestion seule ou combinée. Ainsi, le chercheur est constamment face à une contrainte immense due au rude labeur d'entretenir son savoir. Non seulement il peut subir des revers dans l'éventualité où il se trompe, mais aussi, il voit une bonne partie de ses requêtes insatisfaites puisqu'il s'est donné entièrement à l'acquisition de cette science ainsi qu'à ses différentes disciplines.


Quant à la deuxième personne, elle a toujours eu un parfait état de santé, Allâh l'a préservé de toutes formes et causes de maladie, en conséquence, elle a négligé toutes les disciplines médicales et leurs fondements. Si la première personne la blâmait à cause de cela en affirmant : « Ton ignorance de la médecine va te causer du tort ! » La seconde personne lui répondrait alors : « Certainement, une personne gravement malade comme toi a besoin de la médecine quant à moi je n'ai jamais goûté à la maladie donc je n'ai pas besoin de médicament.


Quant à sa parole : « S'il s'agit d'un tawhîd autre que celui qui est défendu par les mutakallimîn et dont Ibn Al Mubârak (qu'Allâh l'agrée) ainsi que ses semblables furent au courant de sa portée et de son implication, alors pourquoi cela ne fut-il pas dévoilé dans les livres et les écrits afin que son bénéfice englobe la communauté et l'assainisse ? »


La réponse est qu'ils ne l'ont pas caché, car ce tawhîd est ce qui a été transmis et enseigné par tous les Prophètes (que La Paix soit sur eux) aux communs des gens. Mais ce tawhîd a fini par être délaissé et sa voie fut abandonnée, car le commun des mortels est enclin aux futilités de la dialectique, à l'approche de ses règles ainsi qu'aux fondements des preuves raisonnables et aux évidences rationnelles.


Ils pensent que cette démarche est l'aboutissement même de la connaissance de Dieu et de Sa proximité. Or ils ignorent que cela est le summum de l'éloignement de Dieu et l'artifice même de l'égarement. La cause qui les a induits dans l'erreur est le fait que les spécialistes de la théologie scolastique aient été influencés en raison de leur fréquentation avec les philosophes.


Or, ceux-là établissent que la science de l'Unicité véritable consiste à étudier la Science Divine à travers le support de la raison et des évidences logiques. C'est bien de la sorte qu'Allâh les a éloignés de sa connaissance, de la voie de sa proximité et de la saisie de sa Majesté.


Les compagnons du Prophète (que La Prière et La Paix d'Allâh soient sur lui) n'ont pas eu connaissance de cette science discursive, ils étaient versés dans le tawhîd des Messagers (que La Paix soit sur eux).


Ce tawhîd tire son usufruit et son goût exquis du discours manifeste du Divin, énoncé dans les Livres révélés par Allâh à la création, par l'intermédiaire des Messagers (que La Paix soit sur eux). Il se base aussi sur leurs enseignements au commun des gens au sujet de la Connaissance d'Allâh, de ses Attributs, de sa Grandeur et de sa Majesté.


À partir du troisième siècle de l'hégire, les sciences de la philosophie infiltrèrent le dogme de l'Unicité à travers des expressions étrangères portées à séduire les gens curieux et les éloigner d'Allah.


Chaque fois que quelqu'un maîtrisait cette science, il dominait les assemblées des gens et des ignorants et il prétendait être arrivé au summum des degrés de la Connaissance d'Allâh et de Sa Majesté grâce à ce savoir.


Puis il déclarait en public que celui qui ne le maîtrisait pas ne connaît rien de la science. En conséquence, les âmes des gens ont fini par se rallier à eux à cause de leurs tendances à suivre les curiosités, ainsi que devant l'estime dont ils jouissaient auprès de la masse, des rois et des princes.


Au fur et à mesure des époques, génération après génération, sans qu'il n'y ait la moindre contestation ou réprimande à leur égard, la science du tawhîd révélée par les Messagers (que La Paix soit sur eux) a fini par tomber dans l'oubli.


Ainsi, ceux qui ont adopté l'approche des philosophes en matière de tawhîd furent appelés les spécialistes de la théologie scolastique (al kalâm) a discursive tandis que ceux qui cheminent sur la voie du tawhîd des Messagers (que La Paix soit sur eux tous) furent appelés Sûfî.


Quant aux 'Ârifîn qui ont adopté la discipline de la théologie scolastique telle que Al Ash'arî, As Sanûsî et d'autres, ils ne l'ont fait que par mansuétude et tact envers le commun des gens, à un moment où le tawhîd des Messagers (que La Paix soit sur eux) n'aurait pu être rétabli que par la force.


Alors, ils ont souscrit aux preuves rationnelles, accessibles à la perception collective dans le domaine du tawhîd, pour permettre aux gens de suivre les recommandations Divines de leur propre gré et sans contrariété.


Ils pensaient que cette option était préférable à l'usage de la force, car celle-ci ne mènerait qu'à une adhésion religieuse forcée. Cette contrariété les a poussés à adopter la discipline de la théologie scolastique. »


Fin des propos de l'Imâm Ahmad At Tijânî (qu'Allâh lui fasse miséricorde).


Source : Jâmi' Ul Karîm de l'Imâm Muhammad Ibn Al Mushrî Al Hasanî (qu'Allâh lui fasse miséricorde). Traduit par www.tidjaniya.com.

Par at-tawhid.net - Publié dans : Soufisme - Tasawwuf
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