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Quelques états endurés par les mourants (Al Ghazâlî)

7 Mars 2010, 20:27pm

Publié par at-tawhid.net

A partir du moment ou l'âme est réunie dans le cœur, les états endurés par les mourants diffèrent selon la foi des uns et des autres.

 

Al Imâm Abû Hâmid Al Ghazâlî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) en relata quelques-uns en ces termes :

 

« Il y a des hommes que l'Ange transperce avec une lance empoisonnée qui a été trempé dans un poison de feu. Alors, l'âme s'échappe, elle s'écoule en sortant et l'Ange la saisit dans sa main, tandis qu'elle tremble, plus semblable au vif-argent que toute autre chose. Elle a la grosseur d'une abeille tout en gardant son individualité humaine ; ensuite, les Anges justiciers s'en emparent.

 

Il y a d'autres hommes au contraire dont l'âme est extraite dans le larynx. Mais il ne reste dans le larynx qu'une partie détachée, qui est reliée au cœur. Alors, l'Ange la transperce avec cette lance que nous avons déjà décrite, car l'âme ne se sépare complètement du cœur que lorsqu'elle a été transpercée.

 

Le secret de cette lance est qu'elle fut empoisonnée dans la mer de la mort. Lorsqu'on la place sur le cœur, sa vertu se propage de là dans tout le reste du cœur, à la manière du venin le plus subtil. C'est dans le cœur qu'est placé le secret de la vie, et le secret du cœur laisse des traces sur lui dès la première création. Un théologien a dit : « La vie n'est pas identique à l'âme ; la vie c'est la fusion qui s'opère entre l'âme et le corps. »

 

Tandis que l'âme persiste à monter et à s'élever, le mourant est assailli par de multiples tentations. Celles-ci consistent dans le fait qu'iblîs lance ses auxiliaires contre cet homme en particulier, il les emploie contre lui et le remet entre leurs mains. Ils viennent donc à lui pendant qu'il est dans cet état, et revêtent à ses yeux l'apparence de ceux qui ne sont plus, qui lui furent chers, qui sont morts et qui lui donnaient de bons conseils durant la vie terrestre, comme par exemple son père, sa mère, son frère, sa sœur, ou encore son ami proche.

 

Ils lui disent : « Tu va mourir, ô toi, untel, et nous, nous t'avons déjà précédé. Meurs donc en juif, car elle est la religion agréable pour Allâh L'Exalté. » S'il se détourne d'eux et leur oppose un refus, il en vient d'autres qui lui disent : « En chrétien, car c'est la religion du Messie par laquelle il a abrogé celle de Mûsâ ! » Ils lui rappellent ainsi l'ensemble des articles de foi de chaque religion.

 

C'est en cette circonstance qu'Allâh (qu'Il soit exalté) fait avouer ceux dont Il a démasqué l'infidélité. Tel est le sens de cette Parole d'Allâh (qu'Il soit exalté) : « Seigneur! Ne laisse pas dévier nos cœurs après que Tu nous aies guidés ; et accorde-nous Ta miséricorde. C'est Toi, certes, Le Grand Donateur (Al Wahhâb). » [Sourate 3 – Verset 8]. Ce qui signifie : ne rends pas nos cœurs infidèles au moment de la mort alors que Tu nous a guidés dans la foi depuis si longtemps !

 

Quand Allâh a résolu de diriger un homme et de l'affermir [dans la foi], Il envoie vers lui l'Ange de la Grâce (on dit que c'est Jibrîl). Celui-ci chasse les démons loin du mourant et fait disparaître la pâleur livide de son visage, de sorte que le mourant souris infailliblement. Souvent, on voit le mourant sourire de joie dans cette situation à cause du bon Ange qui est venu par la grâce d'Allâh (qu'Il soit exalté). Et l'Ange lui dit : « Ô toi untel, ne me connais-tu pas ? Je suis Jibrîl, mais ceux-là sont tes ennemis, les démons. Meurs dans la religion orthodoxe, la religion musulmane. » Il n'est pas de chose plus aimable et plus réjouissante pour l'homme que cet Ange. C'est là la Parole d'Allâh (qu'Il soit exalté) : « Accorde-nous Ta miséricorde. C'est Toi, certes, Le Grand Donateur (Al Wahhâb). » [Sourate 3 – Verset 8]. Alors, il meurt selon sa nature originelle (al fitrah).

 

Il y a des hommes qui sont transpercés pendant qu'ils sont en prière, d'autres pendant qu'ils dorment, d'autres pendant qu'ils vaquent à leurs occupations, d'autres enfin pendant qu'ils s'adonnent au jeu : car c'est un coup imprévu, et l'âme est enlevée d'une seule fois.

 

Il y a des hommes qui, lorsque l'âme atteint leur gorge, voient apparaître à leurs yeux les gens de leur connaissance qui les ont procédés, et ceux d'entre leurs voisins qui sont morts les entourent. Alors, le mourant pousse un mugissement que toute chose entend sauf les hommes : si ceux-ci l'entendaient, ils mourraient. »

 

Fin de citation.

 

Source : Durrat Ul Fâkhirah de l'Imâm Abû Hâmid Al Ghazâlî (qu'Allâh lui fasse miséricorde).


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