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Tafsir Sourate 107 - Al Mâ'ûn (Ibn Juzayy Al Kalbî Al Gharanâtî)

11 Août 2012, 15:41pm

Publié par at-tawhid.net

Allâh (qu'Il soit exalté) dit :

 

1 -  « As-tu vu celui qui traite la religion (ad dîn) de mensonge ?

2 - C'est celui qui repousse brutalement l'orphelin,
3 - et qui n'incite point à nourrir l'homme dans le besoin.
4 - Malheur à ceux qui, en faisant leur prière,
5 - l'exécutent sans conviction ou s'en laissent distraire,
6 - ne l'accomplissant que pour se montrer,
7 - et qui, en outre, ne prêtent aucune aide à leur prochain ! »

 

[Sourate 107]

 

Exégèse :

 

Al Imâm Abû 'Abdi Llâh Ibn Juzayy Al Kalbî Al Gharanâtî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit :

 

Les 3 premiers versets furent révélés à La Mecque et le reste à Médine. Elle comporte 7 versets et fut révélée après la Sourate At Takâthur (102).

 

«  As-tu vu celui qui traite la religion (ad dîn) de mensonge ? »

 

Il est rapporté que cela fut révélé à propos de Abû Jahl et Abû Sufyân Ibn Harb. Il est aussi rapporté que sa portée est générale. Ici, ad dîn peut signifier aussi bien la religion que le jour du jugement.

 

« C'est celui qui repousse brutalement l'orphelin »


C'est-à-dire qui le repousse avec dureté. Cette répulsion peut aussi bien comprendre le fait de ne pas lui donner à manger, ne pas être bon à son égard, s'accaparer ses biens ou piétiner ses droits. C'est une critique plus forte que :

 

« et qui n'incite point à nourrir l'homme dans le besoin. »

 

C'est-à-dire qu'il ne lui donne pas à manger correctement. Cette phrase est l'apodose de de «  As-tu vu ? » car la signification de celle-ci est en réalité : « Informe-moi », c'est comme s'il s'agissait d'une question. Le sens est ainsi : « Regardez celui qui nie la religion et vous trouverez toutes ces choses viles et ces mauvaises actions ! » C'est parce que la religion progresse que chez celui qui pratique les bonnes oeuvres et qui abandonne les mauvaises. Le but de ces propos est ainsi de fustiger les négateurs et leurs états, eux qui faisaient toutes ces [mauvaises] choses.

 

« Malheur à ceux qui prient

tout en négligeant leur prière »

On a rapporté que cela fut révélé à propos de 'Abdu Llâh Ibn Ubayy Ibn Salûl, le célèbre hypocrite. C'est en raison de cela que la moitié de la Sourate est Mecquoise tandis que l'autre est Médinoise, comme l'a dit Abû Zayd As Suhaylî. Ceci car la mention de Abû Jahl et des autres négateurs se trouvent essentiellement dans les Sourates d'origines Mecquoises. La négligeance vis-à-vis de la prière et l'ostentation associée à elle sont une partie des caractéristiques de certains habitans de Médine, et particulièrement, selon l'avis de certains, celles de 'Abdu Llâh Ibn Ubayy. Il est dit aussi que tout est Mecquois, ce qui l'opinion la plus courante. D'après cet avis, la fin de celle-ci fut révélée à propos d'un homme qui se convetit à l'Islâm à La Mecque mais qui n'avait pas une foi solide. Certains ont dit aussi qu'elle est Médinoise et que le fait de négliger la prière signifiait le fait e l'abandonner et de la retarder au-delà de son temps d'accomplissement. Et 'Atâ° Ibn Yasâr a dit : « Louange est à Allâh pour avoir dit, « négligeant leur prière » et non pas « négligeant dans leur prière » [car ne pas être distrait au cours de la prière est extrêmement difficile !]. »

« ne l'accomplissant que pour se montrer »

Il s'agit d'ostentation. Cela signifie que leurs prières sont réalisées dans le but de le montrer aux gens, et non pour Allâh.

« et qui, en outre, ne prêtent aucune aide à leur prochain ! »

Il les décrit comme des gens avares et qui n'aide pas les gens. Quatres significations ont été données au mot al mâ'ûn :

La première est qu'il s'agit de la zakâh. La seconde est que cela signifie la richesse, dans le dialecte de Quraysh. La troisième est que cela signifie le fait de priver d'eau. Et la quatrième est que cela réfère à ce que les gens donnent à une autre personne, comme des vases, des haches, des seaux, des cisaux etc.

Et on demanda un jour au Messager d'Allâh (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) : « Qu'est-il légitime de refuser de donner ? » Il répondit :  « L'eau, le feu et le sel. Et il est ajouté dans d'autres versions : les aiguilles et la levure. »
Fin de citation.
Source : At Tas-hîl Li 'Ulûm Il Qur°ân de l'Imâm Abû 'Abdi Llâh Ibn Juzayy Al Kalbî Al Gharanâtî (qu'Allâh lui fasse miséricorde).

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