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Sûrah 17 - Âyah 1 : le verset sur al isrâ° wal mi'râj (Al Khudhârî, Ibn Kathîr, Ibn 'Atiyyah...)

25 Juin 2010, 18:58pm

Publié par at-tawhid.net

 

Allâh (qu'Il soit glorifié et exalté) a dit :

 

« Gloire à Celui qui a fait voyager de nuit Son serviteur de la mosquée sacrée à la mosquée très éloignée dont Nous avons béni l'enceinte, et ceci pour lui montrer certains de Nos signes.Et Il est As Samî' (L'Audient), Al Basîr (Le Clairvoyant) »

 

[Sûrah 17 - Âyah 1]

 

Commentaires :

 

« Gloire à Celui qui a fait voyager de nuit Son serviteur de la mosquée sacrée à la mosquée très éloignée dont Nous avons béni l'enceinte, et ceci pour lui montrer certains de Nos signes. »

 

Il est dit dans le Tafsîr Ul Muntakhab : « Allâh est Transcendant : Il est au-dessus de tout ce qui ne sied pas à Sa Majesté. C'est Lui qui fit voyager Son serviteur Muhammad durant une partie de la nuit, de la Mosquée Sacrée de La Mecque à la Mosquée Al Aqsâ de Jérusalem, dont Nous avons béni les alentours pour le profit de ses habitants, afin de lui montrer quelques uns de Nos signes qui sont une preuve suffisante de Notre Unicité et de Notre grand pouvoir. »

 

Al Imâm Jalâl Ud Dîn As Suyûtî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit : « Allâh mentionna la nuit en particulier afin de montrer la courte durée de ce voyage, une chose que les polythéistes ont reniée. Il connaît parfaitement les paroles du Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) et ses actes, Il l'honora par ce voyage nocturne qui comprend ses réunions avec les autres Prophètes ainsi que par l'ascension au ciel afin qu'il voit les merveilles du royaume céleste. » [Tafsîr Ul Jalâlayn].

 

Ash Shaykh Muhammad Al Khudhârî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit également : « Avant son émigration à Médine, le Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) fut gratifié par Allâh du voyage nocturne et de l'ascension (al isrâ° wal mi'râj). Par voyage nocturne, il faut entendre par-là son voyage, de nuit, vers Al Quds (Jérusalem) et son retour lors de la même nuit. Quant à son ascension, il s'agit de son élévation dans le monde supérieur jusqu'au lotus de la limite (as sidrat ul muntahâ). La majorité des Alh Us Sunnah estime que cette ascension s'est faite avec son noble corps. » [Nûr Ul Yaqîn fî Sîrati Sayyid Il Mursalîn].

 

Plus loin, toujours dans le même ouvrage, il mentionna le célèbre hadîth sur le voyage nocturne et l'ascension en disant :

 

« Concernant le récit sur l'ascension, il est rapporté dans la Sunnah authentique, et plus précisément dans les recueils authentiques des deux Shaykh : Al Bukhârî et Muslim. Al Qâdî 'Iyâd l'a également rapporté dans son « Shifâ° », d'après Anas Ibn Mâlik qui a dit :

 

« Le Messager d'Allâh (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) a dit :

 

« On m'amena Al Burâq, qui est une bête dont la taille se situe entre celle de l'âne et celle de la mule, et donc chaque pas couvre le champ de son regard. Je suis monté dessus et il s'envola jusqu'à ce qu'il arrivât à Al Quds. Je l'ai alors attaché à l'anneau où tous les Prophètes attachent leurs montures, puis je suis entré dans la mosquée où j'ai accompli une prière de deux rak'ah, avant de ressortir.

 

Jibrîl m'a apporta ensuite un récipient de vin et un autre de lait. J'ai choisi le récipient de lait, et Jibrîl me dit :« Tu as choisi la nature innée ».

 

On m'a ensuite élevé au ciel et Jibrîl a demandé qu'on lui ouvre. Il lui fut dit : « Qui es-tu ? » Il répondit : « Jibrîl. » On lui dit : « Qui est avec toi ? » Il répondit : « Muhammad. » On lui dit : « A-t-il été mandé ? » Il répondit : « Oui. » On nous ouvrit, et c'est alors que j'y trouva Âdam qui me souhaita la bienvenue et fit des invocations en ma faveur.

 

On me fit monter ensuite au deuxième ciel et Jibrîl demanda à ce qu'on lui ouvre. Il lui fut dit : « Qui es-tu ? » Il répondit : « Jibrîl. » On lui dit : « Qui est avec toi ? » Il répondit : « Muhammad. »On lui dit : « A-t-il été mandé ? » Il répondit : « Oui. »On nous ouvrit, et c'est alors que j'y trouvais les deux cousins maternels, Yahyâ et Îsâ. Ils me souhaitèrent la bienvenue et firent des invocations en ma faveur.

