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Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 10:08

Il fut l'un des grands savants de son temps, un spécialiste du Hadîth, un théologien Ash'arite, un Muftî Shâfi'ite et un Qâdî apprécié, un spécialiste de la langue arabe ainsi qu'un poète de renom. Il était également un grand historien qui laissa son empreinte dans l'Histoire avec son ouvrage intitulé Wafayât Ul A'yân wa Anbâ° Abnâ Iz Zamân, où il y mentionne de nombreuses biographies de savants, de soufis, de poètes, de califes et de gouverneurs, qui servent de référence jusqu'à nos jours pour nombres d'historiens. Il fut l'un des plus brillants élèves de l'Imâm Taqîy Ud Dîn Abû 'Amr Ibn As Salâh (qu'Allâh lui fasse miséricorde).

 

Ash Shaykh Jamâl Ud Dîn Abul Mahâsîn Ibn Taghrîbirdî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) fit sa biographie en ces termes :

 

« Abul 'Abbâs Ahmad Ibn Muhammad Ibn Ibrâhîm Ibn Abî Bakr Ibn Khallikân Ibn Bâwak Ibn Shâkal Ibn Al Husayn Ibn Mâlik Ibn Ja'far Ibn Yahyâ Ibn Khâlid Ibn Barmak, surnommé Shams Ud Dîn (le Soleil de la Religion Islamique), descendait d'une famille originaire de Balkh. Cet éminent savant et partisan du Madh-hab Shâfi'ite naquit à Irbil, mais résida et mourut à Damas (Dimashq), où il occupa le poste de Qâdî. Suite à son talent et ses écrits, il mérita le titre honorifique de personne la plus savante et d'historien le plus compétent de la ville de Damas.

 

Il naquit le Mardi 11 Rabî' Uth Thânî 608 de l'Hégire. Sa mère descendait de Khalaf Ibn Ayyûb, un disciple de Abû Hanîfah. Il vécut les premières années de sa vie à Irbil et alla ensuite à Mossoul où il étudia le fiqh. Il était encore dans la fleur de la jeunesse lorsqu'il alla à Damas. Après y avoir résidé durant un court délais, il voyagea en Égypte où il reprit ses études et acquit de solides connaissances dans tous les domaines de science, tandis qu'il atteignit un haut rang en tant que juriste, théologien et grammairien. Dans ce pays, il exerça en tant que Muftî et professeur, sans pour autant négliger de cultiver ses talents de prosateur et de poète.

 

Une fois nommé au poste de Qâdî de Damas, il quitta Le Caire le 27 Dhul Hijjah 666 H. et arriva [à Damas] le 3 Muharram 667 H. Durant une période de 10 ans, il remplit lui-même les fonctions de son cabinet. C'est ainsi que dans un premier temps, il exerça son mandat sans avoir aucun collègue, puis il reçut ensuite l'information comme quoi un décret avait été publié sur l'ordre du noble prince Mâlik AzZâhir [Baybars], établissant le fait qu'il devait y avoir désormais 4 Qâdî [chacun appartenant à l'une des 4 écoles juridiques Sunnites, et non plus qu'exerce un seul Qâdî affilié au Madh-hab Shâfi'ite]. Trois actes d'investitures furent donc mis en place, établis en faveur de Shams Ud Dîn 'Abdu Llâh Ibn Muhammad Ibn 'Atâ° Al Hanafî, Zayn Ud Dîn 'Abd Us Salâm Az Zawâwî Al Mâlikî, et Shams Ud Dîn 'Abd Ur Rahmân Al Hanbalî. Avant cela, il n'y avait qu'un seul Qâdî qui était Shâfi'ite. [1] Il fut d'ailleurs remarqué comme une extraordinaire coïncidence par le Shaykh Shihâb Ud Dîn Abû Sâmah qu'il y eut au même moment, 3 Qâdî de la ville de Damas à être surnommés « Shams Ud Dîn ». C'est à cet occasion que furent composée ces quelques lignes par l'un des lettrés de cette ville : « Les Damascènes sont les témoins d'un véritable miracle : plus grand était le nombe de soleils, plus le monde sombrait dans l'obscurité. ». Un autre poète a dit sur le même sujet : « Les gens de Damas sont désorientés par la multitude d'avis juridiques. Ses juges sont tous des soleils, mais néanmoins [les Damascènes] sont dans les ténèbres ! »

 

Plus tard, Ibn Khallikân fut soustrait de son poste de Qâdî de Damas et alla au Caire où il fut nommé adjoint du Qâdî en chef (Qâdî Ul Qudât) Badr Ud Dîn As Sinjârî. Durant son séjour [au Caire], il poursuivit ses travaux litteraires et remplit les fonctions de professeur et de Muftî jusqu'à sa nouvelle nomination au poste de Qâdî de Damas, en tant que successeur de 'Izz Ud Dîn Ibn Sâ°igh. Il partit donc ensuite pour cette ville et à l'approche de son arrivée, le gouverneur 'Izz Ud Dîn 'Aidmur sortit en grandes pompes avec les gouverneurs et la cour afin de le recevoir. Quant aux habitants [de la région], beaucoup avaient déjà entrepris un voyage de quelques jours pour le rencontrer sur la route. A l'occasion, de nombreux chants furent composés par des poètes dans lesquels ils le congratulaient pour sa réintégration [au poste de Qâdî de Damas] [...]

 

Il continua à remplir ses fonctions de Qâdî de Damas jusqu'à ce qu'il fut congédié en 680. Depuis cette période jusqu'au jour de sa mort, il ne sortit plus de chez lui. Il mourut le Samedi 20 Rajab 681 de l'Hégire à l'Université Nâjibiyyah à Damas, et fut enterré au Mont Al Qâsiyyûn.

