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Sûrah 6 - Âyah 108 (At Tabarî, Qatâdah, As Suddî...)

22 Août 2010, 14:58pm

Publié par at-tawhid.net

 

Allâh (qu'Il soit glorifié et exalté) a dit :

 

« N'insultez pas ceux qui adorent d'autres divinités en dehors d'Allâh, car suite à cela, leur ignorance pourrait les amener à vouloir se venger en insultant Allâh. C'est ainsi que Nous embellissons aux yeux de chaque peuple ses propres actions. Puis ils retourneront tous à leur Seigneur, qui les informera de leurs actes passés. »


Commentaires :

 

Al Imâm Ismâ'îl Ibn Kathîr (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit : « Allâh a interdit au Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) et aux croyants d'insulter les fausses divinités et autres idoles des associateurs. » [Tafsîr Ul Qur°ân Il 'Azîm]. 

 

Al Imâm Muhammad Ibn Jarîr At Tabarî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit : « Allâh adresse [...] à Son Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) et à tous ceux qui croient en Lui, l'ordre suivant : « N'insultez pas ceux qui adorent d'autres divinités en dehors d'Allâh », c'est-à-dire les divinités et les parèdres de ces associateurs, « car suite à cela, leur ignorance pourrait les amener à vouloir se venger en insultant Allâh » à cause de l'ignorance dans laquelle ils sont vis-à-vis de leur Seigneur. » [Al Jâmi' Ul Bayân fî Tafsîr Il Qur°ân].

 

Et, Sayyidunâ 'Abdu Llâh Ibn Al 'Abbâs (qu'Allâh l'agrée ainsi que son père) enseigna que les polythéistes parmi les Mecquois menacèrent d'insulter Allâh si les insultes envers leurs idoles ne cessaient pas. Ils dirent : « Muhammad, ou tu cesses d'insulter nos dieux, ou bien nous insulterons ton Maître. »

 

Et Al Imâm Qatâdah Ibn Di'âmah (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit : « Les Musulmans insultaient les idoles des impies et ceux-ci leur renvoyaient leurs insultes [en les appliquant à Allâh] ; ainsi Allâh leur interdit-Il d'être la cause que leur Seigneur soit insulté, car ces gens sont des ignorants sans aucun savoir au sujet d'Allâh. »

 

« Car suite à cela, leur ignorance pourrait les amener à vouloir se venger en insultant Allâh »

 

Al Imâm Ismâ'îl As Suddî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) narra l'histoire suivante :

 

« Quand Abû Tâlib fut sur le point de mourir, les Qurayshites décidèrent d'envoyer l'un des leurs auprès de lui pour lui ordonner d'interdire à son neveu (Sayyidunâ Muhammad) de s'en prendre à eux car ils disaient : « Nous n'oserions pas le tuer après la mort de son oncle ; les Arabes diraient ensuite que son oncle empêchait cela tant qu'il était en vie et voilà qu'une fois mort, ils n'hésitent pas tuer son propre neveu ! »

 

C'est ainsi qu'Abû Sufyân, Abû Jahl, An Nadar Ibn Al Hârith, Umayyah et Ubayy - les deux fils de Khalaf - 'Uqba Ibn Abî Mu'ayt, Amru Ibn Al 'Âset Al Aswad Ibn Al Bakhtarî envoyèrent auprès d'Abû Tâlib l'un d'eux, un dénommé Al Muttalib en lui recommandant de lui demander s'ils pouvaient entrer auprès de lui [afin de venir le voir]. Quand il entre auprès de lui, il lui dit : « Voilà les notables de la tribu qui désirent entrer auprès de toi, accorder-le leur ! »

 

[Il accepta et] arrivés en sa présence, ils lui tinrent ces propos : « Ô Abû Tâlib ! D'entre nous tu es le doyen et le seigneur (sayyid). Or Muhammad nous fait du tort et fait du tort à nos divinités. Nous aimerions que tu le fasses venir et que tu lui interdises de faire mention de nos divinités ; dans ce cas, nous le laisserions lui et son Dieu. »

 

Abû Tâlib invita donc le Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) à venir. Quand il arriva, il lui dit : « Voilà les gens de la tribu, les fils de ton oncle. »

 

- « Que voulez-vous ? »

 

- « Nous voulons que tu nous laisses tranquilles, nous et nos divinités, et nous te laisserons tranquille toi et ton Dieu. »

 

- « Ta tribu te donne un conseil juste, accepte-le. » Lui dit Abû Tâlib.

