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Tafsir Sourate 1 (Al Fâtihah) - Verset 4 (Sayyidunâ Ibn 'Abbâs, Ibn 'Ajîbah, At Tabarî...)

27 Novembre 2011, 16:33pm

Publié par at-tawhid.net

Allâh (qu'Il soit glorifié et exalté) a dit :

 

إِيَّاكَ نَعْبُدُ وإِيَّاكَ نَسْتَعِينُ

 

« Iyyâka na'budu wa iyyâka nasta'în »

 

« C'est Toi que nous adorons et c'est à Toi que nous demandons de l'aide. »

 

Exégèse :

 

« C'est Toi que nous adorons »

 

Al Imâm Abul Qâsim Al Qushayrî (qu'Allâh lui fasse miséricorde), il dit à propos de ce passage : « Sache que l'adoration consiste à apporter le maximum de ce qui relève de Son champ sémantique en matière de soumission. Autrement dit, cela consiste à se conformer à l'Ordre Divin et à observer scrupuleusement les interdits de la loi religieuse. » [Latâ°if Ul Ishârât bi Tafsîr Il Qur°ân].

 

Et Sayyidunâ 'Abdu Llâh Ibn Al 'Abbâs (qu'Allâh l'agrée ainsi que son père) a dit : « C'est Toi dont nous implorons l'Unicité, c'est Toi que nous craignons et c'est en Toi, ô Seigneur, que nous espérons et en nul autre que Toi. » [At Tabarî - Jâmi' Ul Bayân Fî Tafsîr Il Qur°ân].

 

Al Imâm Muhammad Ibn Jarîr At Tabarî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit après avoir cité cette parole de Sayyidunâ 'Abdu Llah Ibn Al 'Abbâs : « Or il n'y a pas d'espoir ni de crainte sans abaissement [de la part du serviteur] car, selon les Arabes, le fondement de la servitude est de s'abaisser et de se faire aussi petit que possible. » [Jâmi' Ul Bayân Fî Tafsîr Il Qur°ân].

 

Et Al Imâm Ismâ'îl Ibn Kathîr (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit que ce passage est « une déclaration de délaissement du polythéisme (ash shirk). » [Tafsîr Ul Qur°ân Il 'Azîm].

 

« Et c'est à Toi que nous demandons de l'aide. »

 

Sayyidunâ 'Abdu Llâh Ibn Al 'Abbâs (qu'Allâh l'agrée ainsi que son père) a dit : « C'est à Toi que nous demandons pour T'obéir dans toutes nos affaires. »

 

Al Imâm Abû 'Abdi Llâh Ibn Juzayy Al Kalbî Al Gharanâtî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit : « Cela signifie que nous demandons Ton secours pour accomplir la prière et dans toutes nos affaires. Ceci détruit la thèse des qadariyyah [qui disent que les œuvres des êtres humains se font indépendamment de la volonté d'Allâh] et des jabariyyah [qui disent que les œuvres des êtres humains se font sans volonté propre des créatures], car la réalité se trouve entre ces deux sectes. » [At Tas-hîl li 'Ulûm It Tanzîl].

 

Al Imâm Muhammad Ibn Al Husayn As Sulamî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) rapporta une parole similaire de l'Imâm Abû Ja'far Al Farghalî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) qui a dit que « quiconque croit à cette adoration et ce secours aura désavoué la doctrine des qadariyyah et des jabariyyah » [Haqâ°iq Ut Tafsîr]. 

 

A propos de cela, Al Imâm Abû Bakr Al Bayhaqî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit : « Bien qu'Allâh soit Le Créateur des choses, dont les actes de l'homme font partie, et que ce que veut Allâh est et ce qu'Il ne veut pas n'est pas, l'homme est responsable de ses actes et il en sera rétribué. » [La Prédestination et le Libre-Arbitre en Islâm]. 

 

Et Al Imâm Ul Harâmayn Abul Ma'âlî Al Juwaynî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit : « L'homme n'agit pas par contrainte, mais il a un pouvoir sur ses actions et il se les approprie. La preuve en est que l'homme doué de raison fait une différence entre le tremblement de sa main et le mouvement volontaire qu'il lui imprime. Dire que l'homme s'approprie ses actes, c'est dire qu'il a pouvoir sur eux, même si ce pouvoir n'a pas d'influence sur la production de son objet. » [Al Lumâ° Fî Qawâ°id Ahl Is Sunnah].