 

On me fit monter ensuite au troisième ciel et Jibrîl répéta les mêmes paroles. On nous ouvrit et c'est alors que je vis Yûsuf qui avait reçu la moitié de la beauté. Il me souhaita la bienvenue et fit des invocations en ma faveur.

 

On me fit ensuite monter au quatrième ciel et Jibrîl répéta les mêmes paroles. On nous ouvrit et voilà que j'y trouvais Idrîs qui me souhaita la bienvenue et fit des invocations en ma faveur. Et Allâh a dit dans la Sûrah Maryam [à propos de Idrîs] : « Et Nous l'avons promu à un rang élevé. » [Sûrah 19 – Âyah 57].

 

On me fit monter ensuite au cinquième ciel et Jibrîl répéta les mêmes paroles. On nous ouvrit et c'est alors que je vis Hârûn qui me souhaita la bienvenue et fit des invocations en ma faveur.

 

On me fit monter ensuite au troisième ciel et Jibrîl répéta les mêmes paroles. On nous ouvrit et c'est alors que je vis Mûsâ qui me souhaita la bienvenue et fit des invocations en ma faveur.

 

On me fit monter ensuite au troisième ciel et Jibrîl répéta les mêmes paroles. On nous ouvrit et c'est alors que je vis Ibrâhîm, adossé à la Maison très fréquentée (Al Bayt Ul Ma'mûr), dans laquelle entraient chaque jour 70 000 Anges qui n'y reviennent jamais.

 

On m'emmena ensuite au Lotus de la limite (Sidrat Ul Muntahâ) qui avait des feuilles pareilles aux oreilles des éléphants, et des fruits semblables à des cruches. Lorsque l'ordre d'Allâh l'enveloppa, il se métamorphosa, et personne parmi les créatures d'Allâh ne serait capable de le décrire tellement il était beau. Allâh me révéla alors ce qu'Il me révéla et m'imposa ainsi qu'à ma communauté 50 prières chaque jour et chaque nuit.

 

Lorsque je suis descendu, je suis passé près de Mûsâ qui m'a dit : « Combien de prières ton Seigneur a-t-Il imposé à ta communauté ? » je lui ai répondu : « Cinquante. » Il me dit alors : « Reviens vers ton Seigneur et demande-Lui d'alléger ce nombre, car ta communauté ne pourra jamais supporter cela. J'ai déjà vécu avec les Banî Isrâ°îl et je sais de quoi il s'agit. » En repassant, par la suite, auprès de Mûsâ, je lui ai dit que mon Seigneur m'avait diminué ce nombre de cinq (ils ne restaient donc que 45 prières à faire chaque jour). Il m'a répondu : « Reviens vers ton Seigneur et demande-Lui d'alléger ce nombre, car ta communauté ne pourra jamais supporter cela. » Je n'ai cessé donc d'aller et venir entre mon Seigneur et Mûsâ jusqu'à ce que L'Exalté me dise : « Ô Muhammad, voici cinq prières par jour, et comme chaque bonne action sera rétribuée dix fois sa valeur, cela équivaut au nombre cinquante. Celui qui s'apprête à faire une bonne action et qui ne la fait pas, on lui inscrira quand même une bonne action, celui qui s'apprête à faire une bonne action et la fait, aura [la rétribution de] dix bonnes actions ; [et] celui qui s'apprête à faire une mauvaise action et ne la fait pas, rien ne lui sera inscrit, [quant à] celui qui s'apprête à faire une mauvaise action et la met en pratique, il ne lui sera inscrit qu'une seule mauvaise action. »

 

Je suis donc descendu et j'ai informé Mûsâ de cela. Il m'a dit alors : « Reviens vers ton Seigneur et demande-Lui d'alléger encore ce nombre. » Je lui ai cependant répondu : « Je ne peux plus, je n'ai cessé de le faire au point d'avoir honte devant Lui. ». »

 

Le Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) revint à La Mecque durant la même nuit. Le lendemain, il alla à l'assemblé que tenait les Qurayshites et, en rencontrant Abû Jahl, il lui raconta ce qui venait de lui arriver. Celui-ci s'écria alors : « Ô Banû Ka'b Ibn Lu°ayy, venez vite ! » Les mécréants de Quraysh accoururent alors et le Messager d'Allâh (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) les informa de ce qu'il venait de vivre. Ils se mirent alors à frapper leurs mains [les unes contres les autres] et à mettre leurs mains sur leurs têtes, afin de manifester l'étonnement et la négation. Certains reconvertis dont la foi était fragile apostasièrent également. Des gens allèrent voir Abû Bakr et lui rapportèrent la nouvelle, il leur répondit alors : « Si il dit cela, c'est donc la vérité. » Ils lui rétorquèrent : « Et tu crois en ce qu'il vient de dire ? » Il leur répliqua : « Je le croirais même dans ce qui est encore plus grandiose que cela ! » C'est à la suite de cet événement qu'il fut appelé « le véridique – assiddîq ».