 

- « Qu'en pensez-vous si je vous accorde cela ? Est-ce que vous accepteriez aussi de recevoir une Parole grâce à laquelle, si vous la dites, vous dominerez les Arabes et verrez les étrangers se soumettre à vous en acquittant un impôt ? »

 

- « Bien entendu ! Par ton père ! Nous te l'accorderons et même dix choses semblables ! Et quelle est donc cette parole ? »

 

- « Que vous dites : Lâ Ilâha Illa Llâh (Il n'y a de divinité qu'Allâh). »

 

Comme ils se récriaient et se crispaient, Abû Tâlib dit à l'Envoyé : « Dis autre chose que cette Parole, car la tribu en est épouvantée. »

 

Il répondit : « Ô mon oncle, je ne suis pas quelqu'un qui dira autre chose que cela quand bien même ils m'apporteraient le soleil pour le mettre en ma main, et même si ils [en seraient capable,] me l'apporteraient et le mettaient en ma main, je ne dirais rien d'autre ! »

 

Le Prophète voulait ainsi les décourager, mais malgré tout, ils s'emportèrent et s'exclamèrent : « Cesse totalement tes invectives contre nous et contre nos divinités ou sinon c'est nous qui t'accablerons d'invectives toi et Celui qui te donne des ordres ! »

 

C'est à cela que correspond ce passage : « […] ils en insulteraient Allâh, par hostilité, sans avoir la moindre science à Son sujet. ». »

 

Et que L'Agrément d'Allâh soit sur Sayyidunâ Abû Sufyân Ibn Harb et sur Sayyidunâ Amrû Ibn Al 'Âs, qui à l'inverse de tous les autres Mecquois polémiquant avec le Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui), se convertirent à l'Islâm et honorèrent ensuite Allâh (qu'Il soit exalté) jusqu'à leurs morts.

 

« C'est ainsi que Nous embellissons aux yeux de chaque peuple ses propres actions. Puis ils retourneront tous vers leur Seigneur, qui les informera de leurs actes passés. »

 

Al Imâm Muhammad Ibn Jarîr At Tabarî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit sur ce passage :

 

« Allâh dit ensuite : de même qu'à ces associateurs, Nous avons embelli le culte des idoles et l'obéissance au diable en les rejetant ainsi hors de l'obéissance à Ar Rahmân, « c'est ainsi que Nous embellissons aux yeux de chaque peuple » au sein duquel les gens se rassemblent, soit sur une œuvre d'obéissance à Allâh, soit sur une œuvre de désobéissance, « Nous embellissons aux yeux de chaque peuple ses propres actions » sur lesquelles ils se sont réunis « puis ils retourneront tous vers leur Seigneur, qui les informera de leurs actes passés. ». Il les arrêtera et les informera de ce qu'impliquent réellement leurs œuvres qu'ils auront accomplis dans ce monde, puis Il les sanctionnera en conséquence, en bien pour celui qui a agi en bien, en mal pour celui qui a agi en mal, ou en faisant grâce pour tout ce qui n'aura pas été une association [à Lui] ou une mécréance. » [Al Jâmi' Ul Bayân fî Tafsîr Il Qur°ân].

 

Ainsi ce termine l'exégèse de ce verset. Et la louange appartient à Allâh, Le Seigneur des mondes.

 

Al Muwahhidûn.

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