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Tafsir Sourate 29 (Al 'Ankabût) - Verset 48 (Al Qâdî 'Iyâd et Ibn Kathîr)

27 Juillet 2012, 03:39am

Publié par at-tawhid.net

Allâh (qu'Il soit glorifié et exalté) dit :

 

« Et avant cela, tu ne récitais aucun livre, et tu n'en n'écrivais aucun avec ta main droite. Sinon, ceux qui nient la vérité auraient eu des doutes. »

 

[Sourate 29 - Verset 48]

 

Exégèse :

 

« Et avant cela, tu ne récitais aucun livre, et tu n'en n'écrivais aucun avec ta main droite »

 

Al Qâdî 'Iyâd Ibn Mûsâ Al Yahsubî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit : « Car le maximum de connaissances auquel les Arabes de cette époque pouvaient prétendre était dans les domaines des généalogies, des histoires de leurs ancêtres, la poésie et l'éloquence. Et ils n'ont pu acquérir par la suite toutes les sciences qu'en se consacrant à l'étude et à la recherche, ainsi qu'en ayant recours au spécialistes des diverses disciplines scientifiques. Cependant, tout ceci ne constitue qu'une goutte d'eau dans l'océan du savoir du Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui). » [Ash Shifâ° Bi Ta'rîf Huqûq Il Mustafâ°].

 

Al Imâm Ismâ'îl Ibn Kathîr (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit : « « Et avant cela, tu ne récitais aucun livre, et tu n'en n'écrivais aucun avec ta main droite » signifie : « Tu as vécu durant une longue période au sein de ton peuple avant que tu n'es transmis le Qur°ân. Durant ce laps de temps, tu n'as jamais lu aucun livre ni n'a écrit quoi que ce soit. Ton peuple, ainsi que les autres, savent tous que tu es un homme illettré qui ne lisait ni n'écrivait. » Et c'est de cette manière qu'il a été décrit dans les précédentes Saintes Écritures, comme Allâh l'a dit : « Ceux qui suivent le Messager, qui est le Prophète illettré qu'ils trouvent mentionné chez eux dans la Thora et l'Évangile, et qui leur recommande le bien et leur interdit le mal » [Sourate 7 – Verset 157]... » [Tafsîr Ul Qur°ân Il 'Azîm].

 

« Sinon, ceux qui nient la vérité auraient eu des doutes. »

 

Al Imâm Ismâ'îl Ibn Kathîr (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit : « Cela signifie : « Si tu avais été lettré, quelques personnes ignorantes auraient alors doutés de toi. Ils auraient ainsi dit que tu avais appris cela à partir de Livres hérités des Prophètes venus auparavant. » Cependant, bien qu'ils savaient qu'il était illettré et pouvait lire et écrire, ils ont quand même dit cela. » [Tafsîr Ul Qur°ân Il 'Azîm].

 

Et Al Qâdî 'Iyâd (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit :

 

« Or le négateur n'a aucun moyen de réfuter la moindre chose de ce que nous venons de dire, et les mécréants ne purent trouver aucun subterfuge pour réfuter ce que nous avons spécifié. Ils disent seulement : « Ce ne sont que des histoires d'anciens », ou bien comme Allâh (qu'Il soit exalté) l'a dit : « Nous savons qu'ils disent : « C'est seulement un être humain qui l'instruit ! ». » [Sourate 16 – Verset 103], mais Allâh (qu'Il soit exalté) répond à la suite de ce verset : « Ceux qui ne croient pas aux versets d'Allâh, c'est qu'Allâh ne les guide pas. Et ils subiront un châtiment douloureux. »

 

Ce qu'ils ont prétendu constitue un entêtement contre l'évidence même. Car ceux auxquels isl attribuent le fait d'avoir instruit le Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) ne pouvaient être que Salmân [Al Fârisî] ou l'esclave byzantin (Sayyidunâ Suhayb Ar Rûmî). S'agissant de Salmân, il ne l'a connu qu'après l'Hégire et donc de la révélation d'une très grande partie du Qur°ân et de la manifestation d'innombrables versets du Texte Sacré. Pour ce qui est de l'esclave byzantin, il se convertit à l'Islâm et il répétait souvent [la récitation du Qur°ân] devant le Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) [1]. Précisons qu'il y a des divergences sur son véritable nom [2]. On a dit aussi que le Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) s'asseyait en sa compagnie, près de Al Marwâ, alors que tous les deux parlaient deux langues différentes de l'autre.

 

Nombre de personnes persuasives et aimant la polémique ainsi que des orateurs terriblement éloquents furent impuissants pour s'opposer à ce qu'il a apporté et proposer quelque chose de semblable ou même comprendre l'harmonie, l'ordonnancement et la composition du texte qu'il a apporté.

 

Certes, Salmân, Bal'am Ar Rûmî (l'esclave byzantin), ou Ya°ish (ou Jabr ou Yasâr selon les divers noms qu'on lui donne), ont vécu avec le Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) et ont parlé avec lui tout au long de leur vie, mais a-t-on rapporté une seule fois que l'un d'eux ait énoncé quelque chose de semblable à ce qui a été rapporté à Muhammad (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) ? Est-ce que l'un d'eux est connu pour avoir possédé une quelconque parcelle de toute cela ? Et d'ailleurs, qu'est-ce qui empêchait l'ennemi [des Musulmans] à cette époque, du fait justement de la multiplicité de son nombre, de l'opiniâtreté de sa recherche et de la puissance de son envie, de s'assoir devant de tels hommes pour recevoir de lui les techniques pour faire des objections et apprendre auprès de lui des arguments afin de fustiger son 'adversaire, à l'instar des mensonges qui remplissaient les livres de An Nadr Ibn Al Hârith ?

 

De plus, le Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) n'a pas quitté son peuple et n'a pas fait de nombreux voyages dans les régions habitées par les Gens du Livre pour qu'il puisse dire qu'il aurait appris chez eux. En effet, il ne cessa de vivre parmi son peuple en gardant les troupeaux durant toute sa jeunesse, comme c'était l'habitude chez les siens, et il n'a quitté son pays qu'au cour s d'un ou deux voyages dont la durée ne permettait pas d'apprendre, ne serait-ce que peu de choses. D'autant plus que pendant son voyage, il était en compagnie des gens de son peuple et des membres de son clan sans qu'il ne s'éloigne d'eux un seul instant. De même, durant son séjour à La Mecque, il ne s'est pas différencié de l'attitude des siens dans le fait de ne pas être allé apprendre auprès d'un rabbin, d'un moine, d'un astrologue ou d'un devin.

 

Et puis, à supposer que tout cela serait possible, l'avènement de ce qu'il a apporté à travers les miracles du Qur°ân suffit pour briser tous les développements [à ce sujet], à repousser tous les arguments et à éclaircir toutes les questions. » [Ash Shifâ° Bi Ta'rîf Huqûq Il Mustafâ°].

 

Notes :

 

[1] Afin de s'assurer de la justesse de ce qu'il avait retenue ainsi que du respect des règles de récitation du Qur°ân.

 

[2] C'est pourquoi le Qâdî 'Iyâd l'appelle ici « l'esclave byzantin », afin de ne pas éventuellement attribuer un faux nom à ce noble Compagnon. Les biographes lui donne majoritairement l'appellation de Suhayb Ar Rûmî, ou encore Bal'am Ar Rûmî. Qu'Allâh l'agrée et lui offre la réalisation de toutes ses espérances dans l'Au-delà, Allâhumma Âmîn.


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