 

Les mécréants essayèrent ensuite de mettre le Prophète (que Le Salut et La Paix soient sur lui) à l'épreuve dans l'espoir de le mettre en déroute. Ils l'interrogèrent alors sur la description du Temple de Jérusalem que certains d'entre eux avaient déjà vu. Or, le Prophète (que Le Salut et La Paix soient sur lui) ne l'avait jamais vu auparavant. Mais Allâh le lui manifesta devant ses yeux, et il se mit à le leur décrire porte par porte, et coin par coin. Ils lui répondirent : « Pour ce qui est de la description, elle s'avère exacte. Mais parle-nous donc de notre caravane qui revient de Syrie [qui se trouvait entre la Palestine et le Hijâz]. » Il leur parla alors du nombre de ses chameaux et de leurs marchandises en leur disant : « Elle arrivera tel jour au lever du soleil, et elle sera précédée par un chameau brun ». Ils sortirent lors du jour annoncé [de l'arrivée de la caravane par le Prophète] et se dirigèrent vers le col de La Mecque par où entraient les caravanes. L'un d'eux dit : « Par Allâh ! Voilà le soleil qui se lève ! » Et un autre dit : « Et voilà la caravane qui arrive précédée par un chameau brun ! Comme l'avait annoncé Muhammad ! » Mais cela ne fit qu'augmenter leur entêtement et leur arrogance, au point où ils dirent : « C'est là une magie évidente ! ». »

 

Et comme rapporté auparavant, le Prophète fit ce voyage et cette ascension avec son noble corps, comme l'a dit l'Imâm Ismâ'îl Ibn Kathîr (qu'Allâh lui fasse miséricorde) :

 

« Ibn 'Abbâs a dit : « Ce fut une vision oculaire qui fut montrée au Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui). »

 

C'est là l'opinion des Salaf et des Khalaf, à savoir que son ascension avait eu lieu avec son corps et son esprit , comme le montre le sens apparent des gestes qu'il a fait en montant sur la monture et en escaladant l'échelle, ainsi que d'autres gestes. C'est pourquoi il a dit : « Gloire à Celui qui a fait voyager de nuit Son serviteur de la mosquée sacrée à la mosquée très éloignée dont Nous avons béni l'enceinte, et ceci pour lui montrer certains de Nos signes. C'est Lui vraiment qui est L'Audient, Le Clairvoyant. » [Surâh 17 - Âyâh 1].

 

La glorification se fait devant les grands signes extraordinaires ; ceci prouve que cette ascension s'est faite avec le corps et l'esprit. Le mot « serviteur » est une expression de cela.

 

En outre, si son ascension s'était faite dans un rêve, les Qurayshites ne l'auraient pas rejetée tout de suite et ne l'auraient pas accusé de mensonge, dans la mesure où un rêve ne peut susciter toute cette levée de boucliers. Ceci prouve donc qu'il les a informés que cette ascension avait eu lieu dans un état d'éveil et non de sommeil.

 

Quant au hadîth de Sharîq d'après Anas qui dit :« Lorsque je me suis réveillé, je me suis retrouvé devant l'angle de la pierre noire », il doit être attribué aux erreurs de Sharîq ou expliqué dans le sens où le passage d'un état à un autre est appelé « réveil ».

 

Il en est ainsi du hadîth de 'Âïshah qui rapporte qu'après que le Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui)soit allé vers les gens d'At Tâ°if, et qu'ils l'aient rejeté, il a dit : « Je suis revenu, triste, et je n'ai repris connaissance que devant la corne des chacals. » 

 

[...] Ibn Is-hâq a rapporté ceci : « Certains proches de la famille d'Abû Bakr m'ont rapporté d'après 'Âïshah, la mère des croyants, qu'elle disait : « Le Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui)n'a pas quitté son corps, mais Allâh l'a fait élever par son esprit. ». »

 

Il a dit aussi : « Ya'qûb Ibn 'Utba m'a rapporté que lorsque Mu'âwiyah fut interrogé sur l'ascension du Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui), il a répondu : « C'était une vision véridique venant d'Allâh. ». ». » [Al Bidâyah wa An Nihâyah].

 

« Et Il est As Samî' (L'Audient), Al Basîr (Le Clairvoyant) »

 

Al Imâm 'Abd Ul Haqq Ibn 'Atiyyah Al Andalûsî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit : « « Et Il est As Samî' » : Il entend parfaitement les propos rendant cela véridique (l'ascension et le voyage nocturne) ainsi que ceux qui le démentent. « Al Basîr »: Il est Celui qui a parfaitement vu tout ce qu'Il a fait lors du voyage nocturne et de l'ascension. » [Al Muharrar Ul Wajîz]. 

 

Al Muwahhidûn.

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