 

Et Al Imâm Ahmad Ibn 'Ajîbah Al Hasanî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit concernant l'exégèse globale de ce verset : « Il a fait devancé l'expression « C'est Toi que nous adorons » par rapport à l'autre partie du verset à cause de son effet important et la preuve de restriction, c'est pour cela que Ibn 'Abbâs disait : « Nous T'adorons et n'adorons jamais un autre que Toi ». Ainsi, pour montrer qu'Allâh, L'Adoré, doit être mis devant tout ce qui existe, et aussi, pour que l'homme considère L'Adoré en premier lieu, puis ensuite Son adoration, non pas parce qu'elle est une adoration imposée, mais plutôt parce qu'elle est une alliance honorable avec Lui et une relation entre l'homme et Allâh, Le Vrai (Al Haqq). » [Bahr Ul Madîd Fî Tafsîr Il Qur°ân Il Majîd].

 

Al Imâm Ahmad Ibn 'Ajîbah (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit aussi dans le même ouvrage :

 

« Dans ce verset, il a été répété le pronom « Toi » sans qu'il soit par exemple dit : « C'est Toi que nous adorons et dont nous implorons le secours », car cette répétition met l'accent sur le fait qu'on ne doit se fier qu'à Allâh Seul, ceci en nous dirigeant que vers Lui et en étant dépendants que de Lui.

 

Aussi, Il fit devancé l'adoration [par rapport à la demande d'aide] pour deux raisons : la première : pour que la terminaison des versets se concordent [au niveau des rimes] ; la seconde : pour montrer que le moyen utilisé dans la demande d'un besoin est plus important que l'exaucement en lui-même. Car quiconque se met au service d'un roi dans la mesure de ses capacités, puis lui demande une chose, il sera alors exaucé, ceci à l'inverse de quelqu'un que le roi aurait chargé d'une affaire pour un service quelconque, surtout si celui-ci dirait au roi : « Donne-moi une avance pour que je te rende service », ce qui constituerait un manque de respect.

 

L'adoration est la soumission maximale et l'asservissement, et l'une et l'autre assurent un chemin facile dans l'acquisition de l'exaucement. Quant à la demande d'aide, elle consiste à Lui demander toutes sortes de choses ou bien pour pouvoir accomplir l'adoration.

 

Et le pronom « Nous » englobe le récitant ainsi que ceux qui font la prière en commun, et aussi les autres [qui la font et] n'y sont pas, car ceci concerne tout le monde, dans l'espoir que leurs besoins soient comblés grâce à cette adoration et cette imploration collective. D'ailleurs, ceci est un des aspects qui caractérisent les mérites de la prière en commun. »

 

Et Al Imâm Abû Ja'far Ibn Jarîr At Tabarî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit :

 

« Quelqu'un nous dira peut-être ceci : puisque ces versets de la Fâtihah sont des Paroles Divines qu'Allâh a ordonné à Ses serviteurs de réciter, lorsque le serviteur prononce ces mots, n'est-il pas déjà en état d'obéissance, auquel cas Allâh le soutient alors déjà dans cette obéissance même ? Alors pourquoi demander l'aide divine puisque le seul fait de réciter ces versets prouve que l'aide est déjà là ?

 

Mais ce n'est pas ainsi qu'il faut comprendre cette demande. Le croyant qui implore son Seigneur pour obtenir un soutien en vue de Lui obéir demande cette aide pour ce qui lui reste à vivre et pour tous les actes qu'il lui reste à accomplir, et non pas pour ce qu'il est en train de faire [sauf en vue d'un surcroît] ni pour ce qu'il a déjà fait.

 

Il est légitime que le serviteur demande à Allâh qu'Il lui accorde l'aide nécessaire afin d'accomplir ce qu'Il lui a imposé, car pouvoir s'acquitter des obligations divines et obéir à Allâh avec tous les membres du corps est une pure faveur qu'Allâh accorde à qui Il veut. Toutefois, il faut se garder de croire que le fait qu'Allâh retire Son soutien aux uns et l'accorde aux autres signifie qu'il y a là quelque injustice (car Il est Le Seul Juge qui décide à qui Il accorde Ses faveurs ou non). » [Jâmi' Ul Bayân Fî Tafsîr Il Qur°ân].

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