at-tawhid.net

Mise en garde contre l'accusation de mécréance portée avec désinvolture (Ahmadu Mash-hûr Al Haddâd)

17 Avril 2012, 19:07pm

Publié par at-tawhid.net

Al Imâm Al Habîb Ahmadu Mash-hûr Al Haddâd (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit :

 

« Sache que le devoir d'enjoindre à faire le bien et d'interdire le mal doit être assumé avec sagesse et par une exhortation courtoise.

S'il faut entamer un débat avec quelqu'un, cela doit être fait de la meilleure façon possible.

Allâh (qu'Il soit exalté) dit :  « Par la sagesse et la bonne exhortation appelle les gens au sentier de ton Seigneur. Et discute avec eux de la meilleure façon. » [Sourate 16 - Verset 125].

Cela a plus de chance de mener à l'acceptation et à la réussite. Faire autrement serait une erreur et une bêtise.

Supposons que tu voies un musulman prier, remplir ses obligations envers Allâh, éviter ce qu'Il a interdit, diffuser Son message et construire Ses mosquées et Ses écoles, et que tu veuilles l'inviter à faire quelque chose que tu penses correct et que tu constates qu'il pense différemment, alors que cette question particulière a été depuis longtemps un sujet de controverse entre les savants, certains affirmant la validité d'un certains point de vue alors que d'autres la refusent, et qu'il refuse de suivre ton conseil. Si alors tu l'accuses d'incroyance uniquement parce que son opinion est différente de la tienne, tu te rends coupable d'un crime monstrueux et d'une déviance grave qu'Allâh a interdits, car Il t'a ordonné d'avoir recours à la sagesse et à la bienveillance.

C'est un consensus ('ijmâ) au sein de la nation de considérer qu'il est interdit d'accuser d'incroyance quelqu'un qui reconnait la qiblâ, sauf s'il nie Allâh L'Omnipotent, Le Majestueux (qu'Il soit exalté), commet l'idolâtrie de façon flagrante, sans interprétation possible, nie la prophétie, rejette ce qui est connucomme étant un élément indispensable de la religion, ou qui a été transmis par des chaînes de transmission nombreuses (tawâtur) ou la connaissance indispensable confirmée par le consensus de la nation.

Quiconque rejette une chose connue comme étant un élément indispensable de la religion, comme le tawhîd, la prophétie, le statut de Sceau des Prophètes de Muhammad (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui), la résurrection au Jour Dernier, la récompense et le châtiment, ou le jardin et le feu, est un incroyant.

Aucun musulman ne peut invoquer son ignorance de ces choses comme excuse, sauf s'il vient d'entrer récemment dans l'â, auquel cas il est excusable jusqu'à ce qu'il les ait apprises.

Le tawatûr est la transmission d'informations par un grand nombre de gens connus avec certitude comme incapables de conspirer ensemble pour concevoir un mensonge, qu'ils auraient à leur tour transmis à un groupe semblable à eux-même. Il peut s'agir de la chaîne de transmission (îsnad) comme par exemple dans le cas du hadîth dans lequel le Prophète dit :

« Quiconque ment délibérément à mon sujet doit se préparer à occuper sa place en Enfer. »  Ce hadîth est rapporté par plus de 75 compagnons, et répertoriés par Al Bukhari, Muslim, At Tirmidhi, Ibn Mâjah, An Nasâ°î, Ahmad, Al Bayhaqî, At Tabarânî, Al Bazzâr et Abû Ya'lâ.

La transmission peut se faire autrement, en relation avec une génération entière, comme ce fut le cas de la transmission du Qur°ân, qui fut transmis par des générations entières, qui l'étudiaient, le mémorisaient, le récitaient et l'enseignaient sur toute la terre, de l'Orient à L'Occident, si bien que chacun le recevait de quelqu'un d'autre ; il n'avait donc pas besoin de chaîne de transmission.

Il peut aussi s'agir de la transmission de masse d'une action, telles que les actions connues de la période prophétique dont la connaissance est venue jusqu'à nous. La transmission d'information peut aussi prendre la forme que prend par exemple la transmission des miracles, dont les circonstances sont transmises par des chaînes simples, mais dont l'ensemble se transmet par tawâtur, au point de constituer une connaissance certaine pour chaque musulman.

Juger qu'un musulman est un incroyant, dans des conditions autres que celles que nous avons évoquées plus haut, est dangereux. Et il y a un hadîth qui dit : « Si un homme dit à son frère : « Tu es un mécréant ! » alors l'un des deux mérite ce qualificatif. »  [Al Bukhâri et Muslim].

Un tel jugement ne peut être porté que par celui qui, à la lumière de la Sharî'ah, est capable de discerner les tenants et les aboutissements de l'incroyance et de percevoir clairement les frontières établies par la shari'ah pour distinguer foi et mécréance. Il n'est pas permis à quelqu'un de porter une accusation à ce sujet et de déclarer des gens en dehors de l'islam sur la base de sa propre imagination et de conjectures, sans chercher des preuves et acquérir une certitude fermement établie, et en l'absence d'une connaissance solide. Sinon, une grande confusion va s'ensuivre, et il ne resterait que très peu de musulmans sur la surface de la terre.

Il n'est pas non plus permis d'accuser des pécheurs de mécréance aussi longtemps qu'ils ont la foi et prononcent les deux témoignages.

Anas rapporte dans un hadîth que le Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) a dit : « Il y a trois choses à la racine de la foi : d'abord s'abstenir de porter préjudice à quiconque dit « lâ ilâha illa Llâh », de l'accuser d'incroyance à cause d'un péché, et de l'expulser hors de l'islam à cause de ses actes. Ensuite la poursuite de jihâd, depuis le jour où Allâh m'a envoyé jusqu'au jour où le dernier qui restera de ma nation combattra le dajjâl, jihâd que ni la tyrannie des tyrans ni la justice des justes n'interrompront. Enfin, la croyance en le destin. »  [Abû Dawûd].

Et Al Imâm Ul Harâmayn Al Juwaynî avait coutume de dire : « Si on nous demandait de définir quelles expressions doivent être évaluées comme étant de l'incroyance, et lesquelles ne doivent pas l'être, nous dirions qu'on ne peut y parvenir, car c'est un but lointain qu'on ne peut atteindre que par une route difficile, déduite des fondements même du tawhid. Quiconque n'a pas complètement assimilé les limites ultimes des réalités est incapable de constituer les preuves nécessaires à un verdict d'incroyance inébranlable. »

C'est pour cette raison que nous mettons les gens en garde contre le fait de porter à la légère une accusation d'incroyance, en toutes circonstances autres que celles précisées ci-dessus, car c'est un sujet d'une extrême gravité.

Allâh guide sur le chemin droit, et c'est vers Lui que nous voyageons. »

 

Fin de citation.

 

Source : Miftah Ul Jannah de l'Imâm Al Habîb Ahmadu Mash-hûr Al Haddâd (qu'Allâh lui fasse miséricorde).


Commenter cet article