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Les 7 Fuqahâ (Juristes) de Médine (Abû Zahrâ° et Ibn Khallikân)

17 Mars 2012, 16:15pm

Publié par at-tawhid.net

Ash Shaykh Muhammad Abû Zahrâ° (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit :    

 

« Si 'Umar [Ibn Al Khattâb]a été suivi dans son ijtihâd par la plupart des Compagnons de son temps, qu'il conseillait particulièrement, comme 'Alî, Zayd [Ibn Thâbit], Ibn Mas'ûd, Ibn 'Abbâs, et d'autres parmi les Compagnons du Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui), celui qui rapportait la pensée de 'Umar rapportait en même temps la pensée de ces derniers, et les rapporteurs de sa pensée étaient, entre autres, son fils ['Abdu Llâh] et Zayd à Médine.

 

Les savants retinrent ainsi 7 noms parmi les Fuqahâ qui transmirent sa pensée et le suivirent dans ses méthodes, et décidèrent qu'ils était les Tâbi'în dont il fallait conserver la mémoire et qui étaient les dépositaires de la science de Zayd, de 'Umar, de son fils et de 'Âïshah : à savoir Sa'îd Ibn Al Musayyib, 'Urwah Ibn Az Zubayr, Al Qâsim Ibn Muhammad, Khârijah Ibn Zayd, Abû Bakr Ibn 'Abd Ir Rahmân Ibn Al Hârith Ibn Hishâm, Sulaymân Ibn Yasâr et 'Ubaydu Llâh Ibn 'Abdi Llâh Ibn 'Utbah Ibn Mas'ûd. » [Târîkh Ul Madhâhib].

 

Al Imâm Shams Ud Dîn Ibn Khallikân (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit : « Les 7 Fuqahâ de Médine vivaient à la même époque et c'est à partir d'eux que la science et les décisions juridiques se répandirent à travers le monde. Un savant a réunit leurs noms à travers les propos suivants : « Si l'on dit : « 7 puits de science en religion dont la transmission ne s'écarte pas de la science », alors dis que leurs noms sont : 'Ubaydu Llâh, 'Urwah, Qâsim, Sa'îd, Sulaymân, Abû Bakr et Khârijah. » […] Ils furent désignés sous l'appellation des 7 Fuqahâ car leur habilitation a donné la fatwâ° leur est venu des Compagnons de Muhammad (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) et ils furent ainsi connus publiquement en tant que Muftis. » [Wafayât Ul A'yân].

Ash Shaykh Muhammad Abû Zahrah (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit aussi : « Ces 7 fuqahâ (juristes), et ceux qui étaient de leur rang intellectuel, furent à l'origine du fiqh médinois, fondée sur les fatawâ° des Compagnons du Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) qui les avaient précédés, ainsi que l'analogie entre les verdicts des cas pour lesquels ils ne trouvaient pas de fatwâ° déjà existante. Ils pratiquaient l'ijtihâd dans de nombreux cas, mais dans le cadre déjà fixé pour le fiqh des Compagnons, et sans s'engager dans la casuistique des Irakiens [1]. » [Târîkh Ul Madhâhib].

 

Il est généralement admis que ces 7 grands juristes de Médine qui marquèrent la Ummah à travers les siècles sont :

 

  • Sayyidunâ Sa'îd Ibn Al Musayyib.

 

Et Ash Shaykh Muhammad Abû Zahrâ° (qu'Allâh lui fasse miséricorde) précisa :  

 

« Nous avons déjà dit à propos de Mâlik qu'il comptait plutôt Sâlim [Ibn 'Abdi Llâh Ibn 'Umar Ibn Al Khattâb] et Abû Salamah [Ibn 'Abd Ir Rahmân Ibn 'Awf] parmi les 7 Fuqahâ et qu'il excluait Abû Bakr Ibn Al Hârith Ibn Hishâm et 'Ubaydu Llâh Ibn 'Abdi Llâh Ibn 'Utbah Ibn Mas'ûd. Certains excluent également Sulaymân Ibn Yasâr.

 

De ce fait, il n'est pas raisonnable de limiter à 7 le nombre de ceux qui ont transmis le fiqh des Compagnons, car nombreux étaient ceux qui étaient éminents [...]

 

Nous devons dire que ces Fuqahâ ne se limitaient pas toujours à la simple transmission, mais commentaient également le fiqh des Salaf et donnaient une opinion lorsqu'ils ne trouvaient pas un récit du Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) ni des Compagnons, élaborant à partir de ce qui étaient connu des jugements du Prophète. Certains se sont surtout intéressés à la science du hadîth comme 'Urwah Ibn Az Zubayr, tandis que la plupart des autres s'étaient orientés vers l'iftâ° et le fiqh.

 

C'est ce qui nous fait dire que le fiqh d'interprétation personnelle (ar râ°î) [2] tenait chez ces Fuquhâ une place particulière, même si la transmission y jouait un rôle important. Quant à la différence entre Irakiens et Médinois, elle résidait dans le fait que les premiers pratiquaient également l'iftâ° pour des questions relevant de l'hypothèse, tandis que les seconds s'intéressaient uniquement à des cas réels, appliquant leur fiqh d'interprétation personnelle aux fatawâ° des Compagnons dûment transmises, ainsi qu'aux jugements du Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui).

 

Puis ils transmirent leur fiqh à Ibn Shihâb, Rabî'ah et ceux de la même génération, qui eux-mêmes le transmirent à Mâlik. Ses maîtres étaient donc tantôt orientés vers le fiqh d'interprétation personnelle, comme Rabî'ah et Yahyâ Ibn Sa'îd, et tantôt vers le hadîth comme Ibn Shihâb.

 

On ne sera donc pas étonné de constater la place singulière accordée au râ°î dans le fiqh de Mâlik. » [Târîkh Ul Madhâhib].

 

Notes :

 

[1] La casuistique est un domaine traitant des cas de conscience, des faits n'ayant pas réellement existé mais dont on imagine l'éventuelle existence future et le fiqh à appliquer si jamais de tels faits survenaient. Les savants Irakiens s'attardèrent beaucoup sur cela.

[2] Le terme « râ°î » (رَأْي) désigne l'opinion personnelle du juge. Le juge choisit alors soit la solution qui lui semble la meilleure lorsque aucune indication n'a été fournie par les quatre premières sources (que sont le Qur°ân, la Sunnah, l'Ijmâ' et le Qiyâs), cette pratique étant appelée al istihsân (اِستِحسان) ; soit celle qui répond au principe d'utilité générale, qui est une pratique appelée al istislah (اِستِصلَح).


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