 

Il fut un homme très réputé pour la qualité de ses enseignements, versé dans divers domaines de science et hautement qualifié. Il fut un savant, un poète, un compilateur et un historien. Son célèbre ouvrage biographique Al Wafayât est le sommet de la perfection. Les poètes qui lui étaient contemporains furent naturellement poussés à chanter ses louanges à travers de magnifiques poèmes tellement sont caractère était bon, ceux-ci étant certains de bénéficier d'une grande reconnaissance de par sa générosité. Son comportement fut empreint de circonspection, de modération et d'indulgence à l'égard des défauts des autres.

 

Lorsqu'il résida en Égypte suite à sa première révocation de son poste [de Qâdî de Damas], sa condition de vie fut assez restreinte durant une courte période. Alors, lorsque le trésorier en chef Badr Ud Dîn fut informé de sa situation, ce dernier ordonna qu'on lui fasse don d'une grande somme d'argent ainsi que de 100 ardabs de blé ; cependant, il ne consentit jamais a accepter ce don. Al HâfizQutb Ud Dîn le mentionna dans son Târîkh comme étant un Imâm, un savant, un érudit, un juge équitable, un historien et un traditionniste. » [Manhal Us Safî wa Al Mustawfî Ba'd Il Wâfî].

 

Et Al Hâfiz Abû Muhammad Al Birzâlî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit également à son sujet : « Il fut l'un des plus illustres savants de son temps, l'Imâm des érudits de son époque, à vrai dire il était même le plus illustre. Il était un Shaykh dans un grand nombre de domaines de science dont la Sharî'ah, la grammaire, l'Histoire et la philologie. Il écrivit un ouvrage d'Histoire très précieux dans lequel il mentionne spécifiquement les biographies des gens ayant atteint une certaine notoriété dans leurs domaines respectifs. Il occupa durant un certains le poste de Qâdî Shâfi'ite et fut également un professeur ainsi qu'un Muftî. Il apprit le Hadîth à Irbil auprès de Ibn Al Karm As Sûfî qui lui expliqua également le Sahîh Al Bukhârî après l'avoir lui-même apprit auprès de Ibn Al Waqt. Il apprit également le Hadîth auprès de At Tâwî et Ibn Al Jumayzî et reçut une autorisation (ijâzah) d'enseigner le Hadîth par Al Muwayyad At Tûsî, Abû Rûh Ibn As Saffâr, Al Husayn Ibn Ahmad Al Qushayrî, Ismâ'îl Ibn Muhammad Ibn 'Alî Ibn 'Abdi Llâh Ibn As Sayyid Al Husaynî, ainsi que d'autres savants de Naysâbûr [...] Il était profondément versé dans la langue arabe et personne parmi ceux de son époque était aussi connaisseur des poèmes de Al Mutanabbî que lui. Lorsqu'il recevait ses compagnons, la conversation était forte instructive, dédiée entièrement à l'étude religieuse et à l'élucidation de points complexes. » [Al Mu'jam].

 

Ash Shaykh Shihâb Ud Dîn Mahmûd (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit à ce titre : « Lors de la seconde fois où il occupa le poste de Qâdî [à Damas], j'allais le visiter très souvent et je pouvais ainsi tirer profit de ses riches entretiens. » [At Târîkh].

 

Tel fut cet Imâm érudit et pieux. Qu'Allâh lui fasse miséricorde, illumine sa tombe, le ressuscite en position de gloire et lui accorde le Firdaws Ul A'lâ. Allâhumma Âmîn.

 

Note :

 

[1] Ce décret du Sultân Baybars eut lieu suite à divers troubles récurrents chez les Hanbalites, dont la ville de Damas abritait une forte minorité. Beaucoup parmi eux s'étaient alors fourvoyés dans des croyances innovées et anthropomorphistes, y compris d'éminents Imâms du Madh-hab Hanbalî, ce qui eut pour cause de faire passer la croyance Sunnite pour minoritaire dans leur Madh-hab, de causer de nombreux troubles aussi bien dans le monde scientifique que populaire, et de même assimiler le Hanbalisme à l'égarement que représente la croyance anthropomorphiste, situation qui fit dire à l'Imâm Ibn Al Jawzî : « Ne faites pas entrer dans le Madh-hab de cet homme pieux du Salaf (Al Imâm Ahmad) ce qui n'en fait pas partie ! Vous avez apporté la honte et le déshonneur sur cette école au point que la seule chose que l'on dit au sujet desHanbalites, c'est qu'ils sont anthropomorphistes ! [...] Et Abû Muhammad At Tamîmî avait l'habitude de dire de l'un de vos chefs qu'il a tellement fait honte à cette école que ceci ne sera pas lavé avant le jour du jugement dernier ! » [Daf' Shubah It Tashbîh]. Voulant en finir avec cela et offrir aux Hanbalites un guide de choix, le Sultân Baybars imposa un Qâdî pour trancher leurs différends de manière officielle. Puis, par souci d'équité, il instaura également un Qâdî pour les Hanafites et un autre pour les Mâlikites. Al Imâm Muhammad Uz Zâhid Al Kawtharî affirma que cela porta un sérieux coup aux anthropomorphistes hanbalites et que cela eut pour effet bénéfique d'inverser la tendance au sein du Madh-hab Hanbalî et de remettre ainsi la croyance Sunnite au goût du jour chez une majorité de savants de ce Madh-hab. Cela n'allait cependant pas éviter la fitnah orchestrée par Ibn Taymiyyah quelques décennies plus tard, fitnah étouffée très vite et de son vivant même, mais revivifiée plus tard par Mohammed Ibn 'Abd Il Wahhâb au 12ème siècle...

 

Par at-tawhid.net - Publié dans : Biographies de savants sunnites
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